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Rapport de la Cour des comptes sur la gestion de France Alzheimer : rien à reprocher mais peut mieux faire

La Cour des comptes a rendu cette semaine son rapport sur les comptes d’emploi 2000 à 2003 des ressources collectées auprès du public par l’association France Alzheimer. Elle n’a pas constaté de dépenses contraires à l’objet de l’appel à la générosité publique mais souligne cependant qu’un meilleur taux d’utilisation des ressources est nécessaire.


Dans un récent communiqué, l’association –qui compte 3.000 bénévoles- se dit « satisfaite de voir reconnue son honnêteté et sa bonne volonté » soulignant que la Cours de comptes n’a pas « constaté de dépenses contraires à l’objet de l’appel à la générosité du public » et « qu’elle ne met pas en cause la régularité de gestion » de sa structure.

Et de préciser que ce constat est très important pour l’association, seule à être reconnue d’utilité publique dans le domaine d’Alzheimer, et qu’il est également « primordial pour les 90.000 donateurs et les millions de personnes (malades et familles) touchées par la maladie d’Alzheimer ».

Toutefois, la Cour des comptes « estime qu'une exacte conformité de l’emploi des fonds collectés auprès du public à l’objet de cet appel nécessiterait un meilleur taux d’utilisation des ressources, un accroissement de la part des dépenses relatives aux missions sociales, et enfin, une augmentation des aides à la recherche et une amélioration de leurs modalités d’attribution* ». .../...

Ce à quoi l’association répond qu’elle est d’ores et déjà sur la voie des « réformes souhaitées par la Cour des Comptes ». Comme elle le souligne, « depuis la période 2000-2003, sur laquelle porte les conclusions de la Cour des Comptes, l’Association France Alzheimer a mis en œuvre de nouvelles orientations budgétaires en matière de soutien aux associations locales, à la recherche et aux familles ».

Et d’ajouter qu’elle « alloue des sommes de plus en plus importantes à ses missions sociales pour aider au mieux les malades et leurs familles. Néanmoins elle rappelle que son budget de 5.24 Millions d’Euros en 2005 reste faible pour faire face à l’extension rapide de la maladie qui touche 860.0000 personnes et fait 220.000 nouveaux cas par an, d’autant qu’elle ne bénéficie d’aucune subvention pour son fonctionnement ».

En 2005, l'association annonce avoir consacré 500.542 Euros en aides directes au fonctionnement des associations départementales contre 201.556 Euros en 2004, soit une progression de + 148%. L'aide aux familles a également fortement progressé, indique-t-elle. A titre d'exemple, l'aide affectée au soutien psychologique des aidants a augmenté de 124% sur les deux dernières années. Le soutien à la recherche sur la maladie d'Alzheimer est passé de 367.000 Euros en 2003 à 475.000 Euros en 2005. Cette année, ce sont 650.000 euros qui seront consacrés à la recherche à travers les bourses. Et France Alzheimer de rappeler qu’elle vient de publier son Livre vert de la maladie d’Alzheimer qui a identifié -en coordination avec l’ensemble des spécialistes de cette pathologie- trois chantiers prioritaires qu’elle va financer à travers des appels à projets.

Dans un même temps, l’Association a engagé récemment des réformes profondes d’organisation et de gestion ; notamment la réorganisation du siège avec plusieurs pôles, la définition d'un plan comptable unifié pour toutes les associations locales, et aussi la formation de tous les trésoriers des associations locales. Elle prépare également sa candidature pour adhérer au Comité de la charte.

Comme Arlette Meyrieux, présidente de l’Association France Alzheimer a tenu à le rappeler : « Le véritable enjeu économique de la Maladie d’Alzheimer, ce sont les 10 milliards d’euros de charges financières qu’elle représente dont 55% sont à la charge des familles des 860 000 malades chaque année. »

* manque de transparence dans le fonctionnement du comité scientifique, concentration des bourses au profit des candidats des membres de ce comité, manque de suivi des travaux financés par l’association, insuffisance de la réflexion sur l’évolution des modalités d’action de celle-ci. En outre, la recherche occupe une place modeste dans les dépenses de l’association, alors que celle-ci la met souvent en avant dans sa communication en direction des donateurs, a constaté la Cour des comptes.


Publié le Jeudi 22 Juin 2006 dans la rubrique Divers | Lu 2791 fois