Retraite

Retraite : la grande vulnérabilité des femmes selon l’étude HSBC


Le groupe bancaire asiatique HSBC vient de publier une étude intitulée « La retraite, une affaire de familles » menée auprès de plus de 17.000 personnes dans dix-sept pays développés et émergents à travers le monde. Une grande enquête qui met en évidence la grande vulnérabilité des femmes face à la retraite. Détails.


Avant de dévoiler les principaux enseignemets de cette étude, rappelons que l'objectif de cette grande enquête était de comprendre les répercussions de l’allongement de l’espérance de vie sur le comportement des individus face à la retraite et à sa planification financière.

Ce deuxième volet s’intéresse plus particulièrement au rôle de la famille dans la préparation et la planification de la retraite, la place qu'y tiennent aujourd'hui les femmes à travers le monde avec un zoom sur les particularismes français par rapport au reste du monde.

Cette nouvelle étude met en évidence les éléments suivants :
En dépit des progrès de l’égalité entre les sexes, les femmes sont encore très vulnérables. En France, 58% des femmes quinquagénaires associent la retraite aux difficultés financières contre 36% des hommes du même âge.

La famille, une valeur refuge en France : les Françaises ne se posent pas la question de la retraite pour elles-mêmes, et ce, quel que soit le niveau de leurs revenus. C'est seulement une fois qu'elles se sont préoccupées de leurs enfants, de leur famille et de leur maison... qu'elles commencent à y penser. Sans trop de surprise, l'épargne des femmes va ainsi prioritairement aux enfants, au détriment de leur épargne-retraite.

Les hommes sont encore souvent en charge des postes budgétaires lourds (remboursement des emprunts, loyers, épargne retraite) alors que la responsabilité des femmes se porte plus sur le quotidien. En matière d’épargne, l’Orient est moins frileux que l’Occident vis-à-vis du risque financier. En dépit des progrès en matière d'égalité entre les sexes, les femmes sont encore très vulnérables

En France, 58% des femmes quinquagénaires associent la retraite aux difficultés financières contre 36% des hommes du même âge. En matière de gestion patrimoniale, toutes les études montrent que les hommes et les femmes adoptent des comportements très différents. Alors qu'elles vivent six ans de plus que les hommes et doivent donc provisionner des revenus complémentaires, les femmes sont moins proactives dans la constitution et la gestion de leur patrimoine.

Retraite : la grande vulnérabilité des femmes selon l’étude HSBC
Par ailleurs, la maternité a des conséquences sur les finances à long terme des femmes de deux manières :
- Les femmes sont beaucoup plus susceptibles que les hommes de cesser de travailler à un certain moment pour avoir des enfants ce qui implique des pertes financières, à court ou à long terme, pour celles-ci (47% des femmes dans le monde contre 15% des hommes).
- L’étude montre aussi que les femmes jouent un rôle moins actif dans la planification financière du ménage une fois que les enfants arrivent, ce qui n’est généralement pas le cas pour les hommes lorsqu’ils deviennent pères. Ainsi, pour la moitié, elles arrêtent de travailler à plein temps et se trouvent lésées aussi bien du point de vue financier que de celui de leur rôle dans la planification de l’épargne.

La famille, une valeur refuge en France
Les Françaises ne se posent pas la question de la retraite pour elles-mêmes, et ce, quel que soit le niveau de leurs revenus. C'est seulement une fois qu'elles se sont préoccupées de leurs enfants, de leur famille et de leur maison... qu'elles commencent à y penser.

Dans le monde, la transmission du patrimoine aux enfants est importante, pour les hommes comme pour les femmes... Mais en France, assurer l'avenir de ses enfants est une réelle priorité et plus encore pour les femmes.

Cela distingue la France des autres pays interrogés : ainsi, 79% des Françaises jugent important ou très important de transmettre du patrimoine à leurs enfants. En comparaison, seulement 58% des femmes au Canada considèrent cela comme important ou très important.

A la question de vivre à proximité de leur famille à la retraite, les femmes françaises se distinguent encore très nettement du reste du monde : trois Françaises sur cinq considèrent comme très important de vivre à proximité de leur famille à la retraite. C'est près de 60% contre 46% des femmes dans le monde. Cette donnée n'avait jamais été mesurée aussi nettement jusqu'à aujourd'hui. A nouveau, on observe que la famille est une valeur refuge en France.

L’homme est le leader (au sein du couple) dans la planification de la retraite
Dans le monde, sur dix hommes, quatre déclarent être les seuls responsables de la planification de la retraite de leur famille, mais cette affirmation est en contradiction avec ce que déclarent les femmes de leur côté : il existe en effet un décalage entre la façon dont les femmes et les hommes s’estiment impliqués dans la préparation de leur avenir financier au sein du couple.

Lorsqu’on leur demande qui s’occupe de la préparation ou de l’examen de leur plan de retraite, les femmes sont généralement plus susceptibles que les hommes de répondre qu’elles partagent cette tâche avec leur conjoint.

Selon l’étude HSBC, la disparité entre les sexes en ce qui concerne la préparation de la retraite est cohérente sur toutes les tranches d’âge, ce qui laisse à penser que les attitudes relatives à cet aspect des finances familiales ne varient pas au fil du temps. Un manque d’engagement dans ce domaine laisse les femmes potentiellement exposées aux difficultés financières lorsqu’elles vieillissent.

Le budget du foyer est le seul domaine où les femmes ont le plus de chances de tenir le rôle de décisionnaire puisque près de deux cinquième des femmes dans le monde (37%) assument seules cette responsabilité, contre 34% des hommes. C’est aussi le seul domaine des finances du ménage pour lequel les femmes sont plus proactives que les hommes.

En matière d’épargne, l’Orient est moins frileux que l’Occident vis à vis du risque financier
La crise financière a ébranlé la confiance des Occidentaux vis-à-vis des investissements à long terme. Il semble que les Asiatiques, probablement moins affectés par la récession que les Occidentaux, ont une plus grande appétence au risque parce qu’ils sont en mesure d'en tirer de meilleurs bénéfices.

L’attitude face au risque est résolument différente en Occident et en Asie. Il existe également une forte différence entre les hommes et les femmes. Les ménages de pays développés tels que la France, le Canada, les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont plus frileux face au risque.

Il y a d’énormes différences dans l’approche du risque entre l’Est et l’Ouest, en particulier entre la Chine et la France. En Chine, 12% des gens se déclarent « prudents » contre 51% en France. Il existe une nette différence entre les hommes et les femmes : par exemple, les Chinoises ont plus d’appétence au risque que les Chinois. Près de la moitié des personnes interrogées dans le monde (44%) se repose sur ses économies en liquidités pour financer sa retraite.

Les Français et les femmes en particulier se distinguent parmi tous les autres pays pour leur grande aversion au risque. 59% des Françaises et 40% des Français se déclarent « prudents » dans leurs comportements d’investissement, quitte à y sacrifier la performance (contre 39% des femmes et 25% des hommes au global).

La totalité des résultats de l’étude HSBC est disponible sur le site internet de HSBC

Lu 2379 fois
Publié le Jeudi 27 Octobre 2011




Vos commentaires