Sommaire
Senior Actu

Retraite dans le monde : les populations réalisent qu’elles devront se prendre en charge individuellement

Pour la troisième année consécutive, AXA vient de publier les résultats de son baromètre annuel sur la retraite*. Les actifs ont donné leur vision de la retraite et les retraités se sont exprimés sur la réalité de leur statut. Des résultats très contrastés. Même si toutes les nations du monde sont concernées par le vieillissement de leur population (en 2050, le tiers de la population des pays industrialisés aura 60 ans et plus), toutes n’ont pas le même rapport social et culturel à la retraite. D’un point de vue financier, en revanche, toutes les populations interrogées sans exception réalisent qu’elles n’ont pas d’autre choix que de se prendre aussi en charge individuellement. Voici en détail, les principaux enseignements du 3ème Baromètre AXA de la Retraite.


Un rapport culturel à la retraite différencié

Les actifs prévoyants s’organisent de 28 à 37 ans
Le pourcentage d’actifs ayant déjà commencé à préparer sa retraite varie considérablement d’un pays à l’autre : 85% aux Etats-Unis, 66% en Allemagne, 49% en France, 37% en Italie et seulement 16% au Japon.

Chez ces actifs prévoyants, l’âge de préparation de la retraite varie de 28 à 37 ans. Les plus précoces sont les Britanniques qui s’y consacrent dès 28 ans, soit neuf ans plus tôt que les Chinois. Entre ces deux extrêmes, les Anglo-saxons commencent à épargner en moyenne vers 30 ans, les Européens vers 32 ans et les Asiatiques vers 36 ans.

Néanmoins, l’âge de préparation de la retraite est plus homogène chez les actifs d’aujourd’hui qu’il ne l’a été chez leurs aînés (de 30 ans pour les retraités italiens à 55 ans pour les retraités japonais). Le montant épargné mensuellement par les actifs représente entre 13 et 64% du revenu actuel des retraités 13% pour la France, 64% pour la Chine : le rapport entre l’épargne retraite constituée par les actifs et le revenu actuel des retraités varie très sensiblement d’un pays à l’autre. En Allemagne, le rapport est de 14%. Dans les autres pays, il oscille entre 17% pour la Belgique et 25% pour le Royaume-Uni. Pour l’Australie, le taux s’élève à 37%.

On aborde la retraite de façon plus ou moins sereine
C’est sans conteste dans les pays anglo-saxons et en France que l’on vit le mieux son statut de retraité : 78% à 82% d’images positives associées. En revanche, un tiers à un quart des retraités chinois, japonais, espagnols et italiens vivent mal leur nouveau statut social. .../...
Retraite dans le monde : les populations réalisent qu’elles devront se prendre en charge individuellement

Un rapport social à la retraite différencié

Un différentiel de 9 ans pour l’âge supposé de départ en retraite
Si les actifs chinois pensent partir à la retraite à 55 ans, les actifs américains s’attendent à prendre leur retraite à 64. Il faut dire qu’en matière d’âge de départ à la retraite, les actifs sont loin d’être logés à la même enseigne. En Europe, c’est en Espagne et en Allemagne que l’on pense devoir travailler le plus longtemps (63 ans) ; en Belgique et en France que l’on suppose devoir travailler le moins longtemps (61 ans).

Aux Etats-Unis, il existe un écart de six années entre l’âge de départ en retraite des retraités et l’âge auquel les actifs pensent réellement pouvoir partir à la retraite. Cet écart est de quatre ans pour l’Italie et l’Australie ; de trois ans pour l’Allemagne et le Royaume-Uni et de deux ans seulement pour la France et le Canada. Cet écart reflète les politiques plus ou moins interventionnistes développées par les Etats pour minorer les effets du vieillissement des populations et programmer le financement des retraites sur le court terme. La France, le Canada et la Belgique figurent à la marge de cette tendance mondiale.

La retraite avant l’âge minimum légal ?
Un tiers (34%) des retraités français est parti en retraite avant l’âge minimum légal. C’est, avec l’Italie, le plus faible taux de départ par anticipation enregistré. Dans les autres pays du monde, hors Asie, plus d’un retraité sur deux est parti en retraite avant l’heure. Les plus coutumiers du fait sont les Anglo-saxons, notamment les Canadiens (concernés à 80%), les Américains (68%) et les Australiens (65%).

Un âge limite pour travailler ?
La perception d’un âge limite pour travailler s’échelonne de 56 à 69 ans. En Europe comme en Asie, actifs et retraités pensent que l’on est apte à travailler jusqu’à 63-64 ans en moyenne ; les Anglo-saxons mettent la barre à 67-68 ans en moyenne. En Chine, en Italie et en Allemagne, on est plus critique sur les capacités des plus de 65 ans à fournir un travail de qualité que dans le reste du monde.

Le travail des retraités
Bien que de plus en plus d’actifs envisagent de travailler au cours de leur retraite, c’est en Europe que les retraités travaillent le moins (et que les actifs envisagent le moins de travailler une fois à la retraite), particulièrement en France, où seuls 4% des retraités exercent une activité rémunérée, soit 4 fois moins qu’au Canada, aux Etats-Unis ou encore en Chine. Le Japon détient le record en matière de travail des retraités avec un taux de 50% !

D’ailleurs, c’est également en Europe qu’actifs comme retraités sont le plus farouchement opposés à l’augmentation de l’âge limite de départ en retraite. Sur ce point, les Français sont les plus nuancés avec un taux d’acceptation de 52 %.

Financement des retraites : comment les actifs anticipent l’avenir

Il est loin le temps de l’Etat Providence
Plus de 70% des populations interrogées associent la retraite à une baisse de revenu, Français, Allemands et Japonais étant les plus pessimistes (à 85%), en particulier du côté des retraités.

Hors Royaume-Uni et Allemagne, les Européens considèrent à plus de 50% que le montant de leur retraite est ou sera insuffisant. Une situation qui se vérifie quand on compare les revenus de retraite des retraités et les besoins mensuels de leur foyer. En France, en Italie, en Belgique et en Espagne, les retraités estiment qu’il leur manque environ 250 euros pour « boucler les fins de mois ».

Au Royaume-Uni, en Italie et en Allemagne, un tiers des actifs estime que le système de retraite de son pays est en crise.

Vers un équilibre public-privé
Dans tous les pays, les populations s’attendent à une réforme de la retraite ; pour plus de 80% des sondés, elle induira d’abord une augmentation du nombre d’années travaillées, et, pour 70% des personnes interrogées, une réduction du montant de la retraite publique. Sur ces questions, Italiens et Espagnols, qui sont parmi les plus confiants dans le rôle de l’Etat, sont plus optimistes que la moyenne.

Si les Européens restent traditionnellement plus attachés que les Anglo-saxons à la prépondérance de l’Etat sur l’individu dans le financement des retraites, les nouvelles générations tous pays confondus s’accordent à penser que l’avenir des retraites est désormais aussi une question de responsabilité individuelle.


*Dans seize pays du monde, 11 590 personnes actives et retraitées ont été interrogées.


Publié le Mardi 3 Avril 2007 dans la rubrique Retraite | Lu 5417 fois