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Une grande majorité des Français est pour le maintien à domicile des personnes âgées

Une enquête barométrique du ministère de la Santé, publiée dans le numéro 491 de mai 2006 de la revue Etudes et Résultats, montre qu’en matière de dépendance, deux préoccupations principales se détachent dans l’esprit des Français : le mode de prise en charge des personnes âgées dépendantes (domicile vs institution) et le financement du risque dépendance (cotisation obligatoire pour tous vs cotisation individuelle et facultative).


Selon cette enquête de la Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques (DRESS) intitulée « Dépendance des personnes âgées et handicap : les opinions des Français », entre 2002 et 2005, le maintien à domicile reste la solution préférée par une majorité de Français, mais de moins en moins à travers une cohabitation directe.

« En 2005, le maintien des personnes âgées dépendantes à leur domicile ou à celui de leurs familles restait le vœu de huit Français sur dix. En revanche, alors que l’accueil chez soi était la solution la plus fréquemment prônée de 2000 à 2002 (32 % des Français en 2000 et en 2001), cette modalité n’arrive qu’en deuxième position en 2005 : ainsi, 29% des Français interrogés préféreraient s’occuper de la personne âgée au domicile de cette dernière ; 25 % accepteraient de l’accueillir chez eux et 23% seraient prêts à consacrer une partie de leur revenu à payer des aides à leur parent dépendant pour lui permettre de rester chez lui » précise cette étude. .../...
Une grande majorité des Français est pour le maintien à domicile des personnes âgées

Toujours selon la Drees, « l’entrée en institution pour soi-même est une solution moins souvent envisagée. Contrairement à la période 2000-2002, durant laquelle les Français interrogés envisageaient de plus en plus de vivre dans un établissement spécialisé (plus 4 points), cette alternative apparaît toutefois moins souvent choisie entre 2002 et 2005. Ainsi, en 2005, quatre Français sur dix envisageaient d’entrer eux-mêmes dans une institution pour personnes âgées. Cette intention est plus fréquemment citée à mesure que l’on avance en âge, et ce jusque vers 65 ans. Au-delà, surtout à partir de 80 ans, la proportion de ceux qui optent pour cette solution devient inférieure à la moyenne. Ces résultats sont sans doute à mettre en rapport avec le champ de l’enquête, les personnes interrogées vivant exclusivement à domicile. Le souhait de ne pas entrer en institution peut donc s’expliquer par un choix de vie, mais aussi par le fait que les personnes concernées ont déjà trouvé les moyens nécessaires leur permettant de rester chez elles ».

D'autre part, globalement, le nombre de Français prêts à consentir à une épargne supplémentaire pour faire face à la dépendance a diminué, précise l’enquête de la Drees. Ainsi, en 2005, deux tiers des Français se sont déclarés disposés à économiser davantage pour anticiper leur éventuelle perte d’autonomie. Le nombre de ceux qui y sont enclins a diminué de 4 points entre 2002 et 2005, alors qu’il avait auparavant progressé de manière importante entre 2000 et 2002 (plus 7 points). Cette intention coïncide avec le comportement, observé au niveau plus global, des ménages français vis-à-vis de l’épargne. Elle peut aussi être mise en relation avec l’introduction de l’APA en 2002.

En revanche, de plus en plus de Français attribuent un rôle majeur aux pouvoirs publics en matière de prise en charge des personnes âgées dépendantes, et ce devant la famille qui arrive en deuxième position. Cependant, comme entre 2000 et 2002, les caisses de retraite, les caisses d’assurance maladie, les associations ou les compagnies d’assurance obtiennent peu de suffrages dans ce domaine.

Enfin, cette étude révèle que 85% de Français estiment que tous les lieux publics devraient être obligatoirement accessibles aux handicapés.


Publié le Mardi 30 Mai 2006 dans la rubrique Aides à domicile | Lu 6590 fois