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Senior Actu

Une octogénaire a été verbalisée en traversant la rue

Une octogénaire australienne a reçu une amende pour ne pas avoir emprunté le chemin le plus direct pour traverser une rue. Face à l’incongruité de la situation, son procès verbal a finalement été annulé, mais ce fait divers cependant, nous rappelle que les personnes âgées sont les premières victimes des accidents sur la voie publique.


Pat Gallenn, une vieille dame de 83 ans qui avance à l’aide d’une canne s’est donc vue verbalisée pour avoir traversée une rue de sa ville de Malanda dans l’Etat du Queensland, trop lentement et sans prendre le chemin le plus direct.

Elle venait juste de faire ses courses de la semaine lorsque la police l’a interpellée. « Pourtant c’est une femme tranquille » explique l’un de ses amies. « Elle était tombé la veille et sa chute l’avait un peu ébranlée ».

L’ensemble des intervenants a convenu que cette histoire était aberrante, surtout pour une personne de cet âge. Finalement l’amende d’un montant de 30 dollars australiens (environ 18.5 euros) a été déchirée par la police, indique le quotidien Daily Telegraph. La vieille dame a cependant précisé que si le procès-verbal avait été maintenu elle aurait porté plainte. Au final, le problème a été réglé et tout le monde a rigolé de cette aventure pour le moins rocambolesque.

L’amie de la victime en a profité pour rédiger un petit pamphlet conseillant aux vieilles dames de tirer les leçons de cette histoire et surtout d’avancer plus vite et tout droit en traversant la rue. Et d’ajouter que les policiers devraient réaliser qu’un jour ou l’autre, eux aussi, deviendront vieux.
Une octogénaire a été verbalisée en traversant la rue

Une octogénaire a été verbalisée en traversant la rue
Toutefois, ce fait divers plutôt amusant -puisque finalement l’histoire se termine bien- ne doit pas nous faire oublier que les personnes âgées sont les premières victimes des accidents de la route.

Par exemple au Japon, selon des statistiques récentes, en 2004, les piétons de 65 ans et plus ont représenté les deux-tiers des décès sur la voie publique. Une autre étude de la police israélienne indique qu’en 2003 plus de 60% des piétons tués dans les rues de Tel Aviv étaient âgés de plus de 60 ans.

Ces chiffres ne sont ni surprenants, ni exceptionnels. Les diverses autorités soulignent que le nombre de personnes âgées qui décèdent dans les accidents de la route est important car ces sujets récupèrent bien moins facilement que les jeunes. Parfois un simple choc suffit à tuer un aîné alors qu’un adulte ou un enfant pourraient s’en remettre sans problème.

Il faut rappeler qu’à partir de 50 ans, les capacités motrices diminuent, des problèmes visuels et auditifs peuvent apparaître, les réflexes baissent, les temps de réaction augmentent … Tous ces problèmes fonctionnels rendent les promenades dans les villes plus dangereuses. Ainsi, une enquête parue l’été dernier en Espagne, montre qu’un quart des piétons seniors s’estiment en danger lorsqu’ils se promènent dans la rue.

Mais ce n’est pas tout, les seniors estiment aussi que les voies publiques ne sont plus adaptées à leurs besoins. Les feux rouges sont trop rapides, ils n’ont guère le temps de traverser. Ils souhaiteraient aussi davantage de passages piétons protégés et des trottoirs moins hauts. D’autres facteurs viennent augmenter ce sentiment d’insécurité : la densité du trafic, le bruit, la vitesse…

Actuellement, selon l'étude de la police japonaise, il semblerait que les routes les moins dangereuses pour les aînés soient celles de l’Angleterre et des Pays-Bas.


Publié le Vendredi 7 Octobre 2005 dans la rubrique Transports | Lu 4208 fois