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Russie - Le système de retraite, dépassé, oblige les retraités à retourner au travail


Comme ses voisins occidentaux, le système de retraite russe n’est pas épargné par la crise financière, en dépit d'un taux de cotisation largement supérieur au notre, de pensions sensiblement inférieures, et d'un équilibre démographique plus favorable. L’exemple de cette retraitée de 55 ans est représentatif : « Lorsque je suis parti à la retraite, j’ai voulu faire un bilan de santé pour la première fois de ma vie. Tous les docteurs m’ont diagnostiqué des maux dont je n’avais jamais entendu parler et prescrit de nombreux de médicaments. Ma pension n’aurait pas pu payer la moitié des 18 médicaments de l’ordonnance, certains à des prix prohibitifs ». A celà s’ajoute l’aide financière apportée aux enfants et aux petits-enfants ; « j’ai donc décidé de retourner au travail et je touche désormais un salaire chaque mois, en plus de ma pension ».

« Au-delà des carences de gestion, le problème russe réside dans l’absence de contributivité : les pensions de retraites sont identiques quelle que soit la carrière passée et le montant des cotisations versées. Un égalitarisme extrême, malgré des disparités de salaires importantes, qui n’incite pas au versement de cotisations ». « La notion de salariat y est de plus en plus floue : le versement des salaires est irrégulier, le travail au noir reste un recours souvent nécessaire, les entreprises cotisantes sont rares et le système étatique reste rigide face aux réformes », expliquait dans « Le Monde », Antoine Delarue, directeur du Servac, cabinet d’audit d’organismes sociaux.

Au final, les pensions dépassent difficilement le seuil de pauvreté fixé par le gouvernement russe à 2 137 roubles -64 euros. La vice-Premier ministre Galina Karelova, vient d’annoncer que 33 millions de russes vivaient encore sous le seuil de pauvreté, soit neuf millions de moins que l’année dernière mais toujours un russe sur quatre. Les retraités sont évidemment une tranche très vulnérable de la population, et une pension qui dépasse le seuil fatidique de pauvreté les déduit automatiquement des statistiques officielles sans pour autant leur donner plus de revenus. « L'arriération de notre système de retraite est bel et bien ce qui nous sépare, tel un mur de pierre, du reste du monde civilisé. Plus de travail, plus de vie non plus : c'est la loi de la Russie. » écrivait en 2001 Elena Tokareva, une journaliste de « l’Obchtchaïa Gazeta », un hebdomadaire russe.


Publié le Vendredi 29 Août 2003 dans la rubrique Retraite | Lu 671 fois