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Suicide des seniors : certains types d'antidépresseurs mis en cause

Une récente étude canadienne réalisée pour le compte de l’Institut de recherche en services de santé de Toronto montre que certains antidépresseurs prescrits aux sujets âgés risqueraient d’augmenter les risques de suicide dans cette catégorie de la population, indique un récent article de la Presse Canadienne.


Ainsi, selon cette nouvelle étude réalisée d’après l’analyse de différents rapports, dossiers et données issus d’hôpitaux locaux datant de 1992 à 2000, l’équipe du Dr David Juurlink de l’Institut de recherche en services de santé de Toronto, a répertorié 1.142 suicides parmi les Ontariens seniors.

Les chercheurs ont ensuite examiné si ces personnes avaient reçu des prescriptions d’antidépresseurs au cours des six mois précédant leur décès.

Première constatation : la plupart des seniors qui s’étaient suicidés ne s’étaient pas faits prescrire d’antidépresseurs. Cependant, chez ceux qui se faisaient soignés, les risques d’augmentation de suicide ont été multipliés par cinq au cours du premier mois de traitement avec des antidépresseurs de type « inhibiteurs sélectifs de la re-capture de la sérotonine » (ISRS) –Prozac, Paxil ou Zoloft- par rapport à ceux qui étaient traités avec d’autres remèdes contre la dépression, type Elavil par exemple.

Si la prévalence au suicide demeure « très faible » indique le Dr Juurlink, il faut rester vigilant dans la mesure ou une personne âgée sur dix, voire plus, se fait traiter avec ces ISRS. « Même si le risque de se suicider, associé à ce médicament est très faible, si on le multiplie par le nombre de patients qui prennent ce type d'antidépresseurs (et ils sont des millions de Canadiens a en faire usage), c'est un grand nombre de personnes qui risquent d'être aux prises avec un effet secondaire très grave » remarque le Dr Juurlink. .../...
Suicide des seniors : certains types d'antidépresseurs mis en cause

En 2004, ce même docteur indiquait déjà que sur l’ensemble des suicides qui avaient lieu chaque année au Canada, plus d’une personne sur dix était âgée d’au moins 65 ans. Et de préciser que les personnes âgées seraient plus à même de mettre fin à leurs jours en raison de problèmes de santé courants.

Son étude mettait également en exergue les liens entre certaines maladies et le taux de suicide des personnes âgées. Ainsi, les problèmes cardiaques, respiratoires, l'épilepsie, la dépression et l'angoisse, les désordres psychotiques et les douleurs aiguës sont associés à un risque de mort volontaire particulièrement élevé. Et le taux de suicide est encore plus important chez les patients suivis pour plusieurs de ces pathologies.

D’autre part, il est assez déroutant de constater que la moitié des personnes ayant mis fin à leurs jours ont rendu visite à un médecin la semaine précédant leur geste. Cela en dit long sur la prise en charge insuffisante et insatisfaisante des personnes âgées les plus vulnérables.

Une étude menée par l'Université américaine de Rochester, publiée en 2004, insiste sur la nécessité de mieux cerner et mieux prévoir la dépression chez les personnes âgées. Les changements d'humeur ou le manque de tonus sont souvent considérés comme les simples corollaires de la vieillesse. Ils sont parfois les premiers symptômes d'une détresse pouvant conduire au suicide.

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Publié le Mardi 2 Mai 2006 dans la rubrique Santé | Lu 6378 fois