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Résistance aux antibiotiques : bientôt plus de décès que le cancer

L’Organisation mondiale de la Santé et les différents dirigeants ont récemment rappelé, à l’occasion de la semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques, les risques liés à une utilisation immodérée de ces médicaments utilisés pour lutter contre les infections bactériennes. Forte d’une récente étude britannique, l’OMS a tenu à insister sur le fait qu’il ne s’agit pas de respecter de simples recommandations, mais bien de prévenir un risque sanitaire considérable. On estime en effet à 10 millions les décès découlant de la résistance bactérienne due à l’abus d’antibiotiques d’ici 2050. Les personnes déjà malades ou âgées, plus sensibles aux infections, sont concernées en premier lieu par ces risques accrus.



La France, 4ème plus gros consommateur d’antibiotiques d’Europe

Les antibiotiques sont une arme très efficace contre les bactéries. Il est donc normal d’y avoir recours en cas d’infections bactériennes. Cependant leur utilisation systématique est non seulement inutile, mais dangereuse. Malgré cela et en dépit des campagnes de préventions (« les antibiotiques, c'est pas automatique ») lancées chaque année depuis 2002, les Français restent parmi les plus gros consommateurs en Europe, juste après la Grèce et loin devant la Norvège ou la Suède.

Selon l'Institut de veille sanitaire, nous consommons en effet 30% d’antibiotiques de plus que la moyenne européenne, sans parler de ceux utilisés dans l’élevage qui peuvent eux-aussi générer des résistances bactériennes. Plus inquiétant encore, la ministre de la Santé Marisol Touraine a indiqué que la consommation était même en hausse depuis 2010. Des données alarmantes si l’on considère qu’en parallèle, on estime à 158 000 les infections annuelles déjà dues à la résistance aux antibiotiques.

Soigner certains malades devient plus difficile

On sait pourtant depuis longtemps que l’utilisation excessive ou impropre de ces molécules a permis à certaines bactéries de muter jusqu’à rendre les antibiotiques inefficaces. Il devient alors difficile, voire impossible, de traiter certains patients touchés par ces bactéries dites multi-résistantes. Ainsi on estime à plus de 12 000 le nombre de décès annuels directement liés à la résistance microbienne.

Le germe klebsiella pneumoniae par exemple, responsable d’infections pulmonaires et déjà naturellement résistant à plusieurs antibiotiques comme l’amoxicilline, peut devenir dans certains cas résistants aux autres traitements antibiotiques. C’est pourquoi il est souvent impliqué dans les cas de pneumonies nosocomiales et cause de nombreux décès. Le problème de la résistance bactérienne revêt donc une importance capitale si l’on veut préserver l’efficacité des traitements et empêcher que de simples pathologies ne deviennent incurables et mortelles. Selon Alain-Michel Ceretti, fondateur de l'association Le Lien qui lutte contre les infections nosocomiales, « si l'on ne fait rien, dans 15 ou 20 ans, la résistance aux antibiotiques pourrait faire plus de décès que le cancer ».

Les recommandations de l’OMS pour un meilleur usage des antibiotiques

Il suffirait pourtant pour limiter les dégâts de revoir nos habitudes, tant médicales que vétérinaires dans le cas de l’élevage. La prise de conscience des autorités doit maintenant se traduire en actions concrètes pour favoriser le bon usage des antibiotiques. Rappelons que ces traitements spécifiques ne sont d’aucune utilité contre les virus comme le rhume, la grippe ou la bronchite aiguë, ni contre les angines ou otites si elles sont d’origine virale. Et contrairement aux idées reçues, un traitement antibiotique ne permet pas de guérir plus vite ! Dans le cas d’une infection avérée, un diagnostic médical précis doit permettre de déterminer la nécessité ou non du traitement ainsi que les doses et la durée de la prise. En informant les patients et en encadrant la délivrance du traitement, on réduirait les risques de mauvais dosage ou d’utilisation impropre.

Il faut savoir également que des tests de détection existent pour s’assurer de la nécessité d’un traitement antibiotique. En identifiant la bactérie incriminée, voire en déterminant si une pathologie est d’origine virale ou bactérienne, ils permettent de délivrer une ordonnance ciblée. Ainsi le Strepto Test assez courant permet de déterminer la nature d’une angine et donc de délivrer le traitement adéquat. Il existe même des tests plus poussés qui permettent d’identifier les bactéries résistantes.

Seniors : l’intérêt d’être bien couvert

Les seniors constituent une population particulièrement concernée par ces problématiques. Les personnes âgées, et tout particulièrement celles qui sont déjà affaiblies par des problèmes de santé, sont une population à risque. Les probabilités de devoir subir une intervention étant également majeures, le danger de contracter une maladie nosocomiale est lui aussi bien réel. Sachant que les tests de détection sont généralement mal remboursés, la question du budget se pose aussi pour les retraités aux revenus modestes.

C’est pourquoi il est nécessaire pour les seniors de bénéficier d’une couverture santé adaptée pour être bien soignés, mais aussi couverts pour les frais de santé occasionnés. Une bonne complémentaire santé permettra aux plus fragiles d’être suivis par les spécialistes les plus compétents, de bénéficier de prestations en médecine alternative bien remboursées et de profiter d’une prise en charge adaptée.

La santé est essentielle et seul un contrat à la carte permettra à la fois d’être bien couvert tout en préservant votre budget. En demandant un devis mutuelle santé, vous pourrez comparer différentes offres de mutuelle santé et trouver l’assurance santé la moins chère adaptée à vos besoins.
 



Publié le Mardi 22 Novembre 2016 dans la rubrique Santé | Lu 1901 fois