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Robert Charlebois, 63 ans, un album et une tournée européenne très rock !

Le chanteur français Alain Bashung a dit de lui qu’il fut un des premiers à introduire l’ironie dans la chanson québécoise, sur des airs de rock, de blues et de country. Rencontre avec cet auteur-compositeur, musicien, interprète et ancien brasseur de bière, qui vient de sortir « Tout écarquillé », un tout nouveau Best of de 15 titres.


Nos Tendres et Douces Années : Vous revenez en France après une tournée triomphale au Québec. C’est important pour vous de retrouver le public français ?

Robert Charlebois : J’ai, depuis deux ans, écumé le Québec à fond, ce que je n’avais jamais fait. 160 shows en une année, c’est quelque chose… Même dans les années 70, au plus fort de la psychédélie, je n’ai jamais fait plus de 80 shows dans l’année en incluant la France.

160 shows uniquement au Québec donc, avec pour terminer le Centre Bell, l’équivalent de Bercy. Ensuite, un en Suisse à Pully. Je suis d’ailleurs un peu l’instigateur de ce festival québécois que les Suisses organisent tous les deux ans. Après la Suisse je suis passé par Paris, à la Cigale. Savez-vous ce qui est primordial pour moi, c’est que je n’ai jamais vraiment quitté la France. Mais je ne faisais rien d’important. J’étais dans une espèce de routine de tournées provinciales et j’attrapais toujours le même public. Merci mon Dieu qu’il soit toujours là après quarante ans, c’est un miracle, comme on dit. .../...
Robert Charlebois copyright Sylvain Dumais

En mai 2006, vous étiez à la Cigale avec un spectacle plus rock que jamais. Que nous réservez-vous cette année ?

R.C. : C’est un nouveau spectacle, rock, mais pas rock qui fait saigner du nez tout de suite. Pendant une demi-heure c’est plutôt acoustique et petit à petit on fait monter la pression. Et, faire monter la pression, je m’y connais : j’ai été brasseur pendant treize ans ! C’est un spectacle conçu comme ça, on commence doucement et petit à petit il y a trois batteries, trois guitares électriques et pas de piano, comme ça on annonce la couleur. J’avais envie de changer, j’avais envie d’autre chose.

Lors d’un festival, l’été dernier, il étaient 150 000 personnes et non seulement je suis allé chercher les jeunes, mais les anciens sont venus aussi. C’est extraordinaire d’être devant un public de jeunes de 18 à 25 ans. Ils étaient debout, devant la scène, et ça c’est formidable. C’est extrêmement émouvant et bouleversant de se retrouver devant un public multi générationnel.

Robert Charlebois copyright Sylvain Dumais

Le meilleur de Charlebois “Tout écartillé” est sorti en France le 19 mars dernier. Ce best of comporte quinze titres. D’après vous quel est le titre que le public français ou européen associe-t-il à votre nom ?

R.C. : Pas uniquement en France, mais en Suisse, en Belgique et peut être en Roumanie… Pour une raison complètement “paramusicale”, c’est Je reviendrais à Montréal, parce que les gens associent : Charlebois, Montréal, Québec.

Il y a aussi Les ailes d’un ange, Ordinaire chanson de métier que tout le monde connaît bien, Lindberg bien sûr, Je veux de l’amour et, je sais que Patrick Sébastien l’adore. Il souhaite d’ailleurs que je vienne la chanter dans son émission “Les années bonheur”, et surtout pas en pot-pourri, mais intégralement. Il y en a pas mal quand même !

Pour votre précédent album « Doux-sauvage », vous aviez écrit tous les textes. C’était une nécessité pour vous de revenir à l’écriture ?

Robert Charlebois, 63 ans, un album et une tournée européenne très rock !
R.C. : Absolument ! J’ai eu une période où je me suis laissé bercer, par habitude. J’écrivais deux, trois chansons et surtout ma tête était ailleurs, je brassais de la bière. Pendant treize ans, j’ai eu deux casquettes égales, mais il y a toujours un moment où l’une est au détriment de l’autre.

Après avoir mixé des bières, trouvé de nouvelles saveurs ou de nouveaux noms, je me suis sorti de ça, pour plusieurs raisons ; la principale étant que ce métier n’était pas vraiment idéal pour un alcoolique (rires), n’ayons pas peur des mots. J’ai tout laissé tomber il y a trois ans et là où beaucoup de gens perdent leur vie dans l’alcool, moi j’ai réussi la mienne au point d’arrêter de boire.

Quels sont vos projets ?

J’ai écrit treize nouvelles chansons, qui seront prêtes quand elles seront prêtes, je n’ai pas de couteau sous la gorge. Je ne veux pas faire un disque pour faire un disque, en faisant aussi bien ou moins bien que ce que j’ai déjà fait. Pourquoi, pourquoi…?

J’ai déjà tellement de chansons et lorsque je fais un show, je ne sais pas dans quoi puiser et je suis obligé à chaque fois d’en laisser de côté. Il faut amener du nouveau. On arrive à un point dans notre vie où on pourrait faire ça à l’infini et c’est pour ça qu’il est bon de varier, de changer, d’aller vers les jeunes. Et je ne dis pas que je vais faire du rock toute ma vie. Avec le rock, on est limité par l’énergie. Ce n’est pas basé sur la finesse et la subtilité, c’est basé avant tout sur l’énergie et, en arrêtant de boire je me suis retrouvé avec une énergie décuplée. Mais, ce n’est pas infini non plus, il faut savoir en profiter et je suis encore dans mes bonnes années.

Propos recueillis par Liliane Boyer
Site Internet officiel de Robert Charlebois


Publié le Vendredi 30 Mars 2007 dans la rubrique Culture | Lu 6414 fois