Sommaire
Senior Actu

Suicide senior : une association québécoise de retraités se dit préoccupée

A l'occasion de la 17e Semaine de prévention du suicide, qui se tient du 4 au 10 février 2007 au Québec, l'Association québecoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic AQRP) exprime son inquiétude à l'égard de la croissance anticipée du suicide chez les seniors.


En effet, dans un document intitulé « L'épidémiologie du suicide au Québec : que savons-nous de la situation récente ? », l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) signale que la mortalité par suicide des générations du « baby-boom », nées entre 1946 et 1964, semble se maintenir avec leur avancement en âge.

« Cette réalité signifie que, si cette tendance persiste, nous risquons d'observer des taux de décès par suicide très élevés chez les personnes de 55 ans et plus dans les prochaines années » estiment les responsables de cette association.

Et de souligner que « selon les recherches, de 60 à 80 % des aînés qui se suicident souffrent d'une dépression. Les maladies chroniques, les handicaps physiques et la dépendance associée à certains problèmes, de même que la douleur chronique, sont aussi liés à la dépression et au suicide. L'accumulation de pertes, notamment la perte d'un travail significatif ou la perte de la viabilité financière, représente également un facteur de risque ».
Suicide senior : une association québécoise de retraités se dit préoccupée

L’AQRP poursuit en remarquant que chez les aînés américains, le ratio de suicide complété est de un décès pour quatre tentatives de suicide, alors que ce ratio est de un décès pour 25 tentatives dans la population en général. Il semble que les personnes âgées utilisent des méthodes de suicide plus létales et présentent généralement moins d'ambivalence face à ce geste fatal.

Dans ce contexte et à l'instar de l'Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), qui organise la Semaine de prévention du suicide, l'AQRP souhaite sensibiliser la population à l'importance d'être vigilants et attentifs aux indices de détresse et aux comportements suicidaires, encourager les personnes suicidaires, leur entourage et les personnes endeuillées par le suicide à sortir de l'isolement et à demander de l'aide, et informer la population de l'existence de la ligne 1 866 APPELLE (pour le Québec uniquement).

Fondée en 1968, l'AQRP s’annonce comme la principale association indépendante représentant l'ensemble des retraités des secteurs public et parapublic au Québec. Elle accueille plus de 21.000 membres provenant des gouvernements du Québec et du Canada, des sociétés d'Etat et des municipalités du Québec, ainsi que des réseaux québécois de la Santé et de l'Education. Sa mission est de promouvoir et défendre les droits et intérêts économiques, financiers, culturels, intellectuels et sociaux de ses membres.

Le suicide des seniors en France

En France, le taux de suicide chez les hommes de 84 ans et plus, est dix fois plus élevé que chez les 15/24 ans, indique une étude publiée au printemps dernier par le ministère de la Santé. Ce phénomène, qui risque de prendre de l'ampleur avec le vieillissement de notre population, reste pourtant très méconnu du grand public, voire carrément tabou. Pourtant, les chiffres sont là.

La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), en charge de cette étude, souligne que « le taux de mortalité par suicide augmente avec l'âge, mais différemment selon le sexe. Chez les hommes, on observe une première augmentation entre 15 et 34 ans, avec une relative stabilisation entre 35 et 54 ans, autour de 36 à 39 décès par suicide pour 100 000 hommes. Ce taux diminue modérément jusqu'à environ 64 ans puis est suivi d'une augmentation importante jusqu'aux âges les plus élevés (atteignant 60 pour 100 000 hommes de 75 à 84 ans et 124 pour ceux de 85 ans ou plus) ».

« Le taux de décès par suicide des hommes est ainsi dix fois plus élevé après 84 ans qu'entre 15 et 24 ans » constatent les statisticiens qui précisent que « chez les femmes, l'augmentation est plus modérée avec une stabilisation entre 35 et 84 ans, puis une légère hausse chez les plus âgées (21 pour 100 000 femmes de 85 ans ou plus) ». Il faut en outre noter que, pour les âges élevés, le décès des personnes consécutif à un « syndrome de glissement* » n'est pas comptabilisé comme suicide.

Pour conclure, "si l'on parle davantage du suicide des adolescents, pour lesquels il s'agit effectivement d'une des principales causes de décès à un âge où l'on meurt peu de maladie, les personnes âgées sont donc, en proportion, nettement plus concernées par le suicide" souligne la Drees en précisant qu'au total, "les taux de suicide les plus élevés s'observent chez les hommes veufs, et les moins élevés chez les femmes mariées âgées de moins de 65 ans".

* Ce syndrome correspond, chez la personne âgée, à une perte de l'élan vital avec refus d'alimentation, dégradation très rapide de l'état général conduisant en très peu de temps au décès.

Numéros utiles :
SOS amitié 0820 066 066
Suicide écoute 01 45 39 40 00
SOS dépression 01 40 47 95 95


Publié le Mercredi 7 Février 2007 dans la rubrique Société | Lu 3966 fois