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Senior Actu

Utiliser les compteurs d’eau et de gaz pour veiller sur les personnes âgées

Confronté au vieillissement rapide de sa population, le Japon travaille à différentes solutions visant à veiller sur les personnes âgées isolées à distance, de manière fiable mais non intrusive, non invasive. Parmi ces projets, l’un d’entre eux envisage de surveiller la consommation de gaz et d’eau des seniors afin de s’assurer que tout va bien… Explications.


Actuellement, plus d’un Japonais sur cinq est déjà âgé de 65 ans et plus. Et la proportion des seniors dans la population nippone est encore appelée à s’accroître dans les années à venir.

Dans ce contexte démographique, et de manière à favoriser le maintien à domicile des personnes âgées, les chercheurs, les scientifiques et les inventeurs de tout poil, tentent de mettre au point des systèmes de surveillance efficaces, discrets et non intrusifs, permettant de veiller à distance sur la santé des aînés isolés.

Ainsi, comme le souligne une récente dépêche AFP, dans la ville de Nagoya (centre du pays) trois compagnies, l’une de gaz, l’autre d’eau et la dernière oeuvrant dans le domaine des télécoms vont tester « un système permettant à un proche d'une personne âgée isolée d'être alerté en cas de problème, grâce aux informations relevées par les compteurs d'eau et de gaz ».

Le système est assez simple. Il suffit d’implanter des boîtiers de mesure domestique qui calculent la consommation d’eau et de gaz et informent automatiquement un centre distant grâce à un réseau d'informations à haut-débit, via une plate-forme administrée par l'opérateur de télécommunications NTT.

Si une anomalie est détectée (par exemple si le compteur d’eau ne cesse de couler ou si le gaz n’est pas utilisé pendant plusieurs heures), un e-mail est immédiatement envoyé à un proche de la personne âgée pour le prévenir que quelque chose est peut-être arrivé… .../...
Utiliser les compteurs d’eau et de gaz pour veiller sur les personnes âgées

Mais cette expérimentation, qui va débuter en janvier prochain pour une durée d’un an, n’est pas la première de ce genre. Une entreprise de télécoms, en collaboration avec une société de petits appareils ménagers a mis au point quelques années, une bouilloire « I-Pot »qui signale également un éventuel problème chez un aîné en cas de non utilisation.

Il s'agit en fait d'une bouilloire tout à fait normale, si ce n'est qu'à chaque utilisation, elle envoie un message à un correspondant choisi au préalable, indiquant que la personne est en bonne santé, ou en tout cas, qu'elle utilise sa bouilloire…

L'appareil enregistre l'heure à partir de laquelle l'objet est utilisé, et un système de communication sans fil fait parvenir un signal à un serveur. Les abonnés à ce service, peuvent ainsi recevoir directement sur leur mail, un message indiquant que leur parent a utilisé son I-pot tout récemment. Il est aussi possible de visualiser sur un site internet, www.mimamori.net, qui signifie voir et protéger, l'ensemble des dernières manipulations de l'I-pot.

Rappelons également qu’une équipe de chercheurs américains de l'Université d'Informatique de l'Indiana travaille actuellement à la mise au point d'outils technologiques et communicants (PDA, téléphones ou ordinateurs portables) qui devraient permettre, à terme, de favoriser le maintien à domicile des personnes âgées tout en respectant leur intimité et leur vie privée.

Plus concrètement, cette expérience, baptisée « ubicomp », vise à intégrer un réseau de nouvelles technologies dans la vie quotidienne des personnes âgées permettant –principalement- de leur offrir un suivi médical électronique. Par exemple, les chercheurs pourraient surveiller le diabète d'un patient grâce à un assistant personnel (PDA) où seraient enregistrés tous ses repas.

Mais les chercheurs souhaitent cependant assurer et respecter la vie privée de leurs patients. C'est pourquoi ils travaillent à la mise au point de solutions qui permettent de détecter toute modification de l'état de santé de la personne âgée sans pour autant s'immiscer dans son intimité.

« Notre projet répond au défi majeur du respect de la vie privée tout en utilisant un ordinateur capable de veiller à la santé de son propriétaire, en créant un environnement préservé au sein d'une habitation (...) », précise Jean Camp, professeur et expert des questions relative à la vie privée et d'impact des technologies sur l'individu et la société. Et d'ajouter : « Nous veillerons au bien-être physique, mental et social des participants ».

D'où la mise en place de solutions dites « non invasives ». Par exemple, pour confirmer chaque matin que le patient s'est bien réveillé, il lui suffit de passer son doigt (pour la lecture de son empreinte digitale) sur un capteur avant de prendre son petit-déjeuner. Un capteur du même type pourrait aussi être installé sur une télécommande de télé pour mesurer le rythme cardiaque de son propriétaire.

« Un changement dans les habitudes du patient peut indiquer un problème. Si ce dernier nous est transmis suffisamment tôt, cela peut nous permettre de l'empêcher de se développer et de devenir un « gros problème » », souligne Lesa Lorenzen-Huber, professeur assistant travaillant sur ce projet. Et d'ajouter : « il peut s'agir d'un repas manqué, ou de siestes trop longues en journée qui pourraient indiquer la présence d'effets médicamenteux secondaires ou les signes précoces d'une dépression ».


Publié le Lundi 22 Octobre 2007 dans la rubrique Habitat | Lu 7294 fois