Sommaire
Senior Actu

Seniors et jeunes : des inégalités face au coûts du logement

Une étude réalisée par le Centre d’analyse stratégique (ex-Commissariat au Plan), consacrée à « l’hétérogénéité des ménages face au coût du logement » montre que dans ce domaine précis, il existe en France une véritable fracture entre les moins et les plus de 50 ans. Les premiers étant bien évidemment de plus en plus touchés par cette problématique contrairement aux seconds, « moins sensibles » à l’inflation de l’immobilier.


A l'origine de cette étude, l'analyse de l'indice à la consommation des prix (IDC) -sous le feu d'une polémique plus générale concernant son mode de calcul- qui ne donne, selon le Centre, qu'une « vision incomplète du coût du logement, alors que celui-ci est au coeur des dépenses contraintes des ménages et influence donc fortement le pouvoir d'achat ».

Ainsi, comme le souligne cette étude, « l’approche par âge coïncide avec les résultats des enquêtes de patrimoine : d’une part, la génération des « baby boomers » semble avoir bénéficié de conditions plus favorables pour constituer un patrimoine que les générations suivantes ; d’autre part, les jeunes entrent aujourd’hui plus tardivement dans la vie active et l’héritage intervient à un âge plus avancé, différant dans le temps la constitution d’un patrimoine ». .../...
Seniors et jeunes : des inégalités face au coûts du logement

Ce phénomène renforce les écarts apparents entre générations. De fait, entre 1988 et 2002, la proportion de jeunes propriétaires de leur logement a diminué, accroissant mécaniquement la proportion de jeunes locataires. Cette tendance s’est appliquée également aux 30-40 ans, qui sont locataires pour 51 % d’entre eux en 2002 contre 46 % en 1988.

« Inversement, les ménages plus âgés, notamment les plus de 65 ans, sont plus fréquemment propriétaires en 2002 (71 %) qu’en 1988 (54 %) » indiquent les auteurs de cette étude. Et de préciser que « les jeunes sont ainsi particulièrement sensibles à l’évolution des prix immobiliers, qui les aurait détournés sur la période de l’accession à la propriété ».

Cette différenciation des sensibilités au coût du logement se dégage de manière frappante de l’évolution du pourcentage de propriétaires non accédants (c'est-à-dire ayant fini de financer l’achat de leur logement) sur la période : il stagne parmi les jeunes classes d’âge, alors qu’il augmente régulièrement chez les classes plus âgées.

En niveau, un net décrochage s’observe au-delà de 50 ans, âge à partir duquel les propriétaires non accédants représentent plus de 50 % des ménages alors qu’ils sont moins de 20 % en deçà. Ainsi, une part croissante des plus de 50 ans n’est plus sensible au problème du coût du logement alors que les moins de 50 ans y restent exposés dans leur vaste majorité.


Publié le Mercredi 13 Décembre 2006 dans la rubrique Société | Lu 2483 fois