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Lundi 24 Avril 2006
Un coup de fil pour rompre la solitude et l’isolement des seniorsL’isolement des personnes âgées est une problématique récurrente dans une société qui vieillit. En ville ou à la campagne, certains aînés, fatigués ou stressés à l’idée de sortir de leur domicile, préfèrent rester chez eux, et petit à petit, coupent les ponts avec le reste de la société. Afin d’éviter cet enfermement, et la solitude qui en découle, des associations se proposent de téléphoner régulièrement aux seniors pour que le fil entre eux et le reste du monde ne soit pas définitivement coupé.
Deux structures nord-américaines, l’une aux Etats-Unis dans l’Etat du New Jersey et l’autre au Québec, permettent aux personnes âgées, grâce à l’action de bénévoles, de ne pas perdre le contact avec le reste de la société. Dans les deux cas, des coups de fils sont passés à intervalles réguliers aux aînés qui en font la demande.
Dans le New Jersey (nord-est des Etats-Unis) l’association a pour nom Contact Cape-Atlantic. Elle rayonne sur deux contés et entre en contact avec presque 200 personnes âgées et/ou handicapées : la plus jeune a 62 ans et la plus âgée… 110 ans. De leur côté, les bénévoles sont aussi « divers » que leurs correspondants. L’une d’entre elles par exemple, est âgée de 74 ans. Elle a commencé il y a trois ans alors qu’elle venait d’être amputée d’une jambe. « Je suis chez moi la plupart du temps, mais je suis très entourée par ma famille. Je sais que certains individus sont seuls. Je me suis donc dis que je pourrais aider certaines personnes » précise-t-elle. « De cette manière je peux amener un peu de soleil dans la journée de quelqu’un ». Une autre bénévole a du s’arrêter de travailler suite à des problèmes de santé. Elle a découvert le concept par le biais d’une petite annonce parue dans un journal local. « Il y a des centaines de personnes âgées qui vivent seules, et je savais qu’en leur téléphonant, je pouvais faire quelque chose pour les aider ». .../...
Les personnes âgées qui en font la demande, sont appelées quotidiennement. Ainsi, vu le nombre croissant d’abonnés, les volontaires peuvent être amenés à passer de 40 à 80 coups de fil par jour. « C’est un peu comme parler avec un ami » confit l’un des bénévoles. Mais leur rôle peut parfois dépasser celui du confident, puisque si personne ne répond, ils peuvent donner l’alerte. L’un d’entre eux indique avoir appelé la police, car sa correspondante, une habituée, ne lui répondait pas. Il s’est avéré qu’elle était tombée et ne pouvait pas décrocher son téléphone.
Une nonagénaire vivant seule chez elle a choisi ce système. Des problèmes de hanche l’empêche de se déplacer et sa famille vit à l’autre bout du pays. « Sans ces contacts téléphoniques je serais totalement isolée » confesse-t-elle. Un imprimeur septuagénaire a souhaité avoir accès à ce service pour discuter un peu tout les jours avec quelqu’un. Ses enfants vivent loin et ne viennent pas souvent le voir. « Ils (les bénévoles) m’appellent tôt. C’est une bonne manière de démarrer la journée. Cela me manquerait énormément si je n’avais plus cet appel quotidien » ajoute-t-il. Au Québec, l’association s’appelle Bon Ami et se trouve dans la ville de Rouyn-Noranda. Il s’agit d’une ligne d’écoute qui vient d’être mise en place pour les personnes âgées isolées ou vulnérables, indique un récent article du journal local Le Citoyen. Le principe est à peu près le même, sauf que dans ce cas précis, chaque senior est « jumelé » avec un bénévole. « Les deux se contactent par téléphone une à deux fois par semaine, selon une entente mutuelle » précise la responsable de ce service au journal. Là encore, il ne s’agit que d’une ligne de contact. Elle existe pour que les aînés puissent discuter régulièrement avec leur volontaire attitré. Toutefois, en cas d’urgence, ce dernier ne peut intervenir et doit contacter les services appropriés. L’un des bénévoles indique que la première fois qu’il est entré en contact avec son binôme, la personne âgée « a parlé sans arrêt pendant une heure. J’étais la première personne avec qui elle parlait depuis plus d’une semaine». A l'heure du téléphone gratuit (ou presque) voici donc une idée pas chère à mettre en place, efficace et simple… comme un coup de fil.
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