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Redéfinition des Unités de soins longue durée : pétition et réaction

Alors que le gouvernement prépare actuellement une redéfinition des 83.000 lits d’unité de soins de longue durée (USLD), qui devrait être achevée avant le 1er janvier 2007, le collectif Vieillirdigne.net demande un moratoire de cette réforme par le biais d’une pétition en ligne, et l’Association des Directeurs d’Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées (ADEHPA) demande sa suspension.


Vieillirdigne.net : une pétition

Après la réaction du maire de Paris Bertrand Delanoë, qui s’interrogeait fin mars 2006 sur le sort des personnes actuellement accueillies en USLD et sur l’avenir des maisons de retraite « à qui on demande d’assurer des missions jusqu’ici assumées par l’hôpital », le collectif Vieillirdigne déplore à son tour l’action du gouvernement qui, estime-t-il, « prépare (…) une réforme de la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui modifie radicalement leurs possibilités d’accès aux soins ».

Et d’ajouter que cette redéfinition devrait se « traduire par la fermeture de 70 % des lits de long séjour hospitalier (soit 6.000 lits pour la seule Ile-de-France) et leur reconversion en lits de maisons de retraite médicalisées. Or, celles-ci ne disposent pas d’un encadrement médical suffisant pour se substituer à l’hôpital ».

Pour Vieillirdigne, cette réforme « menée dans la précipitation et sans véritable concertation préalable, aggravera la situation, déjà difficile de la prise en charge sanitaire des personnes âgées ». Elle souligne cependant que des évolutions sont « nécessaires pour adapter nos structures médicales et médico-sociales à ces besoins. Mais, les personnes âgées ont droit, comme toute la population, à des soins adaptés, à une bonne qualité de vie et au respect de leur dignité ».

D’où le lancement de cette pétition* qui demande « un moratoire sur cette réforme » de manière à permettre l’ouverture d’« une véritable concertation » et de « se donner la visibilité nécessaire avant de prendre des décisions qui auront des conséquences humaines si importantes pour nos aînés, pour leurs familles et pour nous tous ». Et de préciser que cette pétition, ouverte en ligne, sera adressée au Premier ministre et aux ministres concernés. .../...

ADEHPA : demande la suspension de cette réforme

L’ADEHPA rappelle de son côté, que différents élus et professionnels franciliens ont demandé un « moratoire » sur la réforme et que parallèlement, des médecins ont élaboré une lettre pétition refusant « toute décision hâtive ». L’association souligne qu’elle « apporte son soutien à ces deux démarches ».

Et de considérer que « derrière les apparences d’un reclassement purement technique et de bon sens, la réforme des USLD va conduire à un accroissement important du handicap moyen des personnes âgées vivant en maison de retraite : il s’ensuivra donc une nette régression de la qualité de leur accompagnement, puisque les moyens financiers nécessaires sont clairement sous évalués ».

L’ADEHPA estime que la suppression du « jour férié n’a pas dégagé les sommes indispensables pour rattraper trente ans de retard français, et toute aggravation dans un tel contexte serait intolérable ».

Elle demande donc la suspension de la réforme des unités de soins de longue durée, dans l’attente de la réunion d’une grande « Conférence Nationale » sur l’aide aux personnes âgées fragilisées (…), afin qu’une réelle réflexion se tienne sur les financements à dégager pour combler le retard français.

Les premiers signataires de la pétition « Vieillir digne » sont :

* Petition : Patricia ARBIEU-BOUE, Secrétaire générale de l'Union syndicale CGT de l'AP-HP, Gérard BERNHEIM, Vice-Président du conseil général de Seine-et-Marne chargé des solidarités et de la santé publique, Hervé BRAMY, Président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis, Dr Sylvie DEBRAY-MEIGNAN, Chef de service Groupe hospitalier Broca-La Collegiale (AP-HP), Bertrand DELANOË, Maire de Paris, Alain DESMAREST, vice-Président du Conseil général du Val-de-Marne, Christian FAVIER, Président du Conseil général du Val-de-Marne, Marie-Christine FARARIK, secrétaire générale du Syndicat Sud-Santé de l'AP-HP, Christian FOURNIER, Vice-Président du conseil général du Val-de-Marne chargé des personnes âgées et des personnes handicapées, Jérôme GUEDJ, Vice-Président du conseil général de l'Essonne chargé des solidarités et de la lutte contre les discriminations, Danièle HOFFMAN-RISPAL, Adjointe au Maire de Paris chargée des personnes âgées, Ronan KERREST, Vice-Président du conseil général de Seine-Saint-Denis chargé de la santé, Alain LHOSTIS, Adjoint au Maire chargé de la santé et des relations avec l'AP-HP, Dr Isabelle PERILLIAT, Chef de service hôpital René Muret (AP-HP), Yves RICHEZ, Directeur d'hôpital (Somme), Aldo SALUARD, président du Groupement régional des Associations de familles de malades en longue durée, Georges SEBBANE, médecin des hôpitaux, Président du Syndicat de gériatrie des Hôpitaux de Paris, Dr.Christophe TRIVALLE, praticien hospitalier, hôpital Paul-Brousse.

Pour en savoir plus, lire aussi :
Bertrand Delanoë s'inquiète de la redéfinition des Unités de soins longue durée


Publié le Vendredi 5 Mai 2006 dans la rubrique Santé | Lu 7511 fois