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Senior Actu

Seniors et alcoolisme : un thème trop souvent tenu secret et oublié

En Suisse « environ 73 000 personnes âgées de 65 ans et plus ont une consommation chronique d’alcool, à risque moyen à élevé, et mettent ainsi leur santé en danger » indique un communiqué de la Fondation ISPA (Institut suisse de prévention de l’alcoolisme et autres toxicomanies). Cependant, comme leur dépendance reste souvent méconnue, ou tolérée par leurs proches et par le personnel soignant, elles sont peu nombreuses à recourir à un centre spécialisé de traitement. Pourtant, au vu du vieillissement croissant des populations occidentales, il devient de plus en plus urgent de se préoccuper de ce phénomène qui pourrait devenir, à terme, un véritable problème de santé publique.


Les seniors souffrant de problèmes d’alcool ne se font souvent pas remarquer. La plupart du temps, ils ont quitté le monde du travail et n’ont plus autant de contacts sociaux qu’avant. Par ailleurs, beaucoup de personnes âgées ont énormément de peine à parler de leur dépendance et plus encore, à recourir à une aide professionnelle.

En Suisse, 6,4% des aînés, soit environ 73 000 personnes, boivent d’une manière qui les expose à des risques moyens à élevés.

Un risque moyen est encouru par une personne qui consomme en moyenne deux boissons standard par jour (femmes) ou quatre boissons standard par jour (hommes), le risque devenant élevé à quatre (femmes) ou six boissons standards (hommes) par jour.

Des quantités importantes d’alcool nuisent très gravement à la santé des personnes âgées : leur liquide corporel étant moins volumineux, la même quantité d’alcool entraîne chez elles une concentration d’alcool nettement plus élevée que chez des personnes plus jeunes. Le risque de voir apparaître des effets nuisibles sous la forme de lésions organiques, d’accidents, de chutes, de troubles du sommeil et de troubles psychiques augmente d’autant.

L’idée, largement répandue qu’il ne vaut plus la peine d’entreprendre un traitement chez une personne âgée est fausse : d’une part, les chances de réussite d’un traitement sont plus grandes chez les patients âgés, qui sont par exemple moins nombreux à arrêter le traitement que les plus jeunes. D’autre part, les personnes de 65 ans ont statistiquement encore un quart de leur vie devant elles. Or, le fait qu’une personne soit alcoolodépendante ou non durant cette période influence considérablement sa qualité de vie et celle de ses proches.

En novembre dernier a eu lieu en Suisse, la 9ème Journée nationale de solidarité avec les personnes touchées par l’alcool, qui visait à sensibiliser le grand public au thème : « Aînés et problèmes d’alcool ». Cette sensibilisation avait pour but de permettre aux personnes touchées ainsi qu’à leur entourage, de trouver plus facilement un soutien professionnel.

A cette occasion, la Fondation ISPA (Institut suisse de prévention de l’alcoolisme et autres toxicomanies) a publié en collaboration avec ses partenaires, une brochure intitulée « Les aînés et l’alcool » qui propose des conseils pratiques permettant d’aider ces aînés.

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Crédit photo © Jean-Philippe Tarot


Publié le Mardi 7 Mars 2006 dans la rubrique Bien-être | Lu 10460 fois