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Théâtre Fontaine : "Silence, on tourne", on rit du début à la fin du spectacle

Il fallait bien de l’audace -et de la suite dans les idées- à Patrick Haudecoeur pour nous faire un remake de « Thé à la menthe ou t’es citron », pièce créée il y a plus de vingt ans au Café de la Gare, devenue culte depuis et d’ailleurs encore jouée l’été dernier sur une scène parisienne.


Cette fois, dans « Silence on tourne », on quitte le monde du théâtre pour rejoindre celui du cinéma, enfin pas tout à fait car, grâce à un très habile scénario, le public -c’est à dire nous- joue pleinement son rôle. Et le pari est bien gagné car on rit du début à la fin du spectacle.
 
Une équipe de cinéma investit le plateau d’un théâtre pour y tourner une scène d’un film de série B avec femme volage, mari trompé et amant belliqueux, le public jouant le rôle d’éventuels figurants. Bien sûr, et pour notre plus grand bonheur, rien ne se passe comme prévu et il faudra s’y reprendre un grand nombre de fois.
 
Entre les prises successives, on découvre petit à petit la « vraie vie » de tout ce petit monde, du producteur volage à la jeune première pas si fragile qu’il en paraît au premier abord, du metteur en scène amoureux de la dite jeune première, laquelle a des vues pas totalement désintéressées sur l’assistant metteur en scène pour obtenir un nouveau rôle, etc.

Théâtre Fontaine : "Silence, on tourne", on rit du début à la fin du spectacle
La palme revient sans conteste au personnage du jeune amant, prénommé Philippe, censé avoir le tort de trop rayonner et qui en fait est tellement insignifiant que tout le monde le cherche partout sans le voir, ni l’entendre.
 
Les acteurs, qui nous entrainent pendant près de deux heures dans cette valse endiablée, sont tous excellents. Patrick Haudecoeur se taille la part du lion dans le rôle de Baptistin, assistant metteur en scène timide et gaffeur mais à qui, au bout du compte, tout réussit. Les scènes entre le producteur et son épouse Rose sonnent très juste, avec des répliques qui font mouche à tous les coups.
 
Les femmes sont toutes très solides, entre la jeune première qui rugit, la chef de plateau reine de la pelle dans tous les sens du terme, une jeune maquilleuse russe montée sur échasses et la vieille actrice rusée qui a tout prévu. Vous l’avez compris, on rit effectivement du début à la fin du spectacle.
 
En ces temps moroses où les soucis nous guettent, ne perdez pas l’occasion de tout oublier, au moins le temps d’une soirée. Un dernier conseil, Messieurs évitez de mettre une chemise bleue, on ne sait pas bien ce qui pourrait vous arriver si d’aventure le metteur en scène changeait d’avis….
 
Alex Kiev

Théâtre Fontaine : Silence, on tourne
10, rue Fontaine
75009 PARIS
 
Jusqu’au 30 septembre 2017


Publié le Lundi 22 Mai 2017 dans la rubrique Culture | Lu 956 fois