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Senior Actu

Un millier de seniors déments morts ou disparus en 2004 au Japon

Selon un récent rapport de l’Agence japonaise de la police nationale (NPA) qui vient d’être rendu public, en 2004, presque un millier de personnes âgées atteintes de démences sont décédées ou ont été portées disparues après s’être enfuies de chez elles, indique un article du quotidien nippon Asahi Shimbun


Face à la forte augmentation du nombre d’aînés atteints par des problèmes de démence, qui disparaissent du jour au lendemain, la NPA a mené pour la toute première fois de son histoire, une grande enquête nationale sur cette problématique émergente.

L’agence a ainsi compilé toutes les données de tous les postes de police du pays. Le rapport a recensé 23.668 déclarations de la part de familles recherchant un proche âgé atteint de démence, disparu après avoir quitté son domicile.

Sur l’ensemble de ces demandes, 3.8%, soit 905 individus ont été déclarés morts ou n’avaient pas encore été retrouvés à fin 2004. Parmi eux, plus de la moitié (548) sont décédés dans des accidents (ou autres causes) et 357 sont restés introuvables.

Face à ce phénomène relativement récent, la police a mis en place un nouveau système de recherche d’urgence pour ces seniors atteints de démence, intitulé SOS networks. Il s’agit d’une collaboration étroite entre les services de police, les pompiers, les mairies et les centres de soins. Tous, à leur niveau et avec leurs moyens, participent aux recherches dès qu’une personne âgée est déclarée disparue. A fin 2004, ce programme était effectif sur presque les trois-quarts du pays (70%).

Un expert tokyoïte de la démence chez les aînés, souligne que les membres d’une famille sont souvent dépassés par l’énormité de la tâche qui consiste à s’occuper et à surveiller une personne âgée atteinte de démence sénile. Cependant, il met en garde contre des mesures trop extrêmes : « il faut éviter d’enfermer, sous couvert de prévention et de sécurité, un patient sous clé pour ne pas qu’il s’enfuie. Ces pratiques ne doivent pas se développer. Elles auraient l’effet inverse sur la démence des patients et aggraveraient leur maladie ».

Rappelons que le Japon est le champion de la longévité. Le pays compte 25.000 centenaires, dont le plus âgé a 114 ans et ce « club » augmente de 13% tous les ans. L’espérance de vie, est en moyenne de quatre ans plus élevée que celles des européens ou des américains avec 85 ans pour les femmes et 78 ans pour les hommes.
Un millier de seniors déments morts ou disparus en 2004 au Japon

Le problème de la fugue de malades atteints d'Alzheimer

Le taux de « fugue » ou d’ « errance » pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer atteint près de 60%, avec un risque élevé d’issue fatale si les personnes ne sont pas retrouvées rapidement, généralement dans les 24 heures.

Comme le souligne Mme Catherine Ollivet, présidente de l'association France-Alzheimer 93, on peut distinguer trois grands types de situation de fugues. La première, chez les malades débutants. Un matin, alors que la personne se promène, elle prend exceptionnellement la rue de gauche plutôt que celle de droite. Là, hors de son trajet habituel qu’elle connaît parfaitement, elle se retrouve totalement désorientée. Même si elle se trouve à quelques rues de chez elles.

Deuxième cas, à un stade de la maladie un peu plus avancé. Les malades peuvent confondre le jour et la nuit. Il leur arrive d’aller faire les courses à 2 ou 3 heures du matin. Ils se retrouvent alors en pleine nuit dans une ville qu’ils connaissent, mais où tout est sombre et où il n’y a personne. Ils peuvent être terrorisés et se perdre.

Enfin, dernier cas de figure, à un stade avancé de la maladie, les patients rencontrent des problèmes de mémoire proche. Il n’est alors pas rare de les voir partir à la recherche d’un parent. La plupart du temps il s’agit de leur mère.

Toutes ces « fugues » entraînent des situations épouvantables aussi bien pour les familles que pour les personnes malades précise Mme Ollivet, qui ajoute que ces fuites risquent d’augmenter d’autant les troubles de ces patients et peuvent s’avérer mortelles lorsqu’elles surviennent de nuit en hiver. « Il arrive que les proches passent à côté d’une personne disparue, qui se trouve apeurée, prostrée et terrée dans un coin. Lorsqu’on retrouve l'individu le lendemain, il est parfois trop tard » conclut-elle.

Pour en savoir plus, lire aussi :

Un bracelet anti-fugue pour les malades Alzheimer
Expérimentation d’un service mobile d’assistance localisée et médicalisée pour les seniors


Publié le Mardi 27 Septembre 2005 dans la rubrique Divers | Lu 3979 fois