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Retraite : plus de la moitié des Belges préfèrent épargner plus tôt que de travailler plus longtemps

La problématique des pensions et la politique des autorités en matière de vieillissement de la population ne font pas seulement travailler massivement les Belges, elles les inquiètent aussi de manière manifeste, indique un communiqué de l’assureur Delta Lloyd Life qui a commandité l’enquête nationale belge sur les pensions. Seuls 8% des Belges estiment ainsi que les autorités ont pris suffisamment de mesures au cours des dernières années afin de faire face au vieillissement de la population.


Les initiatives du gouvernement visent entre autres à inciter les Belges à travailler plus longtemps. Or, les Belges ne semblent pas du tout disposés à le faire. Au contraire, ils préfèrent encore commencer à épargner plus tôt pour pouvoir prendre leur pension autour de 60 ans.

Cette enquête démontre également que la majorité des Belges sont satisfaits de leur emploi et de l’équilibre entre leur travail et leur vie privée, mais qu’ils aspirent aussi à une vie plus calme. Les trois-quarts (73%) souhaitent consacrer davantage de temps à leur famille, leurs amis et leurs loisirs.

Dans cette optique également, les Belges ne sont pas prêts à travailler plus longtemps. Pour eux, l’âge idéal de la pension est de 60,5 ans. Une réduction des pensions légales n’inciterait que peu de nos voisins à travailler plus longtemps. En revanche, la motivation au travail constitue un puissant facteur pour rester actif plus longtemps.

Compte tenu de l’incertitude autour des pensions légales, les Belges s’organisent de plus en plus tôt et de différentes manières afin d’assurer leur avenir financier. Plus de la moitié (56%) des sondés ont déjà pris des mesures appropriées à cet effet.

Par rapport à 2005, ce sont surtout l’épargne-retraite, l’épargne régulière et les placements qui sont en hausse. Presque tout le monde (81%) estime nécessaire de prévoir sa pension le plus tôt possible. S’il faut choisir entre commencer à épargner plus tôt et travailler plus longtemps, la majorité opte aujourd’hui clairement pour la première solution. .../...
Retraite : plus de la moitié des Belges préfèrent épargner plus tôt que de travailler plus longtemps

En Belgique, les habitants aiment leur métier mais aspirent malgré tout à une vie plus calme, avec davantage de temps à consacrer à la famille, aux amis et aux loisirs. La grande majorité (91%) des Belges aiment leur travail et disent avoir atteint un bon équilibre entre travail et vie privée (70%). Les actifs se divisent clairement en deux groupes :
• 6 sur 10 sont motivés par leur carrière et la jugent importante pour leur épanouissement personnel. Pour près de 2 sur 10, leur carrière est si importante qu’elle se poursuit parfois au détriment de leur famille et de leurs amis. Ce chiffre est un peu plus élevé chez les indépendants (35%) et les cadres (27%).
• 4 sur 10 travaillent plutôt par nécessité et s’intéressent davantage à d’autres choses qu’au travail. Dans ce groupe, les employés, les fonctionnaires et les ouvriers sont en majorité.

Pourtant, les deux tiers des Belges ont envie d’une vie plus calme, avec moins de stress et de délais à respecter. Cette tendance est plus marquée chez les francophones (74%) que chez les néerlandophones (59%). Les trois-quarts (73%) souhaitent consacrer davantage de temps à leur famille, leurs amis et leurs loisirs. Plus d’un quart sont même disposés à sacrifier une partie de leur salaire pour devoir travailler moins dur.

Près de la moitié des répondants qui pensent travailler encore plus de 10 ans aimeraient le faire à temps partiel. Les motivations pour lever le pied sont cependant variées : pour une majorité, il s’agit d’un manque de passion pour leur travail, tandis qu’une minorité arguent d’une pression excessive au travail.

Toujours selon cette étude, pour le Belge, l’âge idéal de la pension est de 60,5 ans. Les personnes passionnées par leur métier sont disposées à travailler (un peu) plus longtemps (61,2 ans). Travailler moins dur pendant sa carrière n’aboutit pas nécessairement à une carrière plus longue : les âges les plus élevés pour la pension (61,6 ans) sont cités par les personnes qui prestent le plus d’heures, y compris le week-end, tandis que ceux qui travaillent dans des conditions normales souhaitent arrêter plus tôt (59,9 ans).

La majorité (67%) des Belges n’a pas envie de travailler après 60 ans. Ici aussi, la motivation et l’implication professionnelle jouent un rôle important. Le refus de travailler plus longtemps est le plus élevé (80%) chez les personnes qui considèrent leur travail comme une pure nécessité, alors que celles qui ont une passion pour leur métier sont disposées à prendre leur pension plus tard.

Bien que nettement en deçà de l’âge officiel de la pension, l’âge de 60,5 ans est tout de même plus élevé que l’âge moyen auquel les pensionnés de l’échantillon ont cessé de travailler (57,8 ans). S’ils pouvaient à nouveau décider de prendre leur (pré)pension, ils partiraient à 58,8 ans. Près d’un sur deux a pris sa pension volontairement (seulement un sur quatre chez les ouvriers).

Motivations pour travailler plus longtemps
Le Belge déclare qu’il serait prêt à travailler plus longtemps si :
• il devait travailler moins dur, sous la forme d’horaires plus flexibles et plus courts et avec davantage de jours de congé (47%) ;
• il se sentait encore en meilleure forme et en assez bonne santé (46%) ;
• il en avait besoin financièrement (45%).

Le top 3 des raisons d’une carrière plus longue sont le maintien des contacts sociaux, le fait de gagner de l’argent et la passion pour le travail. Soulignons que seuls 26% des sondés pensent qu’il y a suffisamment de travail pour les plus de 55 ans. Chez les indépendants, la faible protection sociale constitue l’une des principales motivations pour (devoir) rester actif plus longtemps.

Fait à signaler : si la pension légale était plus basse que prévu, le Belge n’adapterait pas son comportement immédiatement. Seule une minorité travaillerait davantage afin de pouvoir mettre plus d’argent de côté (7%) ou réduirait ses dépenses et se mettrait à épargner davantage (19%). Une réduction des pensions légales n’inciterait que peu de Belges à travailler plus longtemps.

Plus de la moitié des Belges actifs s’inquiète de sa future situation financière, tandis que « seulement » un quart des pensionnés se font actuellement des soucis. Même si l’importance de la pension légale a diminué par rapport à 2005, elle demeure une importante source de revenus pour 70% des sondés. 30 à 40% des Belges (principalement les employés et les ouvriers) sont même entièrement dépendants de la pension légale, alors que seuls 3 répondants sur 10 pensent que la pension légale suffira à couvrir leurs dépenses de base !

Compte tenu de leur incertitude quant aux pensions légales, les Belges s’organisent plus tôt et de différentes manières afin de se constituer une pension personnelle convenable. 56% des sondés déclarent avoir déjà pris des mesures appropriées afin d’assurer leur avenir financier, par exemple :
• Être propriétaire de son logement : 69%
• Épargner grâce à un plan d’épargne-pension donnant lieu à un avantage fiscal : 66%
• Avoir une assurance groupe : 45% (hommes : 54%)
• Mettre régulièrement de l’argent de côté sur un compte épargne : 45%

Presque tout le monde a entrepris au moins une action. Plus le revenu est élevé, plus on prend de mesures. Par rapport à 2005, les Belges entreprennent davantage d’actions : l’épargne-retraite, l’épargne régulière et les placements, surtout, sont en hausse.
L’assurance groupe reste sous-estimée et peut être améliorée : un assuré sur quatre n’a aucune idée du capital qu’il recevra à l’échéance. Alors qu’en 2005, les répondants donnaient encore la préférence à l’augmentation de salaire, l’augmentation de l’épargne-retraite offrant un avantage fiscal bénéficie maintenant d’une légère préférence.

En comparaison avec 2005, les répondants sont davantage convaincus qu’il vaut mieux commencer à épargner tôt. Presque tout le monde (81%) estime nécessaire de prévoir sa pension le plus tôt possible. S’il faut choisir entre commencer à épargner plus tôt et travailler plus longtemps, la majorité opte aujourd’hui clairement pour la première solution.

Politique des autorités
L’attitude des répondants par rapport aux actions des autorités en vue de faire face aux conséquences du vieillissement de la population est comparable à celle de 2005. La préoccupation demeure : 80% des Belges pensent que les pouvoirs publics ont des difficultés à financer les pensions légales. 72% craignent que les pensions légales diminuent à l’avenir. 44% pensent que les autorités vont faire évoluer l’âge de la pension à 67 ans et 8 sur 10 pensent que les possibilités de prendre sa pension plus tôt seront limitées.

Seuls 8% des Belges estiment que les autorités ont pris suffisamment de mesures au cours des dernières années afin de faire face au vieillissement de la population. Une majorité (69%) a déjà entendu parler du pacte de solidarité entre les générations mais ne sait pas exactement en quoi il consiste.

D’après les répondants, les points d’action suivants sont les plus appropriés pour les autorités afin de préserver le financement des pensions légales à l’avenir :
• constituer des réserves spéciales (23%) comme le Fonds de Vieillissement ;
• inciter les gens à épargner personnellement grâce à des formules d’épargne fiscalement avantageuses (23%) ;
• faire contribuer davantage d’actifs au financement en augmentant le taux d’activité (23%) ;
• introduire un système d’âge de la pension flexible (travailler plus longtemps : pension plus élevée / arrêter plus tôt : pension plus faible) (17%).

Les mesures les moins populaires sont l’augmentation de l’âge de la pension, l’abaissement des dépenses de pension et l’augmentation de la contribution de la population active.

Explication de la méthode d’enquête

L’enquête nationale sur la pension de Delta Lloyd Life a été menée auprès de 8600 répondants en Belgique. Les résultats ont été pondérés en fonction de la langue et du sexe afin d’obtenir un rapport correct entre les francophones (42%) et les néerlandophones (58%) ainsi qu’entre les femmes (52%) et les hommes (48%).

L’ensemble des répondants ne constitue pas un échantillon représentatif complet de la population belge :
• Le niveau d’études est plus élevé que celui de la population belge (2 sondés sur 3 ont fait des études supérieures contre 1 sur 4 dans la population)
• Le groupe des 25-65 ans est surreprésenté (9 participants sur 10 ont entre 25 et 65 ans contre 2 sur 3 dans la population)
• Le niveau d’activité est plus élevé que celui de la population belge (8 sondés sur 10 sont « actifs » contre 1 sur 2 dans la population)


Publié le Vendredi 2 Mars 2007 dans la rubrique Retraite | Lu 3416 fois