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Retraites : les Français sont plus inquiets que jamais (étude)

Les résultats de la deuxième enquête de l’Observatoire du Cercle des Epargnants de la Retraite, réalisée en partenariat avec TNS Sofres et le groupe Generali, visant à recueillir l’opinion des Français et à comprendre leurs besoins spécifiques en matière de retraite, ont été présentés le 15 novembre dernier. Deux principaux enseignements en ressortent : inquiétude et inertie des épargnants.


Selon cet observatoire, pour les Français, la retraite est une question qui est toujours sans solution. Ils sont majoritairement inquiets (55% contre 15% de « plutôt confiants »). L’enquête souligne par ailleurs que le chômage et la question du pouvoir d’achat sont des sujets majeurs de préoccupation en 2005 et que le contexte socio-économique focalise l’attention des Français sur le court terme.

Si une majorité de Français plaident en faveur d’un système mixte -répartition et capitalisation- (59% des personnes interrogées), ils sont cependant nombreux à faire avant tout confiance aux pouvoirs publics : 45% des Français pensent en effet, que le principal acteur pour financer les retraites doit être l’Etat ou la Sécurité Sociale. De plus, presque six personnes sur dix (59%) considèrent que malgré l’arrivée des nouveaux produits destinés à financer la retraite, ils ne disposent pas aujourd’hui de solutions adaptées.

Par ailleurs et toujours selon cet observatoire, les Français « sont assez passifs en termes de comportement et d’information ». Tout d’abord, leur inquiétude sur l’avenir ne se traduit pas par une recherche accrue d’information sur la retraite. Entre 2004 et 2005, la part des Français qui se tiennent informés sur la retraite a baissé de façon significative (55% en 2005 contre 62% en 2004). Si un Français sur deux a le sentiment d’être bien informé sur le financement de sa retraite, seul un tiers estime être bien conseillé.

Ensuite, les Français n’ont pas été plus nombreux à épargner pour la retraite en 2005 qu’en 2004 (respectivement 37% et 36 %). En outre, ils en ressentent moins l’urgence cette année. Alors qu’ils étaient 20% en 2004 à vouloir épargner dans l’année, ils ne sont plus que 11% en 2005. La moitié (51%) pensent épargner dans un à cinq ans et 37% encore plus tard. Ce moindre sentiment d’urgence touche toutes les tranches d’âge.

En matière d’objectif d’épargne, la priorité des Français reste l’épargne de précaution même si le financement de la retraite est la seconde priorité. Qu’ils épargnent déjà pour leur retraite ou qu’ils envisagent de le faire, les Français placent leur confiance majoritairement sur des produits traditionnels. Pour financer la retraite, ils privilégient toujours l’assurance-vie (49 % de ceux qui épargnent et 51% de ceux qui envisagent de le faire). Mais on constate en 2005 une forte attractivité des comptes sur livret avec des intentions d’investissement en croissance de 11% au cours de la période.

Priorité à la sécurité, la rente et l’exonération fiscale des revenus d’épargne retraite

Cette deuxième enquête de l’observatoire met en exergue les trois critères privilégiés par les Français pour leurs placements retraite : la sécurité (42%) ; la rente plutôt que la récupération du capital, 39% des sondés préfèrent nettement un système de rente et enfin, l’exonération fiscale à la sortie (65% contre 32 % pour la déduction fiscale à l’entrée) est préférée, ce qui peut expliquer le succès de l’assurance-vie.

D’autre part, près d’un Français sur deux se déclare favorable à la souscription d’un PERP et 58 % d’entre eux connaissent le produit contre 60 % en 2004. Le taux d’équipement en PERP n’a d’ailleurs pas évolué entre les deux périodes (7,8 % contre 7,5 %). Les détenteurs de ce produit l’ont choisi avant tout, pour se constituer une rente et non pour bénéficier de l’avantage fiscal. Il a surtout été souscrit par des populations modestes : 50 % des détenteurs sont des ouvriers et des employés ; 64 % ont un revenu situé entre 900 et 3000 euros et 71 % sont âgés de 35 à 54 ans.

Toujours selon l’Observatoire, 44 % des non détenteurs envisagent de souscrire un PERP contre 48 % en 2004. Cette légère baisse constatée peut s’expliquer notamment par le nombre plus réduit des campagnes publicitaires.

Les Français et les fonds de pension : une adhésion mitigée

Les sondés s’avèrent partagés sur la question des fonds de pension. 52% déclarent en avoir entendu parler et ils sont une large majorité (82%) à considérer que ces fonds ont une forte influence dans la gouvernance des entreprises.

Toutefois, selon cet observatoire, l’adhésion au principe des fonds de pension à la française est plutôt faible : 50% ne sont pas favorables à la création de produits financiers plaçant l’épargne retraite dans le capital des entreprises ; 58% estiment que cela aurait un impact plutôt faible sur la gouvernance des entreprises.

Les résultats de cette deuxième édition de l’Observatoire du Cercle des Epargnants de la Retraite montrent qu’il convient de remobiliser, de mieux informer et d’inciter les Français à mieux préparer leur retraite, indique les responsables de cette étude. Et d’ajouter que « les Français privilégient aujourd’hui les placements traditionnels et à court terme en phase avec leurs inquiétudes en matière de chômage et de pouvoir d’achat. Une réallocation de leur épargne vers des placements à plus long terme s’avèr donc nécessaire ».
 


Publié le Lundi 21 Novembre 2005 dans la rubrique Retraite | Lu 1913 fois