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Richard Anthony : 48 ans de succès et un retour sur les planches avec Âge tendre et Têtes de bois

À la fin des années 50, la musique change, les jeunes veulent écouter autre chose que la musique de leurs parents, ils s’attribuent très vite leurs propres chanteurs de rock, de jazz et de pop. Richard Anthony fait partie de cette “Nouvelle Vague”, titre de son premier succès, un tube prémonitoire, qui déferle sur les juke-box Wurlitzer et dans les écoles !


© Jean-François Maigre
Sans être un chanteur de rock, Richard Anthony est parmi les premiers, en France, à populariser ce style musical avec des reprises adoucies de succès américains et anglais. Son adaptation de “Five Hundred Miles” qu’il a intitulée en français “Et j’entends siffler le train” s’est vendue à 1,2 millions d’exemplaires.

Une idole est née, désormais Johnny devra compter Richard parmi ses principaux rivaux pour la course à la première place des hit-parades de Salut Les Copains, l’émission de radio de Daniel Filipacchi sur Europe 1. Après l’arrivée du disco, de nombreux grands artistes ont décidé d’arrêter la course aux tubes, Richard est de ceux-là, il préfère se reposer au soleil de la Côte d’Azur où il séjourne désormais, sans toutefois laisser tomber son public qui lui demande régulièrement de revenir sur scène.

Alors pour satisfaire ses fans, qui sont nombreux, il remonte sur les scènes de France pour interpréter de nouveau ces airs que personne n’a oubliés. En 2006, il fait partie du spectacle “Âge Tendre et Têtes de Bois”, qui réunit plusieurs stars de cette fantastique décennie des années 60. Le succès étant au rendez-vous, Richard a répondu aux questions du magazine Nos Tendres et Douces Années (NTDA), concernant l’avenir de ce spectacle qui n’est pas prêt de s’arrêter…

Vous avez retrouvé l’ambiance des années 60, celle de vos débuts, grâce à la tournée « Âge Tendre et Tête de Bois ». Comment se déroule cette tournée pour vous et quels souvenirs gardez vous des représentations ?

Richard Anthony : Je m’amuse comme si c’était une récréation. Les artistes réunis sur scène sont tous des copains, ça fait des années que je tourne avec Leny Escudero par exemple ou bien Frank Alamo, qui est un ami d’enfance. On était à l’école ensemble et puis j’ai tellement fait de tournées avec lui.

Jean-Jacques Debout est également un camarade de longue date, j’étais là quand il a rencontré Chantal Goya, je suis le témoin du commencement de leur histoire d’amour. Alors, vous pouvez imaginer l’ambiance dans les coulisses et sur scène, on rigole beaucoup, surtout après le concert quand on a quelques verres dans le nez ! (Rires). Pour vous donner un exemple, un soir j’ai dit à Leny qu’il avait blanchi, il m’a répondu : “Et toi, t’as pas grossi ! ? !” et on rit.

C’est vraiment comme une réunion de vieux copains, les vieilles piges qui tiennent toujours debout et qui s’amusent toujours autant, pour le public, mais aussi pour notre plaisir, il faut être sincère.

Quelles sont les chansons que vous interprétez sur scène ?

Richard Anthony : J’arrive juste après “Les Machucambos” qui ont mis le feu à la salle avec “La Bamba”, alors c’est difficile d’attaquer après un tel chaos. Quand j’arrive, je calme un peu le jeu avec “Ce monde” que je fais en entier, tout comme “Et j’entends siffler le train”, sinon je me fais lyncher par mon public (Rires). C’est mon plus gros tube, je suis obligé de le chanter ! D’ailleurs quand les dernières mesures de la chanson arrivent, je rajoute un message personnel à mon public, je chante : J’entendrais siffler ce train… grâce à vous… toute ma vie.

Ensuite, puisque je ne peux pas tout faire, il faut bien que les autres puissent chanter aussi, je fais deux pots-pourris pour n’oublier aucun de mes tubes. Le premier démarre avec “Nouvelle Vague”, “Fiche le camp Jack”, “C’est ma fête”, “Donne-moi ma chance”, “Tchin Tchin” et le deuxième avec tous les autres “Le sirop Typhon”, “La terre promise”, “Let’s twist again”, “À présent tu peux t’en aller” et j’en oublie sûrement.

© Jean-François Maigre
Cette tournée remporte un franc succès, comment le vivez-vous sur scène avec le public ?

Richard Anthony : C’est extraordinaire ! À plusieurs reprises, je bois de l’eau sur scène entre chaque chanson, et lorsque vient le moment de commencer mon 2ème pot-pourri, je porte la bouteille au goulot et je fais : “Buuuuu…”… Et à ce moment-là, le public comprend immédiatement et reprend en chœur : “Buuuvons, buvons, buvons, le sirop Typhon, Typhon, Typhon”. C’est drôle et touchant à la fois.

Le même exemple survient, lorsque je fais semblant de chercher ma femme dans la coulisse et que je dis : “Qu’est ce qui m’arrive aujourd’hui…” Et le public de me répondre : “Je suis amoureux de ma femme ! !”. Et l’orchestre de reprendre la chanson. Une autre chose amusante arrive quand ma grande copine de tournées, Nancy Holloway, qui arrive juste après moi, dit : “Puisqu’à présent tu peux t’en aller, moi je devrais te dire : T’en va pas comme ça” (Rires). On fait des petits sketchs, entre nous, pour enchaîner les chansons ce qui montre notre complicité. À la fin du spectacle, tous les artistes reviennent sur scène pour un twist endiablé, le public est debout et danse avec nous.

C’est incroyable, à Marseille on a fait deux fois 5.000 personnes, à Montpellier on a fait deux fois 4.000 personnes, c’est de la folie. On reprend à Paris au Zénith début novembre, c’est déjà complet, alors on rajouté des dates prévues deux mois plus tard. La tournée, quant à elle, reprend en octobre jusqu’en juin 2008. C’est vous dire à quel point les gens sont contents de nous retrouver tous ensemble.

Avez-vous été surpris du nombre de jeunes présents dans la salle, qui obligatoirement n’étaient pas nés pendant cette décennie magique ?

Richard Anthony : Vous savez, les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas comme nous on était à notre époque. En 1958, quand j’ai commencé, les jeunes ne voulaient plus entendre la musique de leurs parents, cela a été le début de la révolution musicale. Johnny est arrivé avec moi, puis ont suivi Cloclo, Eddy et les autres.

Aujourd’hui, cette musique est devenue intemporelle parce que c’est toujours une musique de jeunes, car les paroles sont simples et que la musique est rythmée. Quand les jeunes de maintenant regardent la Star Ac’, ils entendent ces chansons-là. Lorsqu’on est artiste, on chante pour que nos chansons passent à la postérité, c’est à ce moment-là seulement que l’on sait si on a fait du bon boulot. Je crois que les chansons que je reprends sur ce spectacle en sont de beaux exemples. Et c’est tout ce qu’un artiste doit espérer, que nos chansons durent, c’est tout.

À présent, quels sont vos projets ?

Richard Anthony : Ça fait 48 ans que je chante, j’ai enregistré 600 chansons; bon bien sûr, seulement 21 d’entre elles ont été numéro 1. À présent, je préfère me reposer à Cannes où je vis bien confortablement avec ma femme. Cela dit, il est vrai que je me suis remis à faire des mélodies et j’en ai retenu quelques unes.

J’ai aussi adapté des chansons anglaises en français, car je suis d’origine anglo-saxonne par ma mère et française par mon père. J’ai voulu mélanger mes deux cultures une nouvelle fois pour un futur album. J’ai repris des titres des années 80 et 90 comme par exemple : “I believe I can fly” qui est devenu “Avec toi je m’envole”. Sinon, vous pouvez me retrouver dans la compil’ du spectacle Âge Tendre et Têtes de Bois qui est déjà sortie avec une partie live et une partie enregistrement d’époque. Il y a aussi un DVD qui va sortir de l’intégrale du show très prochainement.

Propos recueillis par Christophe Daniel


Publié le Mardi 24 Octobre 2006 dans la rubrique Culture | Lu 13603 fois