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Un tiers des Français a déjà été confronté à un AVC

A l'occasion de la journée mondiale des accidents vasculaires cérébraux qui se tiendra le 29 octobre prochain, Odoxa a réalisé un sondage pour la Fondation sur la recherche contre les AVC sur les connaissances et les réflexes des Français. En voici les grandes lignes ainsi que le point de vue du Professeur de neurologie Jean-Louis Mas.


Synthèse de Céline Bracq, co-fondatrice et directrice générale d’Odoxa

Un tiers des Français a déjà été confronté à un AVC
Pour de très nombreux Français, l’accident vasculaire cérébral est une réalité : au moment où nous réalisons le sondage, plus du tiers d’entre eux (34%) en ont été eux-mêmes victimes (3%) ou confrontés via l’un de leurs proches (34%). Une proportion massive confirmée par les statistiques : une personne sur six sera victime dans sa vie d’un AVC.
 
La contraction « AVC » est connue, les Français, quel que soit leur âge, nous affirment quasiment tous qu’ils savent ce qu’est un AVC : la très grande majorité, 96% en ont « une idée » dont 64% « une idée précise » (et parmi ceux-là, 73% des personnes touchées directement ou indirectement).
 
Reste toutefois une partie non négligeable de la population qui, soit, n’a aucune idée de ce qu’est un AVC (4%), soit, en a une idée vague (32%). Par ailleurs, notre sondage montre qu’entre un Français sur cinq et un Français sur trois se font en réalité des idées fausses sur l’AVC : ainsi, si 82% savent bien que l’AVC est situé au niveau du cerveau, 18% le situent au niveau du cœur, le confondant… avec l’infarctus.
 
Une part plus importante encore de la population (35%) n’aurait pas la réaction appropriée en cas d’AVC : 24% des Français appelleraient les pompiers, 10% iraient aux urgences, 1% attendraient de voir si les symptômes persistent. Les deux-tiers (65%) auraient en revanche le bon réflexe en appelant le 15.
 
En effet, si certains signes de l’AVC se manifestent : paralysie, troubles visuels, perte d’une fonction motrice, difficulté à parler… il faut faire très vite, l’AVC est un cas d’urgence absolue : la vie de la personne concernée peut se trouver en danger et une prise en charge rapide permet de limiter les séquelles.
 
Pour réagir promptement, il faut aussi savoir que si l’AVC menace avant tout les personnes âgées de plus de 65 ans, il peut toucher toutes les catégories d’âge, y compris les enfants. Or, 23% des Français estiment qu’un enfant ne peut en être victime et 2% croient que seules les personnes âgées peuvent être touchées.
 
Par ailleurs l’AVC est la première cause de mortalité chez la femme (3e cause chez l’homme), alors que plus de la moitié des Français (52%) pensent, à tort, que c’est le cancer du sein, sans doute parce que les campagnes de prévention les ont marqués. L’AVC n’arrive qu’en deuxième position, très loin derrière avec 23% de citations et à peine plus chez la femme (25%).
 
En France, environ 750 000 personnes ont survécu à un AVC. Peu de personnalités communiquent sur « l’après AVC » et des préjugés existent sur la réintégration dans le monde professionnel des personnes ayant été victimes d’un AVC. D’ailleurs, plus de deux Français sur 10 conseilleraient à un proche victime d’un AVC d’éviter d’en parler dans sa sphère professionnelle. Malheureusement, les personnes qui elles-mêmes ont été victimes d’un AVC ne sont pas moins nombreuses à le penser : 45% d’entre elles déconseilleraient à un proche de s’en ouvrir.

​Le point de vue du Professeur Jean-Louis Mas

Deux Français sur dix conseilleraient à un proche victime d’un AVC d’éviter d’en parler dans sa sphère professionnelle (45% chez les personnes qui elles-mêmes ont été victimes d’un AVC)
 
« Ce chiffre est inquiétant car, s’il est vrai que beaucoup de victimes d’AVC gardent des séquelles plus ou moins invalidantes de leur accident, ce n’est pas le cas pour tous les sujets. Le fait de ne pas en parler montre que le sujet de l’AVC reste tabou.
 
Cela a pour conséquence directe un manque d’information de la population sur les facteurs de risque et sur l’attitude à adopter en cas de survenue d’un AVC. Or, un nombre significatif de cas pourraient être évités si les facteurs de risque et principalement l’hypertension, l’hypercholestérolémie ou encore la fibrillation atriale étaient dépistés et traités en prévention primaire.
 
Ce silence engendre des préjugés et souvent l’isolement des malades. Il est important de rappeler que l’AVC n’est pas une fatalité et qu’aujourd’hui, certains traitements permettent une guérison complète. »
 

Un gros tiers (35%) des Français confrontés à un AVC n’aurait pas le bon réflexe d’appeler le 15
« L’élément le plus important dans la prise en charge des AVC est le temps « Time is Brain » comme le disent les anglo-saxons. Certains traitements très efficaces comme la thrombolyse ou la thrombectomie ne sont possibles que s’ils sont réalisés dans les premières heures suivant l’accident.
 
Il est donc essentiel d’appeler le 15 en cas d’AVC. Ce sont les médecins du SAMU qui évalueront l’urgence par téléphone et qui organiseront si besoin la prise en charge en dirigeant vers l’Unité Neuro Vasculaire la plus proche. Je rappelle qu’il en existe maintenant près de 140 en France couvrant l’ensemble du territoire
. »

Publié le Jeudi 26 Octobre 2017 dans la rubrique Santé | Lu 1200 fois



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