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Senior Actu

Rencontre avec Mme Martel, présidente de l’UNASSAD


Quel est le but de la 6ème journée de l’aide à domicile du vendredi 6 juin ? Quels types d’informations allez vous distribuer?

Cette 6ème journée de l'aide à domicile du 6 juin 2003 est principalement destinée aux demandeurs d’emploi. En partenariat avec les ANPE, nous allons communiquer sur les métiers et les opportunités du secteur. L’aide à domicile est en effet un marché en pleine expansion, grâce à la loi du 2 janvier 2002 sur la rénovation sociale. Elle instaure le Diplôme d’Etat des auxiliaires de vie sociale (DEAVS) qui permet d’entamer le processus de professionnalisation. Celle-ci, complétée par l’accord de branche du 29 mars 2003 et la future publication des décrets de la loi sur la rénovation sociale en juillet 2003, va permettre d’offrir de véritables carrières aux intervenants du secteur. Avec un meilleur statut, ils pourront également jouir d’un meilleur revenu.

Comment se déroule l’obtention du diplôme d’Etat de l’aide à domicile ?

Ce diplôme se prépare en parallèle d'un emploi pendant 9 à 36 mois. Il permet véritablement de revaloriser le travail des auxiliaires de vie sociale. C’est un vrai diplôme professionnalisant. Il sanctionne en effet 1 060 heures de formation. Il améliore très sensiblement le CAFAD, certificat d’aptitude pour l’aide à domicile qui ne nécessitait lui que 480 heures de formation. Avec le DEAVS, les diplômés reçoivent des cours théoriques complémentaires, particulièrement en matière de pathologies de la vieillesse telle que Alzheimer, ce qui n’en fait cependant pas des infirmiers à part entière.

Pourquoi le secteur de l’aide à domicile a-t-il mis si longtemps à se professionnaliser ?

Tout d’abord, le secteur a éclot assez récemment. Les besoins n’étaient pas du tout les mêmes : on vivait évidemment moins longtemps mais les familles étaient plus proches. Elles assuraient donc la plupart de l’aide à domicile telle qu’on la conçoit aujourd’hui. Il y a également des explications plus sectorielles. Les intervenants de cette branche étaient souvent peu formés, bénévoles, et l’on ne voyait pas l’obligation d’institutionnaliser ce secteur.

Pensez vous que la signature de la charte régionale de l’aide à domicile en Bourgogne sera suivie par d’autres chartes similaires dans d’autres régions ou départements ?

Siège de l'UNASSAD - Paris
Ce phénomène commence en effet à fleurir et montre l’intérêt que manifestent les collectivités territoriales pour l’organisation de l’aide à domicile. Il est également le reflet d’une des dispositions de la loi du 2 janvier 2002 qui impose un maillage complet du territoire.

Quelle est la taille du marché de l’aide à domicile ? Y’a-t-il une place pour des acteurs privés ?

Le marché de l’aide à domicile est très complexe. S’il existe des personnes âgées jouissant de revenus importants, la plupart disposent de relativement peu de moyens. On retrouve beaucoup de femmes sans pension. C’est donc un marché pauvre, d’autant qu’il est peu subventionné par l’Etat. Le secteur est donc structuré principalement autour des réseaux associatifs comme l’UNASSAD ou des mutualités. De plus la loi du 2 janvier 2002 sur l’aide à domicile restreint l’offre nouvelle si les besoins sont déjà pourvus dans une zone géographique donnée. Pour exister sur le marché les entreprises privées devront donc proposer des tarifs compétitifs, faire preuve d’innovation par rapport à l’offre existante et trouver les régions où la demande est encore forte.

Pensez vous que l’aide à domicile soit plus bénéfique pour les personnes dépendantes que la mise en centre d’accueil ?

La volonté de rester dans son domicile, avec ses propres repères, devient de plus en plus partagée. Même si l’on souffre de certaines incapacités, rester chez soi permet de lutter efficacement contre le vieillissement. L’institutionnalisation de sa propre vieillesse par l’entrée dans une maison de retraite provoque une " attraction " inévitable vers le vieillissement effectif. En plus, la vie dans les centres d’accueil oblige à se conformer aux contraintes de la collectivité, ce que tout le monde ne peut pas forcément accepter. Mais évidemment dans certains cas limites, il n’y a guère de solution alternative, surtout si la famille n’assure pas elle-même un effort important de soutien.


Publié le Jeudi 5 Juin 2003 dans la rubrique Maisons de retraite | Lu 1199 fois