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Soins aux personnes âgées : le rôle de la famille va rester prépondérant (étude)

Selon une nouvelle étude de l'Observatoire suisse de la santé (Obsan), qui dresse un état des lieux des soins aux personnes âgées en Suisse, la solidarité intergénérationnelle ne diminuera pas dans les prochaines décennies et la famille conservera un rôle essentiel dans ce domaine. Toutefois, afin de surmonter les défis poser par le vieillissement de la population, une meilleure coordination entre aide informelle et assistance professionnelle doit être envisagée et certaines régions devront développer leurs services d’aide à domicile.


Selon cette nouvelle étude, environ 40% des personnes nécessitant des soins vivent actuellement dans des institutions de soins. Les 60% restants sont donc assistés à la maison par des proches, des services de soins à domicile ou des connaissances. Dans un tiers des cas, l'assistance est assurée principalement par le ou la partenaire. Les enfants, notamment les filles, sont aussi beaucoup impliqués.

Et l’Obsan d’ajouter que de nos jours, on affirme souvent que la solidarité se désagrège et qu'il faudrait donc davantage de places dans les établissements médico-sociaux ou confier l'intégralité des soins à domicile à des services professionnels. Pourtant, selon les auteurs de cette étude, François Höpflinger et Valérie Hugentobler, une baisse de la solidarité n'est pas à craindre. A l'avenir également, partenaires et famille auront le rôle principal, d'autant que le potentiel de l'aide informelle augmentera à moyen terme, car les personnes très âgées seront plus nombreuses qu'auparavant à vivre encore en couple et à avoir des descendants. La tendance ne devrait s'inverser qu'à partir de 2030.

Les établissements médico-sociaux et les services de soins à domicile ne supplantent pas l'aide fournie par la famille et les amis

Dans les discussions politiques, on émet souvent la crainte que le développement des établissements médico-sociaux et des services de soins à domicile ne provoque la disparition progressive de l'aide et des soins dispensés par des proches et des connaissances. Dans leur données, les auteurs de l'étude n'ont pas trouvé de quoi alimenter cette crainte. Les soins professionnels et ceux prodigués par les proches et les connaissances sont davantage des éléments complémentaires.

Il ressort aussi des données de « l'Enquête suisse sur la santé 2002 » que les prestations des services de soins à domicile sont souvent fournies en combinaison avec l'aide apportée par des proches et des connaissances. Ainsi, plus de 69% des personnes âgées ayant sollicité des prestations de la part des services de soins à domicile bénéficient en même temps d'une aide provenant de leur réseau social (proches, connaissances, voisins).

L'assistance et les conseils des professionnels font donc partie du contexte d'activité des soins de longue durée et assurent une continuité dans les soins.

Le développement des services de soins à domicile est nécessaire dans certaines régions

Les gens sollicitent davantage les services de soins à domicile, à partir de 80 ans, âge où ils souffrent alors souvent de plusieurs maladies simultanément. Environ 40% des personnes de plus de 79 ans vivant chez elles recourent aux prestations des services de soins à domicile. Les offres dans ce domaine diffèrent parfois considérablement selon les régions. Le développement des prestations des services de soins à domicile pour les personnes âgées est supérieur à la moyenne dans trois petits cantons alémaniques (Obwald, Nidwald et Appenzell Rhodes-Intérieures) ainsi qu'à Bâle.

L'aide et les soins à domicile sont également bien développés dans les cantons de Vaud, Neuchâtel, Jura et Genève. Les cantons suivants présentent par contre un déficit dans ce domaine : Lucerne, Uri, Schwytz, Glaris, Zoug, Schaffhouse et Tessin. Selon
l'étude, les services de soins à domicile mériteraient une certaine extension dans ces cantons, du moins au niveau régional.

Une meilleure coordination entre aide informelle et assistance professionnelle

Même si cette étude ne décèle pas un amoindrissement de la solidarité et de la disposition des proches à aider les personnes tributaires de soins, des défis considérables devront être relevés dans le domaine des soins aux personnes âgées. Dans une autre étude de l'Observatoire de la santé réalisée par les mêmes auteurs, ces derniers ont constaté que le nombre des personnes nécessitant des soins va augmenter à l'avenir. Il y a actuellement en Suisse entre 109.000 et 126.000 personnes âgées se trouvant dans ce cas (soit environ 10% des plus de 64 ans). D'ici à 2020, ce nombre oscillera entre 126.000 et 150.000, ce qui représente une progression de
l'ordre de 16 à 19%.

Cette étude rappelle l'importance de l'aide informelle, laquelle ne peut cependant pas fonctionner sans un appui professionnel. Ce fait doit être pris en considération aussi bien dans la formation que dans la planification des activités touchant les soins de longue durée. « Cette étude nous amène en définitive à réfléchir si l'on veut à l'avenir soigner là où l'on vit ou si l'on veut vivre là où l'on soigne », dit Hélène Jaccard Ruedin de l'Observatoire suisse de la santé. Mais l'étude montre aussi que les soins resteront à la fois une tâche privée et une tâche publique.

L'Observatoire suisse de la santé (Obsan) est une unité organisationnelle de l'Office fédéral de la statistique. Il a été créé dans le cadre du projet Politique nationale suisse de la santé. Son mandat de prestations est défini par la Confédération et par les cantons.

L'Obsan analyse les informations existant en Suisse dans le domaine de la santé. Il soutient la Confédération, les cantons et d'autres institutions du secteur de la santé publique dans leur planification, leur prise de décisions et leurs actions.


Publié le Lundi 22 Août 2005 dans la rubrique Social | Lu 16033 fois