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Retraite dans le monde : résultats du Baromètre AXA de la retraite

L’assureur français AXA vient de présenter les résultats du second « Baromètre de la retraite », réalisé par GfK sur presque 7.000 sondés. Il a été « développé pour mesurer les attentes et les besoins du consommateur en matière de retraite » dans onze pays du monde. Cette étude entend proposer une vision transversale de la retraite dans le monde et s’annonce comme une source d’informations nouvelle. D’une année sur l’autre, elle devrait permettre de dégager les tendances du moment et de cerner l’évolution des mentalités sur le sujet de la retraite.


Dans un monde où l’espérance de vie s’allonge sensiblement, le financement et la préparation de la retraite figurent au rang des priorités pour les individus, les sociétés et les gouvernements.

En 2050, rappelle le communiqué d’AXA, le tiers de la population des pays industrialisés aura 60 ans et plus. Dès à présent, il est nécessaire d’intégrer ce phénomène social pour mieux accompagner la transition à laquelle se préparent les populations.

Dans les textes qui suivent, une comparaison entre les pays sondés dans le cadre du baromètre permet de distinguer les similitudes et les disparités qui existent d’un pays à l’autre en matière de retraite.

Un éclairage sur les pays anglo-saxons et sur l’Europe du Sud permet d’intégrer la dimension culturelle que revêt le sujet de la retraite. Enfin, les résultats de ce baromètre doivent permettre d’entrevoir les solutions qui s’offrent aux populations pour financer les pensions de demain. .../...
Retraite dans le monde : résultats du Baromètre AXA de la retraite

La retraite dans le monde : similitudes

Retraite dans le monde : résultats du Baromètre AXA de la retraite
- La retraite : entre appréhension et plénitude
Dans chacun des onze pays sondés par Gfk pour le Baromètre AXA de la Retraite, les quelque 7.000 répondants actifs et retraités oscillent dans leurs réponses, associant la retraite tantôt à des images positives, tantôt à des images négatives.

Ainsi, toutes les populations s’accordent à penser à 80% ou plus que le revenu de retraite sera bien inférieur au revenu d’activité, les plus pessimistes en la matière étant les Allemands. Cette donnée n’entame cependant pas le moral du plus grand nombre des retraités qui, dans 70% des cas, associent la retraite à une qualité de vie stable, voire meilleure.

Dans la moitié des pays sondés, on est d’ailleurs convaincu à plus de 60% que le montant de la retraite sera suffisant pour couvrir ses besoins. Toutes les populations (hors Espagne et Italie) s’attendent, pour 70% d’entre elles, à une réforme des systèmes de retraite induisant une réduction du montant de la retraite publique et un allongement des durées de cotisations.

- Avancer l’âge de la retraite
Dans le monde, l’âge officiel de départ en retraite s’échelonne de 58 à 63 ans. Avancer l’âge de la retraite : c’est le rêve de tous les actifs, ou presque. Seul le Japon fait exception : actifs et retraités japonais souhaiteraient travailler trois ans de plus que l’âge légal fixé à 61 ans. Partout ailleurs, on souhaiterait travailler entre 2 et 8 ans de moins. Les plus gourmands sont les Australiens, les Britanniques et les Américains. En Europe, hors Royaume-Uni, on aimerait travailler de 5 à 6 ans de moins. Les Belges se distinguent du lot, souhaitant arrêter de travailler seulement 2 ans avant l’âge légal de la retraite.

- On prépare sa retraite de plus en plus tôt…
Les retraités actuels ont préparé leur retraite entre 30 ans (pour l’Allemagne) et 53 ans (pour le Japon), avec une moyenne située à 40 ans. Chez les actifs, l’âge moyen de préparation de la retraite varie de 28 à 39 ans, avec une moyenne à 35 ans. En 2004, l’âge moyen de préparation oscillait de 31 à 52 ans (41 ans en moyenne, soit 6 ans de plus qu’en 2005) !

Les plus précoces sont les Britanniques (28 ans – ils l’étaient déjà en 2004), suivis par les Nord Américains (30 ans contre 34 ans en 2004). En France, en Belgique, en Allemagne, et en Australie, l’âge de préparation de la retraite avance de 3 à 5 ans, pour se situer entre 31 et 33 ans.

Les plus tardifs sont les Espagnols et les Japonais qui préparent leurs retraites respectivement à 34 et 39 ans. Ils font cependant de gros progrès par rapport à 2004 en avançant l’âge de préparation de 12 ans pour les Espagnols et de 13 ans pour les Japonais. Autre exemple criant, celui de l’Italie où les actifs préparent leur retraite à 32 ans, soit 19 ans plus tôt qu’en 2004.

- … Mais dans proportions variables
Il est cependant nécessaire d’apporter une nuance à cette tendance mondiale. En effet, le pourcentage d’actifs ayant commencé à préparer sa retraite varie selon les pays de 16 à 84%. Les actifs les plus entreprenants en la matière sont les Nord Américains et les Allemands dont la population active s’investit à plus de 80% dans la préparation de la retraite. Idem pour le Royaume-Uni et le Canada où le taux de préparation dépasse 75%. L ‘Italie et l’Espagne affichent des taux bien moindres, respectivement 36 et 38%. En France près d’un actif sur deux (49%) a commencé à préparer sa retraite.

- Répartition et capitalisation
Si les proportions entre retraite par répartition et retraite par capitalisation varient d’un pays à l’autre, tous les modèles de retraites s’appuient sur ce double schéma. Toutes les populations, sans exception, considèrent à près de 80% que l’état joue un rôle clé dans le financement de la retraite.

Conscientes de l’allongement de l’espérance de vie et confrontées aux réformes des systèmes de retraites, les populations des pays industrialisés ont cependant tendance à s’investir personnellement de plus en plus dans la préparation de la retraite.

Derrière l’état, c’est donc l’individu lui-même (désigné à plus de 70%), puis l’employeur (désigné à 60%) qui doit contribuer au financement de sa retraite. Sur ce dernier aspect, Italiens et Espagnols font figure d’exception, en minorant l’importance de l’individu et de l’employeur dans le financement de la retraite. Un état de fait qu’ils déplorent dans 50% des cas, puisque la moitié des actifs italiens et espagnols préfèreraient être entièrement responsables de la préparation financière de leur retraite.

La retraite dans le monde : disparités

Retraite dans le monde : résultats du Baromètre AXA de la retraite
- On s’occupe différemment aux quatre coins du monde
Les retraités anglo-saxons sont avec les retraités allemands ceux qui voyagent le plus. Dans ces pays, environ un tiers des retraités occupe son temps libre en voyageant sur de longues périodes (de 26 à 38 jours). Les Anglo-saxons profitent également de leur retraite pour se consacrer à près de 40% à leurs hobbies. Très friands de promenades, ce sont aussi les plus grands lecteurs et de grands sportifs (près d’un tiers d’entre eux).

L’Italie, la France, la Belgique et l’Espagne sont les pays où les retraités voyagent le moins, préférant (sauf pour les Espagnols) le bricolage et le jardinage. Les retraités les plus sportifs sont les Allemands (36%). La palme du bénévolat revient au Canada où il occupe 26% des retraités, suivi de près par l’Australie (23%). Les retraités belges se consacrent en priorité à leur famille. En Espagne et en Italie, on se plaît à ne rien faire.

- Optimisme contre pessimisme
Surtout en France (avec plus de 80% de représentations positives) comme en Europe continentale et dans les pays anglo-saxons, la retraite est associée à une période heureuse de la vie. C’est en Espagne, au Japon et en Italie que les représentations négatives prédominent, surtout chez les retraités, les actifs espagnols et italiens ayant une vision plus optimiste de la retraite.

- L’âge de départ en retraite varie d’un pays à l’autre
Dans les pays anglo-saxons, on part à la retraite avant l’âge minimum légal dans une proportion beaucoup plus large que dans le reste du monde. Une proportion qui concerne 78% des Canadiens, 71% des Américains et 63 % des Australiens, lorsque seuls 35% des Français et 32% des Italiens font ce choix. Sur ce point, les Anglo-saxons se distinguent aussi par leur initiative en optant pour un départ volontaire. En Allemagne, en Espagne et en Belgique, le départ en retraite est plus souvent subi que choisi.

- Connaît-on le montant de sa future retraite ?
Loin devant le reste du monde, les actifs allemands sont les mieux informés sur le montant de leur future retraite qu’il connaisse pour 44% d’entre eux. Les actifs anglo-saxons sont deux fois moins bien informés que les Allemands. En bas de l’échelle, les actifs français, italiens et espagnols ne connaissent le futur montant de leur retraite que pour 12 à 9% d’entre eux. Un bien piètre score.

Les pays anglo-saxons : spécifités culturelles

Retraite dans le monde : résultats du Baromètre AXA de la retraite
Les pays anglo-saxons se distinguent par leur approche culturelle de la retraite.

- Bien-être et sérénité
Les populations anglo-saxonnes figurent au rang des plus heureuses : 44% des retraités se déclarent « très heureux ». C’est deux à quatre fois plus que dans le reste du monde. Plus optimistes à l’égard de la retraite que le sont les autres populations, les Américains, les Canadiens, les Australiens et les Britanniques associent largement la retraite à des images positives : vacances, voyages, loisirs, temps pour soi, liberté, bénévolat.

- Une intégration sociale forte
Très actifs, les Anglo-saxons vivent leur retraite pleinement quand d’autres auraient tendance à subir cette période de leur vie. Ils sont (après les asiatiques) les plus nombreux à exercer une activité professionnelle à la retraite (de 9 à 15%) et à envisager de le faire (dans une proportion variant de 50 à 63% !) Dans les pays anglo-saxons, on pense à soi mais aussi aux autres : 20% des retraités se consacre au bénévolat.

-Une approche financière sereine liée à la maîtrise du sujet de la retraite
D’un point de vue financier, les Anglo-saxons abordent la retraite plutôt sereinement, convaincus à 80% que les grosses dépenses (crédits immobiliers, enfants à charge) seront derrière eux et prêts, pour un tiers d’entre eux, à déménager pour vivre dans un endroit meilleur marché.

Concernant le financement des retraites, plus de 85% des Anglo-saxons sont prêts à en assumer individuellement la charge. D’ailleurs 76% des actifs anglo-saxons âgés de 28 à 33 ans ont déjà commencé à préparer leur retraite. Ce sont encore les anglo-saxons, actifs comme retraités, qui sont les plus avides de conseils financiers pour préparer leur retraite.

Plus cigales que fourmis, les Anglo-saxons (comme les Allemands) dépensent plus qu’ils ne thésaurisent. Une caractéristique qui les différencie fondamentalement du reste du monde où l’on s’attache à préserver son capital pour le transmettre aux générations futures.

L'Europe du sud : zoom sur l'Espagne et l'Italie

Retraite dans le monde : résultats du Baromètre AXA de la retraite
- On travaille tardivement
Parmi les pays sondés, c’est en Italie et en Espagne que l’âge moyen de départ à la retraite est le plus élevé (63 ans). Seuls 23% des Italiens prennent leur retraite par anticipation de façon volontaire. C’est deux fois moins fréquent qu’au Royaume-Uni et trois fois moins fréquent qu’au Canada. Cette donnée traduit sans doute le mal-être associé à la retraite par les populations du sud de l’Europe.

-Une vision pessimiste de la retraite
Les Espagnols et les Italiens ont une vision pessimiste de la retraite. Un sujet qui, dans 20 à 45% des esprits, véhicule quantité d’images négatives : mort, maladie, vieillesse, problèmes de santé. Seuls 17% des Italiens associent la retraite à des notions de repos, de paix et de tranquillité. Côté finances, 35 à 56% des Sud Européens actifs et retraités interrogés associent la retraite à une baisse du niveau de vie, estimant pour 34 à 49% d’entre eux que leurs revenus de retraites seront insuffisants voire très insuffisants.

- L’attitude passive à l’égard de la retraite prédomine
Avec la France, l’Espagne et l’Italie sont les pays où l’on envisage le moins d’exercer une activité professionnelle après la retraite (32% en moyenne). Ce sont aussi les pays où l’on compte le moins de retraités en activité (4 à 9%).

Les activités préférées des retraités d’Europe du Sud sont les contacts et échanges familiaux et le farniente (pour 14 à 21% des personnes interrogées). Parmi les pays étudiés, les Européens du sud sont les moins bien informés sur le futur montant de leur retraite qu’il connaissent dans 12% des cas en Italie et dans 9% des cas en Espagne. D’ailleurs, peu d’efforts sont consacrés à la recherche d’information ou de conseil financier en matière de retraite, que seuls 37% des actifs espagnols et italiens ont commencée à préparer financièrement.

Les Européens du sud figurent parmi les populations qui ont le moins recours à une épargne retraite spécifique. Une donnée que l’on peut corréler à la dimension culturelle qui veut que 64% des retraités italiens et 78% des retraités espagnols pensent que les enfants doivent les soutenir financièrement. Et au fait que 85% des Italiens et 93% des Espagnols comptent sur l’état pour financer leur retraite.

Quelles solutions pour financer les retraites de demaine

Retraite dans le monde : résultats du Baromètre AXA de la retraite
- Travailler après la retraite, un phénomène nouveau
40% des retraités japonais exercent une activité professionnelle rémunérée. C’est trois fois plus que dans les pays anglo-saxons et dix fois plus qu’en France, où seuls 4% des retraités sont concernés ! Si dans les faits, le travail à la retraite ne fait que germer, (la moyenne des
retraités en activité se situe aux alentours de 10%), l’idée du travail à la retraite est cependant très présente dans l’esprit des actifs du monde entier. Dans une proportion variant de 31% (pour la France) à 68% (pour le Japon), un actif sur deux envisage d’exercer une activité rémunérée après la retraite.

- Choisir des compléments de revenus
Dans les onze pays sondés, on économise chaque mois de 171 euros (pour l’Espagne) à 1040 euros (pour les Etats-Unis) pour préparer sa retraite. En Europe, on épargne de 3 à 5 fois moins que dans le reste du monde. C’est au Royaume-Uni et en France qu’on épargne le plus en Europe en consacrant respectivement 365 et 371 euros mensuels à sa retraite. Parmi les compléments de revenus, actifs et retraités se tournent plus volontiers vers des produits à revenu minimum sans risque sauf aux Etats-Unis et au Canada où les investissements boursiers sont prisés.

Les Nord Américains sont ceux qui diversifient le plus les produits financiers pour préparer leur retraite en cumulant 4 à 5 produits différents. Les Italiens avec une moyenne de deux produits sont en net retrait. Dans le reste de l’Europe, on choisit trois à quatre produits en moyenne. L’assurance-vie est très prisée des Européens ; elle est, en moyenne, plébiscitée
par un actif européen sur deux. Les assurances de groupe et fonds de pension sont les produits préférés des Anglo-saxons qui y souscrivent à plus de 60%. Les investissements immobiliers séduisent 30 à 40% des Anglo-saxons, Français et des Allemands, actifs et retraités.

- Compter sur ses proches
Les retraités mais encore plus les actifs revendiquent d’abord des aides matérielles puis des aides financières pour les parents retraités. Un consensus, sans doute lié au « culte » de la famille, qui existe plus largement à Hong Kong (il réunit 97% des actifs) et en Europe (avec 60% de suffrages) que dans le reste du monde.

Dans onze pays du monde, 6.915 personnes actives et retraitées, issues de toutes les classes sociales, ont été interrogées sur leur vision de la retraite : situation, habitudes, consommation, projets tant au plan financier qu’en matière de santé ou encore de loisirs.


Publié le Mardi 25 Avril 2006 dans la rubrique Retraite | Lu 16202 fois