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Senior Actu

Vieillissement de la population carcérale en Californie

De récentes statistiques officielles indiquent que la population carcérale californienne vieillit. Ainsi, d’ici 2022, les prisonniers âgés de 55 ans et plus représenteront 16% de la population carcérale avec plus de 30.000 individus contre seulement 5% actuellement. Les prisons vont donc devoir se transformer et évoluer très rapidement afin d’éviter de très conséquentes augmentations de leurs coûts qui sont déjà pourtant très élevés.


« Plus il y aura de prisonniers âgés, plus cela coûtera cher » indique sans détour dans un article du quotidien américain Chronicle de San Francisco, le Dr Nadim Khoury, responsable des Etablissements médicaux de Californie (CMF), institution qui fournit aux prisonniers de l’assistance médicale.

En Californie, un prisonnier adulte en bonne santé revient au contribuable à l’équivalent de 30.000 euros environ. Un prisonnier senior coûte le double, voire plus s’il est gravement malade. D’autre part, il faut savoir que la détention accélère le « vieillissement ». Ainsi, chez les détenus, l’âge de 55 ans correspondrait plutôt -en terme d’état de santé- à 65 ans chez un homme en liberté. Enfin, on note chez les individus incarcérés une plus forte propension au développement de maladies chroniques (diabètes, hépatites, hypertension, etc.).

Ces différents éléments mis bout à bout inquiètent les autorités pénitentiaires. Le CMF a donc inauguré en septembre 2005, dans l’une des prisons de cet état américain, un projet pilote pour les prisonniers seniors.

Ainsi, un hôpital gériatrique a été installé dans un centre pénitencier. Il accueille une vingtaine de détenus âgés et malades qui ne peuvent plus ni marcher, ni s’alimenter, ni se laver seuls. Tous, ont besoin de soins médicaux permanents. Si ce programme est couronné de succès, il pourrait donner lieu à l’ouverture de six ou sept autres pavillons gériatriques dans des prisons californiennes.
Vieillissement de la population carcérale en Californie

Les responsables de ce projet précisent que les besoins actuels en lits gériatriques dans les prisons locales s’élèvent déjà à 100/200 lits… Et que cette demande déjà pressante va aller en s’accentuant au fil des années.

Et d’ajouter que même si les détenus âgés coûtent deux fois plus chers que leurs congénères plus jeunes, il est impératif de mettre en place -le plus vite possible- ces pavillons gériatriques intégrés dans les prisons. Même s’ils peuvent paraître onéreux. Dans le cas contraire, il faudra s’occuper de ces prisonniers vieillissants avec des aides extérieures et cela reviendra encore plus cher à la société.

Pour le Dr Khoury, si ces frais élevés peuvent heurter la sensibilité de certains contribuables, du point de vue de l’éthique médicale, le problème des coûts ne se posent pas : il faut soigner ces personnes, quelque que soit leur condition ou leurs condamnations. « Mon travail ne consiste pas à économiser de l’argent. Il consiste à fournir de la manière la plus efficace possible, les meilleurs soins possibles » indique-t-il.

De plus, le Dr Khoury précise que les détenus seniors gravement malades ne peuvent être remis en liberté –même conditionnelle- que si on leur assure un traitement médical une fois sortie de prison. En effet, aux Etats-Unis, la santé coûte chère et ces personnes se retrouvent souvent sans aucune famille ni amis pour leur venir en aide. Certains libérés sur parole ont même du rester en prison car aucune maison de retraite, ni personne n’étaient disposés à les accueillir.

L’une des racines principales de ce problème, serait selon le Chronicle, les condamnations pour de longues peines ou à perpétuité. Actuellement, sur les 168.000 prisonniers incarcérés en Californie, un sur six, soit 28.500 sont condamnés à la prison à vie.

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Publié le Mardi 3 Janvier 2006 dans la rubrique Société | Lu 5203 fois