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Royaume-Uni – Les Britanniques tardent à consulter aux premiers signes d’Alzheimer


Les Européens n’agissent pas de la même façon face aux premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer, c’est ce qu’indique l’étude rendue publique fin juin sur laquelle s’appuie l’agence Reuters le 29 juin pour mettre l’accent sur la mauvaise conduite des Anglais.

Alors que les Allemands attendent en moyenne 10 mois après les premiers signes de la maladie, à savoir les troubles de la mémoire et de l’orientation, avant de consulter un médecin, les Italiens patientent 14 mois et les Français 2 ans. Les Britanniques quant à eux, sont les plus réticents à se faire diagnostiquer. Il leur faut en général 32 mois avant de se résoudre à une visite médicale.

Il s’agit d’un constat alarmant. Près de la moitié des patients (49%) sont diagnostiqués pendant les phases modérées et sévères de la maladie. Pour 3% d’entre eux, il est d’ailleurs trop tard pour un quelconque traitement.

Comme le souligne le Dr David Wilkinson, psychiatre à l’hôpital Moorgreen de Southampton, « il faut faire passer le message que la maladie d’Alzheimer est très courante chez les personnes âgées mais qu’elle n’est pas une conséquence normale du vieillissement. » Cela s’avère difficile quand plus de 58% des personnes interrogées considèrent la maladie comme telle.

64% des sondés admettent qu’ils n’ont pas jugé bon de consulter car ils refusaient de voir la réalité en face. 72% des soignants reconnaissent que la peur de la sentence empêche les personnes de faire le premier pas. Ils sont 80% à penser que le gouvernement n’investit pas suffisamment en la matière et sont d’ailleurs rejoints par 70% des médecins interrogés.

Les autorités sanitaires se heurtent au stoïcisme de la population qui, par crainte du diagnostic, préfère attendre.

Pourtant, on estime à 12 millions le nombre de malades d’Alzheimer dans le monde. Première cause de démence chez les personnes âgées, il n’existe à l’heure actuelle aucun remède mais un dépistage précoce permet de garantir à la personne malade une meilleure prise en charge.

L’étude, réalisée par l’agence Millward Brown, se base sur 2 550 interviews de médecins, patients, soignants et conjoints de malades en France, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne, en Pologne et en Allemagne.

L’importance d’un diagnostic réalisé dans les premières phases de la maladie a d’ailleurs été mise en exergue par les recherches du Dr Richard Caselli, chef du service de neurologie de la clinique Mayo, Scottsdale, Arizona. Selon lui, un Américain sur cinq serait porteur d’un gène à l’origine d’Alzheimer.

L’étude menée sur 100 personnes âgées de 50 à 59 ans a démontré que seuls des tests précoces permettent un suivi adéquat de la maladie. Cependant, outre la réticence des patients à aller consulter, le corps médical porte plus volontiers son attention sur les personnes âgées de plus de 70 ans, omettant que les signes précurseurs de la maladie peuvent survenir bien plus tôt.


Publié le Jeudi 1 Juillet 2004 dans la rubrique Santé | Lu 9721 fois