Sommaire
Senior Actu

Théâtre : Si Hemingway avait rencontré Coco Chanel...


Une brève rencontre imaginée, en août 1944, entre Coco Chanel qui a passé la guerre au Ritz et Hemingway qui vient libérer l’hôtel de la Place Vendôme... Elle incarnait le chic parisien, il était le plus connu des écrivains américains : rencontre au Ritz du Yankee et de l’Elégante... Au théâtre Les Déchargeurs à Paris.
Théâtre : Si Hemingway avait rencontré Coco Chanel...

L’auteur : Alain Houpillart
« Place Vendôme août 1944 » est une rencontre imaginée entre deux personnages, Coco Chanel et Hemingway, que j’ai aimés à des moments différents. Adolescent, je vivais les romans d’Hemingway comme une évasion du quotidien. Celle-ci passait par la guerre d’Espagne, les corridas, les combats de boxe, les aventures de chasse en Afrique...

Plus tard, j’ai été surpris par la clairvoyance de ses articles précédant la seconde guerre mondiale. La correspondance d’Hemingway laisse apparaître une sensibilité très éloignée du personnage vantard tel qu’il se montrait trop souvent.

Coco Chanel m’a séduit par son aura, son influence sur le monde artistique et surtout par sa capacité, à 70 ans, de tout recommencer et de renouer avec le succès. J’ai pris beaucoup de plaisir à inventer une rencontre entre ces deux monstres sacrés qui auraient pu se croiser à l’hôtel Ritz lors de la Libération de Paris.

Si les deux personnages se distinguent très fortement par leurs comportements, leurs opinions politiques, leurs histoires et leurs manières d’être, ils partagent une formidable soif de reconnaissance, un appétit de la vie et de l’amour du travail bien fait tout en étant conscients de leur valeur, sans compter un goût pour la liberté et un irrespect des convenances.

Leurs traits de caractère s’affirment au cours d’une discussion qui débute sur un malentendu. Peu à peu, en échangeant des réflexions sur leur méthode de travail et quelques secrets intimes, ils vont se rapprocher. De cette rencontre aurait pu naître une amitié, ou tout du moins une complicité.

Biographie
Après avoir été publicitaire, Alain Houpillart fonde une société d’édition dans les domaines de la finance et de l’immobilier. Parallèlement, il enseigne à Paris Dauphine et diverses écoles de commerce.

Epris de théâtre avec un goût prononcé pour la réplique grâce à une longue pratique des interviews, il se lance dans l’écriture d’une première pièce pour rendre hommage à deux personnages qui auraient pu se croiser au Ritz en août 1944 : Coco Chanel et Ernest Hemingway.

Extraits
Hemingway : Vous êtes quoi ici la petite dame ? Silence. What’s your business ? Silence. Vous n’avez pas passé la guerre allongée sur ce divan. Vous paraissez être la seule rescapée de ces lieux. Tout le monde s’est envolé. Seriez-vous une employée du vestiaire ? Ah oui, comment dites-vous en français, vous êtes la dame, la dame… la dame pipi. Madame pipi, en tant que libérateur du Ritz je vous attribue une nouvelle fonction : me servir du Brandy. Et du bon. Pas de la chaude pisse. Allez, bougez-vous, nom de Dieu.
Chanel : La petite dame s’appelle…Coco Chanel…

La mise en scène
La découverte de ce texte est l’occasion de regarder cette période de l’histoire, la seconde guerre mondiale, sous un autre angle. Comment, à Paris, la vie s’est organisée, a continué.
Comment, quand certains quittaient la France d’autres se battaient et d’autres encore s’enrichissaient. Personne ne rend de compte ou ne se justifie, les choses sont dites sans jugement mais permettent un éclairage différent.

A travers cette rencontre imaginée entre Coco Chanel et Ernest Hemingway deux histoires se racontent et nous permettent une parenthèse dans l’Histoire. Ces personnages si charismatiques nous parlent aussi bien de la vie quotidienne pendant la guerre, que de leur enfance ou encore de leur rapport à la création.

C’est un plaisir de pouvoir donner vie à ces personnages qui semblent être de vrais rocs, et de voir apparaître des êtres si complexes.

Les interprètes
Sophie Leclercq dans le rôle de Coco Chanel
Après une licence d’arts du spectacle et différentes formations d’acteurs, Sophie se balade de scène en scène sous la direction de Dominique Pasquet (Troupe de l’Estampille) et Thierry Gaches, on la retrouve chez Goldoni, Marivaud ou encore Jean Luc Lagarce. Elle participe au Grand Mezze aux cotés d’Edouard Baer et de François Rollin au Théâtre du Rond Point en 2004.

On peut la voir également dans des courts métrages tels que « La Quiche » de Véronique Lorin et « Mange ta soupe » de Gilles Bernard.

Jean-Marc Foissac dans le rôle d’ Ernest Hemingway
Ce comédien bordelais et boulimique ne s’arrête jamais ! On le retrouve ces dernières années sous la direction de Jean Claude Parent, Jean Philippe Daguerre, Guy Suire, Marie Rouvray, Martine Amanieu, Serge Catanèse, Armand Eloi et Frédéric El Kaïm.

Il fait le grand écart entre Le Malade Imaginaire de Molière et le personnage sulfureux de Pierre Molinier ; un soir au cabaret avec « Retire ta main » de Cécile Bayle, le lendemain il se fond dans l’univers de Steinbeck dans « Des souris et des hommes ».

Entre spectacles et répétitions, il continue son apprentissage en s’initiant autant au Kabuki avec Fujima Kanjuro VIII qu’au théâtre yiddish avec Dominque Unternehr.

Si Hemingway avait rencontré Coco Chanel...

Les Déchargeurs
3 rue des Déchargeurs
Paris 75001
20h15 du mardi au samedi
Salle Vicky Messica
Durée du spectacle : 1h

Tarifs réduits avec le mot de passe « Senioractu »
10,50 € au lieu de 18,50 € jusqu'au 9 juin (le tout dans la limite des places disponibles).
Pour cela, il vous suffit de réserver auprès du théâtre au 0892 70 12 28 (0,34 €/min), en donnant le mot de passe "Senioractu".


Publié le Lundi 21 Mai 2007 dans la rubrique Culture | Lu 3863 fois