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Bien-être

Troubles du sommeil : 40% des personnes âgées se plaignent de leur sommeil


Dans le cadre du premier programme gouvernemental d’action sur le sommeil, doté d’un budget de 7 millions d’euros, lancé en début de semaine par le ministre de la Santé Xavier Bertrand, les docteurs F. et H. Onen ont fait le point sur les troubles du sommeil chez le sujet âgé.


« Les deux pathologies les plus prévalentes du sujet âgé sont l’insomnie avec mésusage d’hypnotiques et le syndrome d’apnées du sommeil avec son cortège de complications cardiovasculaires, neurovasculaires et cognitives. Environ 40 % des sujets de plus de 75 ans se plaignent de leur sommeil » indiquent les médecins dans leur rapport.

L’insomnie est le plus fréquemment un symptôme avec de nombreuses étiologies qui sont souvent associées entre elles chez le même individu âgé. Le syndrome d’apnées du sommeil (SAS) concerne quant à lui de 32 à 47% des sujets de plus de 70 ans. Cependant, cette affection est largement sous diagnostiquée et rarement traitée, probablement en raison du tableau clinique chez le sujet âgé différent de celui de l’adulte plus jeune. Cet aspect clinique non classique à l’âge avancé rend l’identification de la pathologie plus difficile.

« Le taux de morbi-mortalité lié à la non prise en charge des troubles du sommeil du sujet âgé est très élevé (mésusages des médicaments, SAS et leur complications). Le défi est d’améliorer la qualité des soins et la qualité de vie des personnes âgées malades, mais aussi de réduire l’incidence et la prévalence des pathologies du sommeil afin de minimiser leurs coûts économiques » estiment encore ces spécialistes.

« La prise en charge des troubles du sommeil chez le sujet âgé est insuffisante et inadaptée, soulignent ces médecins dans leur rapport. La plainte de mauvais sommeil est souvent sanctionnée soit par la prescription d’un hypnotique apparenté aux benzodiazépines soit par de l’indifférence. Rarement les plaintes concernant le sommeil et la vigilance des patients âgés font l’objet d’une analyse exhaustive en médecine de ville ou à l’hôpital ». .../...
Troubles du sommeil : 40% des personnes âgées se plaignent de leur sommeil

La méconnaissance des troubles du sommeil chez le sujet âgé, l’inadéquation et l’insuffisance de leur prise en charge sont liées à plusieurs facteurs : manque de formation des médecins et d’autres professionnels de la santé ; problème d’éducation du grand public et en particulier des sujets âgés et de leurs aidants ; difficultés d’accès des patients âgées aux unités de sommeil (priorité aux jeunes)…D’autre part, certaines dépressions avec insomnie chez le sujet âgé sont traitées exclusivement et inefficacement avec des hypnotiques. Malgré le fait que l’insomnie, le mésusage d’hypnotiques et le syndrome d’apnées du sommeil soient fréquents chez le sujet âgé et que la population continue à vieillir, les fonds alloués à la recherche pour ces troubles chez les seniors sont insuffisants voire inexistants.

Pour ces médecins, il faut donc, dès que possible mettre en route des études en épidémiologie, en économie de la santé, en pharmacologie ; informer, éduquer, former du grand public et des professionnels ; et promouvoir la recherche clinique et fondamentale.

D'ici fin mars, l'Assurance maladie va adresser à l'ensemble des assurés une documentation sur l'importance du sommeil. Plusieurs campagnes de sensibilisation se succèderont dans l'année: affiches, spots radio, campagne sur le sommeil au volant.

Les médecins généralistes seront eux informés sur la prise en charge des troubles du sommeil, tout particulièrement en ce qui concerne les personnes âgées, les femmes enceintes et les adolescents. Au cours du deuxième semestre 2007, des recommandations seront émises sur la prescription des psychotropes chez les personnes âgées. Enfin, des "cartes de soins" seront remises aux personnes souffrant du syndrome obstructif d'apnée du sommeil et aux personnes atteintes de narcolepsie.

Les limites entre le sommeil normal et le sommeil pathologique sont parfois difficiles à définir chez les personnes âgées

Avec l’âge, le rythme veille-sommeil change, au même titre que toutes les fonctions physiologiques, ce qui implique :
- Une modification de la répartition du sommeil sur 24 heures : à partir de 60 ans, nous dormons moins longtemps la nuit et nous nous octroyons des phases de sommeil diurnes (surtout après 70 ans).
- Un délai d’endormissement allongé.
- L’augmentation de fréquence des troubles du sommeil : apnées du sommeil, insomnies, syndrome des jambes sans repos.
- Une augmentation du nombre et de la durée des éveils nocturnes.
- Des modifications de l’architecture du sommeil : disparition du sommeil lent profond et diminution du sommeil paradoxal chez la personne âgée.
- Un décalage de phase fréquent, aggravé par le rythme de vie en institution.

Ces phénomènes expliquent pourquoi les personnes âgées se plaignent souvent d’un mauvais sommeil (sommeil fragmenté, instable, difficulté pour se “réendormir”).

La Caisse Primaire d'Assurance-maladie du département de la Saône-et-Loire mène, depuis 2001, une action de prévention en direction des plus de 60 ans avec le bilan vigilance. Il s'agit d'un examen médical complet, remboursé par l'assurance-maladie, qui permet de dépister les troubles du sommeil et de la vigilance chez les seniors pour les sensibiliser aux risques encourus (au volant notamment) et permettre, en cas de besoin, une prise en charge adaptée. Près de 700 personnes sont ainsi déjà concernées, 97 % estimant l'initiative très positive. (Source : journal de la Saône-et-Loire).

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Publié le Jeudi 1 Février 2007


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