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Senior Actu

Une route plus sûre pour les seniors japonais de plus de 65 ans

Pour la première fois depuis un quart de siècle, l’Agence nationale de la police japonaise (NPA) vient de remettre un rapport sur l’état de la sécurité routière dans le pays et sur les actions à mettre en place en vu de réduire la mortalité sur les routes nippones notamment en ce qui concerne les seniors, qu’ils soient piétons, cyclistes ou conducteurs, indique un récent article du quotidien The Japan Times.


Même si le Japon a réussi à réduire de plus de la moitié le nombre de décès sur les routes entre 1970 et 2004, passant de 16.675 à 7.358, il reste encore l’un des pays qui connaît le plus fort taux d’accidents mortels chez les aînés indique ce récent rapport. Le gouvernement souhaite donc maintenant, d’une part, abaisser le nombre de décès annuels sous la barre des 5.000 personnes d’ici 2013 et d’autre part, augmenter sensiblement la sécurité des personnes âgées sur les routes nippones.

En 2004, 3.046 seniors ont été tués dans des accidents de la route, ce qui représente 40% de l’ensemble de ces décès. Cette population est ainsi celle qui connaît le plus fort taux de mortalité sur les voies publiques du pays. Ainsi, dans la tranche des 55-64 ans, le Japon, parmi 14 autres pays industrialisés, se « classe » au 5ème rang des accidents mortels. Chez les 65-74 ans, il arrive au 3ème rang et au 6ème rang chez les plus de 75 ans. Les routes les moins dangereuses pour les aînés seraient celles de l’Angleterre et des Pays-Bas.

Et le rapport de préciser que si le pays souhaite effectivement réduire les accidents mortels chez les personnes âgées, il doit inclure comme objectif dans son programme quinquennal de la sécurité routière qui démarre en 2006, une réduction générale du nombre d’accidents et de blessés dans chaque préfecture. En effet, les personnes âgées sont beaucoup plus fragiles que les individus plus jeunes. Ainsi, même un incident qui pourrait être considéré comme mineur chez un adulte peut s’avérer dramatique, voire létal chez un aîné. De fait, un simple choc avec une voiture avançant au ralenti ou une chute de bicyclette peuvent être mortels chez un senior.
Une route plus sûre pour les seniors japonais de plus de 65 ans

Une route plus sûre pour les seniors japonais de plus de 65 ans
Dans cette optique, la NPA suggère la création d’espaces où voitures, vélos et piétons pourraient coexister en diminuant les risques : en réduisant par exemple, la largeur des rues pour augmenter celle des trottoirs, qui possèderaient alors une partie piétonne et une piste cyclable. A l’étude aussi, un renforcement de la prévention et de la sécurité dans les zones résidentielles mais aussi dans les centres commerciaux, là où les personnes âgées passent une bonne partie de leur journée.

En effet, il ne faut pas oublier que 40% des accidents mortels concernent de simples passants ou des cyclistes. L’année dernière, les piétons de 65 ans et plus ont représenté les deux tiers des accidents mortels et les cyclistes, six décès sur dix. Parmi les seniors décédés des suites de ces accidents de la route, 90% n’avaient pas le permis de conduire. Cela suggère, de la part des victimes de ces drames, une méconnaissance des us et coutumes de la circulation.

Mais le vieillissement de la population japonaise se reflète également dans l’augmentation des conducteurs seniors, toujours plus nombreux d’années en années. Ainsi, en 2003, le nombre de détenteurs de plus de 65 ans d’un permis de conduire, était supérieur à celui des moins de 24 ans. En 2004, plus de 1.000 personnes âgées sont décédées au volant d’une voiture ou sur une moto, soit 25% d’augmentation par rapport à la décennie précédente. Au contraire, le nombre de jeunes de 16 à 24 ans morts en voiture ou à moto est resté stable l’année dernière avec 1.200 tués, soit une baisse de 60% sur les dix dernières années.

Selon un récent sondage japonais, les conducteurs seniors seraient victimes d’une trop grande confiance en leurs qualités de conducteurs. La NPA précise cependant qu’elle est contre l’idée de mettre en place un âge limite à la conduite. En revanche, le rapport indique qu’il est indispensable de renforcer l’éducation des conducteurs âgés et de développer de véritables tests permettant d’évaluer de manière scientifique et sans doute possible, les capacités d’une personne à conduire un véhicule ou non.

Pour en savoir plus sur les seniors et la route, lire aussi :

Les conducteurs seniors seraient les plus dangereux sur la route
Grande-Bretagne – Vers plus de contrôles pour les conducteurs seniors ?


Publié le Mardi 23 Août 2005 dans la rubrique Transports | Lu 6193 fois