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Senior Actu

Un bracelet anti-fugue pour les malades Alzheimer

La société canadienne Medical Intelligence (filiale de St-Moritz Capital), en collaboration avec l’opérateur de téléphonie mobile Orange et Medidep, l’un des principaux groupes français privés spécialisés dans la prise en charge de la dépendance, a dévoilé la semaine dernière en avant-première mondiale à Paris, une innovation technologique dédiée aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, destinée à éviter les fugues.


Ce nouveau bracelet-téléphone anti-fugue nommé « Columba » (du nom du pigeon voyageur en latin) a exigé trois années de recherche et de développement. Le fondateur de Medical Intelligence, Louis Massicotte, en a eu l’idée à la suite des fugues répétées de sa mère, atteinte par la maladie d’Alzheimer.

Pour éviter toute disparition, le bracelet Columba détecte automatiquement chaque sortie d’une zone considérée comme sécurisée autour du domicile du malade ou de sa maison de retraite. On peut lui « interdire » de s’approcher d’une rivière, d’une autoroute, d’un passage à niveau, du métro… La zone aura été préalablement définie par l’entourage du patient. A terme, un site internet devrait permettre aux proches du malade, de déterminer eux-mêmes, très précisément, les zones accessibles ou non. Ensuite, dès que le porteur du bracelet sort du périmètre prédéfini, le centre d’appel médicalisé (géré par AXA Assistance) est automatiquement alerté et peut contacter rapidement la famille ou le personnel soignant afin de coordonner l’assistance.

Au besoin, le centre d’appel médicalisé, opérant 24h/24 et 7j/7, peut géolocaliser précisément le porteur du bracelet (à une dizaine de mètres près). « Pour réussir à maintenir à domicile un malade d’Alzheimer, il nous faut en priorité subvenir à sa sécurité », explique le Professeur Stéphane Bergeron, président directeur général de Medical Intelligence. « Afin de sécuriser l’environnement du malade, de façon responsable, sans le contraindre ou l’isoler, il nous faut être averti dès l’amorce d’une fugue ou d’une errance. Le bracelet Columba assure cette sécurité et permet, si nécessaire, de savoir où se trouve le malade. Et nous pouvons même lui parler car le bracelet-téléphone relié au réseau de l’opérateur de téléphonie mobile Orange intègre la fonction mains-libres » conclut-il.

Le bracelet Columba est constitué d’un système de géolocalisation GPS-Assisté, d’un émetteur/récepteur GSM/GPRS incluant une carte SIM et transmettant voix et données ainsi que d’un système logiciel intelligent de détection et d’alerte. « L'autonomie de la pile dépasse deux semaines », a précisé M. Massicotte. « La fonction GPS, qui est gourmande en énergie peut être débranchée par l'entourage à la maison », a indiqué Jean-Noël Tronc, directeur de la stratégie et de la marque d'Orange.

« Depuis deux ans, Orange soutient le développement de ce projet qui s’inscrit dans notre programme Orange Care visant à mettre l’innovation mobile au service de la santé et du bien-être. Nous sommes heureux et fiers de contribuer au lancement d’un service mobile aussi innovant, répondant à une problématique de santé publique majeure. Le bracelet-téléphone Columba illustre cette dimension essentielle du mobile comme « fil de la vie », qui sécurise son utilisateur tout en lui donnant plus de liberté » déclare M. Tronc.

Cet été, la toute première mise en application de ce système se déroulera à Paris à la résidence Brune de Medidep. « Nous sommes fiers de voir cette première mondiale se dérouler dans l’une de nos résidences médicalisées. Medidep a toujours supporté les projets innovants favorisant le mieux-être et la sécurité de ses pensionnaires dépendants » déclare Bruno Marie, président du directoire de Medidep.

Le bracelet-téléphone Columba devrait être disponible en pharmacie avant la fin 2005. Même si le prix n’est pas encore définitivement établi, il devrait se situer aux alentours de 300 euros pour le bracelet en lui-même et autour d’une trentaine d’euros pour l’abonnement au service d’assistance, a indiqué M. Massicotte. Et d’ajouter que le choix de la France pour cette première sortie mondiale a été décidé en raison de l’exceptionnelle couverture de l’infrastructure d’Orange en France.
Un bracelet anti-fugue pour les malades Alzheimer

Le problème de la fugue de malades atteints d'Alzheimer

Catherine Ollivet, présidente de l'association France-Alzheimer 93
En France, près de 800 000 personnes sont atteintes de la maladie dont les trois quarts se trouvent en situation de maintien à domicile. Alzheimer touche aujourd’hui près de 10% des plus de 65 ans. L’enjeu est donc de taille lorsque l’on sait que l’on dénombre actuellement 9,4 millions de personnes de plus de 65 ans en France et que ce nombre devrait atteindre presque 14 millions de personnes (+ 48%) en 2025.

Alors que le taux de « fugue » ou d’ « errance » pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer atteint près de 60%, avec un risque élevé d’issue fatale si les personnes ne sont pas retrouvées rapidement, généralement dans les 24 heures, cette nouveauté souhaite apporter une solution qui se veut « révolutionnaire », aux problèmes auxquels sont confrontés les familles, les proches ou le personnel soignant des maisons de retraite, indique le communiqué de presse.

Comme le souligne Mme Catherine Ollivet, présidente de l'association France-Alzheimer 93, présente à cette conférence de presse, on peut distinguer trois grands types de situation de fugues. La première, chez les malades débutants. Un matin, alors que la personne se promène, elle prend exceptionnellement la rue de gauche plutôt que celle de droite. Là, hors de son trajet habituel qu’elle connaît parfaitement, elle se retrouve totalement désorientée. Même si elle se trouve à quelques rues de chez elles. Deuxième cas, à un stade de la maladie un peu plus avancé. Les malades peuvent confondre le jour et la nuit. Il leur arrive d’aller faire les courses à 2 ou 3 heures du matin. Ils se retrouvent alors en pleine nuit dans une ville qu’ils connaissent, mais où tout est sombre et où il n’y a personne. Ils peuvent être terrorisés et se perdre. Enfin, dernier cas de figure, à un stade avancé de la maladie, les patients rencontrent des problèmes de mémoire proche. Il n’est alors pas rare de les voir partir à la recherche d’un parent. La plupart du temps il s’agit de leur mère.

Toutes ces « fugues » entraînent des situations épouvantables aussi bien pour les familles que pour les personnes malades précise Mme Ollivet, qui ajoute que ces fuites risquent d’augmenter d’autant les troubles de ces patients et peuvent s’avérer mortelles lorsqu’elles surviennent de nuit en hiver. « Il arrive que les proches passent à côté d’une personne disparue, qui se trouve apeurée, prostrée et terrée dans un coin. Lorsqu’on retrouve l'individu le lendemain, il est parfois trop tard » conclut-elle.

Medical Intelligence inc. s’annonce comme le leader de l’industrie de la télésécurité médicale personnelle, intégrant les technologies de l’information et des télécommunications au secteur de la santé. L’entreprise du Québec (Canada), conçoit des appareils médicaux portatifs pour le bénéfice des personnes souffrant de troubles cognitifs ou de maladies cardio-vasculaires. Ces appareils portatifs, qui combinent géolocalisation, télémétrie et biométrie, permettent une surveillance régulière de la condition médicale, et sont dotés d’alarmes automatisées par télécommunication sans fil déclenchées lors d’anomalies significatives.


Publié le Mardi 7 Juin 2005 dans la rubrique Internet | Lu 28714 fois