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Une étude analyse les raisons de l'homicide-suicide chez les seniors

Une étude réalisée par l’Université de la Floride du sud par des chercheurs de Miami, récemment publiée dans L’American Journal of Geriatric Psychiaty, semble montrer que l’homicide du conjoint suivi du suicide du « meutrier » devient, avec le vieillissement de la population, un problème de santé publique émergent chez les personnes âgées.


Une étude analyse les raisons de l'homicide-suicide chez les seniors
« Les cas d’ « homicides-suicides » restent assez rares comparés aux homicides ou aux suicides » précise le professeur Cohen de l’Institut de santé mentale Louis de la Parte en Floride en charge de cette étude, « mais ce phénomène est en augmentation, notamment chez les personnes âgées ».

Et le professeur d’ajouter que l’objet de cette recherche a été d’identifier les facteurs (âge, race, manière de mourir) différenciant les époux seniors qui tuent leur femme puis se suicident, des époux seniors qui se suicident uniquement.

Les scientifiques ont étudié vingt cas d’homocides-suicides en Floride, impliquant des hommes de plus de 55 ans sur une période de deux ans, entre 1998 et 1999, et les ont comparés à des cas suicides « simples » de seniors masculins.

« Nous avons remarqué que les hommes qui perpétraient des homicides à l’encontre de leurs femmes, puis se suicidaient dans la foulée, étaient soient des aidants ou avaient déjà commis des actes de violences conjugales » explique le Pr Cohen. « Ceux qui se suicident, sont des hommes ayant des problèmes de santé qui reçoivent des soins de la part de leur femme ».

Dans les deux cas de figures, les auteurs ont été sujets à de la dépression. Selon ces chercheurs floridiens, la dépression et la maladie jouent un rôle significatif dans les deux cas de figure, elles seraient responsables de 60 à 90% des suicides chez les personnes âgées.

« Les hommes qui tuent leur femme et se suicident ensuite, sont généralement plus âgés que leur épouse » souligne le Pr Cohen qui indique par ailleurs que « ces actes ne sont pas ''altruistes''’ ou basés sur un accord entre les époux. Les raisons sont complexes. Notre étude est la première qui émet l’hypothèse que la différence entre l’homicide/suicide et le suicide chez les hommes seniors, peut jouer selon des facteurs psychosociaux ».

L’étude a montré qu’un quart des auteurs d’homicides/suicides avaient un passif de violences conjugales contre 5% seulement chez les suicidés. 40% des responsables masculins d’homicides-suicides jouaient un rôle d’aidant auprès de leur épouse, en revanche aucun des cas de suicides simples étudiés n’étaient aidant.

Ces vingt homicides-suicides ont tous été commis par armes à feu, qui sont au niveau national, responsables des trois-quarts (72%) des suicides d’hommes seniors.

« Le vieillissement de la population va poser un challenge aux chercheurs, cliniciens et autres professionnels de la santé, qui vont devoir identifier les raisons de ces homicides/suicides et tenter de trouver les moyens les plus appropriés pour enrayer ce phénomène auprès de cette population particulièrement vulnérable » conclut le Pr Cohen.


Publié le Mercredi 8 Juin 2005 dans la rubrique Société | Lu 4645 fois