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Senior Actu

Trois ans de pratiques intergénérationnelles dans une ville de Seine St Denis (2)

Après la rétrospective la semaine dernière, des actions intergénérationnelles seniors/enfants menées depuis trois par la ville des Lilas en Seine St Denis (93), le grand dossier publié dans le journal de la mairie, dévoile cette fois-ci les projets mis en place entre les personnes âgées et les adolescents.


En effet, les actions intergénérationnelles mises en place depuis 2003 dans cette ville de la banlieue parisienne -qui ont toutes pour finalité la création de liens, de solidarité et de « vivre ensemble »- ne concernent pas uniquement la petite enfance. La mairie propose également des rencontres entre les seniors et les adolescents.

Par exemple, le service Jeunesse de la mairie a organisé en février dernier deux actions intergénérationnelles avec le Club des Hortensias, un service municipal d’animation en faveur des retraités : d’une part un tournoi de tennis de table et de fléchettes récompensant les équipes gagnantes (juniors/seniors) par une sortie bowling permettant de partager un nouveau moment de convivialité. Et d’autre part, un après-midi dansant qui s’est terminé par un goûter propice aux discussions et aux confidences. .../...
Trois ans de pratiques intergénérationnelles dans une ville de Seine St Denis (2)

Une expérience de tutorat (témoignages)

La municipalité a également mis en place un tutorat senior auprès des lycéens. Voici le témoignage de Roger Bonjean, l'un des tuteurs ayant participé à cette expérience.

« Lors d’une première réunion, nous avons appris que certains élèves des classes de seconde étaient en grande difficulté en français et que leurs chances de réussir leur scolarité risquaient d’être compromises. En parallèle, le Club des Hortensias souhaitait étendre les relations intergénérationnelles -déjà mises en place avec des classes de maternelles » indique M. Bonjean dans le journal de la mairie. Et de préciser que « l’idée d’aider de jeunes lycéens en français a soulevé l’enthousiasme de tous. Nous avons décidé de n’intervenir dans un premier temps que dans deux classes, dont une composée de redoublants. Lors d’une rencontre avec les professeurs principaux et de français de ces deux classes il a été convenu que le travail avec ces jeunes gens et jeunes filles n’aurait pas un caractère scolaire et que nous n’accepterions pas de les aider à faire leurs devoirs mais que nous essaierions de leur donner les bases de français qui leur manquaient ainsi que quelques notions de culture générale ».

« Nous étions tous d’accord, précise M. Bonjean pour que ces réunions de travail n’aient pas lieu au lycée mais au Club des Hortensias ou au Kiosque, et pour lever toute ambiguïté auprès des élèves. Nous avons d’ailleurs décider de nommer cette expérience « le tutorat ». Elle a commencé au retour des vacances de la Toussaint. L’information a si bien circulé auprès de tous les acteurs du lycée, qu’à la demande de quelques professeurs nous avons accueilli quelques élèves d’autres classes. Nous avons commencé avec une dizaine d’adolescents répartis en quatre groupes en fonction de leurs difficultés. Les résultats obtenus ont été encourageants. Les adolescents ont pris confiance en eux, et leur comportement a évolué au cours de l’année scolaire. Au fil du temps, nos rapports avec les jeunes lycéens sont devenus de plus en plus chaleureux. Le pari était gagné ».

Catherine Portier, professeur principal d’élèves concernés par le tutorat, explique la démarche de cette action. « Un groupe de deux à quatre élèves est confié à un tuteur qui organise le travail sous sa propre responsabilité, sans intervention de quiconque du lycée. Seuls des élèves volontaires participent à ces activités. La seule contrainte imposée est celle de l’assiduité ».

« Hors du cadre scolaire, remarque la professeur, les adolescents entendent différemment les remarques et conseils qui leurs sont donnés. De plus, ce travail se déroulant en petits groupes stables, la retenue de chacun s’estompe peu à peu, l’expression des jeunes est alors plus libre. En tant que professeur principal, j’ai pu observer que certains élèves ont ainsi vaincu la peur qui les inhibait en arrivant au lycée, ont acquis un peu d’assurance en expression, et de ce fait, ont choisi leur parcours scolaire ».

Et de préciser que « naturellement, ces résultats positifs ne sont pas automatiques et que cette évolution se serait peut-être manifestée indépendamment du travail fait avec les tuteurs, mais seulement peut-être ».

Commentaire de Claude Lasnon, maire adjointe aux Affaires sociales, aux personnes âgées et à la solidarité : « Quoi de plus encourageant pour un élu que de favoriser les initiatives qui mettent en relation nos « aînés » et nos « plus jeunes » concitoyens. Cette expérience prend toute sa force depuis trois ans et c’est un vrai plaisir de voir se réaliser « un vivre ensemble » plein d’enrichissement pour les uns et les autres ».

Et l’adjointe au maire d’ajouter : « Nos Lilasiens bénévoles du Club des Hortensias ont vraiment pris en main cette belle initiative. Avec le personnel des services municipaux et les partenaires, CAF, enseignants des écoles maternelles, primaires, collège, lycée, ils ont tissé des liens qui ne peuvent que progresser. Un appel à de nouveaux seniors bénévoles des Lilas me semble aller de soi, car les besoins de solidarité pour beaucoup d’enfants et de jeunes, sont grands et ces pratiques intergénérationnelles devront perdurer encore longtemps, et se diversifier pour le bonheur et l’épanouissement de tous. C’est, en tout cas, un souhait de l’élue aux affaires sociales, aux personnes âgées et à la solidarité ».

Pour en savoir plus, lire la première partie Seniors/Enfants



Publié le Jeudi 8 Juin 2006 dans la rubrique Intergénération | Lu 4644 fois