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Une grand-mère anglaise condamnée à des travaux d’utilité collective pour consommation de cannabis

Patricia Tabram, une grand-mère britannique âgée de 68 ans vient d’être condamnée par le tribunal de Carlisle à réaliser 250 heures de travaux d’intérêt collectif et à payer une amende de 1.000 livres (1.450 euros) pour avoir cultivé et consommé du cannabis afin de lutter contre la dépression, indique un récent article du quotidien The Evening Chronicle.


Malgré le fait que la juge Barbara Forrester lui ait signifié qu’elle risquait la prison si elle s'entêtait à cultiver ses plants de cannabis, Mme Tabram a indiqué en sortant du tribunal qu’elle continuerait à se soigner en consommant de la marijuana.

« Je pense que les produits pharmaceutiques sont dangereux » estime-t-elle. Et d’ajouter « ce soir, à Londres, dans mon hôtel, je vais me préparer une tasse de chocolat chaud avec un peu d’herbe. Je m’automédicamente, et si la police m’attend et bien, je repasserai devant le tribunal ».

Avec ses beaux cheveux blancs et ses doubles foyers sur le nez, Mme Tabram (deux petits-enfants) n’a pourtant rien d’une droguée, ni d’une dealeuse. Suite à deux accidents de voitures, elle a commencé à prendre du cannabis pour calmer les douleurs qu’elle avait dans le cou depuis des années. Elle a également indiqué au tribunal qu’elle luttait depuis 1975 contre une dépression qui a commencé le jour où elle a découvert son fils mort dans son lit. Selon cette grand-mère, une tasse de chocolat chaud au cannabis lui permet de bénéficier de cinq heures de répit sans effets secondaires. .../...
Une grand-mère anglaise condamnée à des travaux d’utilité collective pour consommation de cannabis

Une descente de police avait eu lieu en 2005 chez Mme Tabram suite à une dénonciation. Les forces de l’ordre avait alors découvert quatre pieds de marijuana cachés dans un placard ainsi qu’un bocal rempli d’herbe en poudre dans la cuisine. La retraité a avoué qu’elle cultivait effectivement ses propres pieds de cannabis mais qu’elle n’en n’aurait jamais vendu à qui que ce soit.

Mme Tabram avoue consommer 0.1 gramme de cannabis cinq fois par jour. Elle mélange son herbe avec du beurre, de la crème, de l’huile pendant 24 heures, et ensuite, elle cuisine avec.

Mme Tabram est par ailleurs l’auteur d’un ouvrage intitulé « Grandma Eats Cannabis » (Grand-mère mange du cannabis) et se bat, politiquement, pour un programme pro-cannabis.

« Je vais continuer à consommer du cannabis pour le restant de mes jours » indique-t-elle. Et s’ils veulent me mettre en prison, qu’ils le fassent. Je ne veux pas terminer ma vie dans une maison de retraite ou avec un aide à domicile qui me ferait manger. Je veux conserver mon indépendance et ne plus souffrir ».

Rappelons qu'en avril 2005, le Canada devenait le premier pays à approuver le Sativex, un médicament d'appoint dérivé des composants du cannabis. Il est administré par vaporisations dans la bouche, pour le soulagement de la douleur neuropathique chez les adultes atteints de sclérose en plaques.

D'autre part, une étude suisse semble montrer que de très faibles doses de cannabis pourraient prévenir les maladies cardiovasculaires et donc réduire les méfaits de l'athérosclérose. Lors d'une expérience réalisée sur des souris de laboratoire, le THC (delta-9-tetracannabinol), le principal composé psycho-actif du cannabis aurait permis de réduire les dépôts graisseux accumulé dans les artères des rongeurs.

Toutefois, que le choses soient claires, il ne s'agit en aucun cas d'inciter à fumer du cannabis. L'action du THC ne fonctionne qu'à un dosage faible très précis, bien moins élevé que celui d'un joint, qui de plus contient dans sa fumée, de nombreux produits toxiques…

Pour aller plus loin, lire aussi :
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Publié le Vendredi 9 Mars 2007 dans la rubrique Divers | Lu 7181 fois