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Ralentir le vieillissement cérébral… en parlant deux langues

Une récente étude réalisée par l’Institut de recherche Rotman (spécialisé dans les travaux sur le cerveau), en partenariat avec la Faculté de médecine de York de Toronto (Canada) montre que les personnes bilingues qui utilisent leurs deux idiomes tout au long de leur vie peuvent retarder l’apparition de symptômes de démence de plusieurs années.


Hercule Poirot avait donc raison de faire fonctionner ses « petites cellules grises ». En effet, de nombreuses recherches ont déjà prouvé qu’il était préférable de faire travailler, d’entraîner, de solliciter son cerveau tout au long de la vie, afin de le maintenir en forme le plus longtemps possible.

Ces nouveaux travaux menés au Canada par des spécialistes du cerveau semblent conforter une fois encore ces hypothèses.

« Nous sommes émerveillés par les résultats » indique Ellen Bialystok, professeur de psychologie à la Faculté de médecine de York. La pratique de deux langues de manière courante pourrait ainsi retarder l’apparition de maladies telle qu’Alzheimer de quatre ans, comparativement aux personnes qui ne parlent qu’une seule langue. Les scientifiques, qui soulignent que ces résultats sont préliminaires, affirment même qu'aucun traitement pharmacologique n'aurait un effet aussi spectaculaire que le bilinguisme. .../...
Ralentir le vieillissement cérébral… en parlant deux langues

Les chercheurs ont étudié 184 personnes âgées présentant des signes de déclin cognitif. Dans ce groupe, 91 aînés ne parlaient qu’une seule langue et 93 étaient bilingues. 25 idiomes différents étaient représentés (dont le Polonais, le Yiddish, l’Allemand, le Roumain ou encore le Hongrois). Au total, 132 personnes présentaient de signes de la maladie d’Alzheimer. Le reste du groupe, 52 seniors, montraient quant à eux d’autres symptômes de démence.

Les scientifiques ont constaté que la moyenne d’âge d’apparition des symptômes de démence s’élevait à 71.4 ans chez les personnes ne parlant qu’une seule langue et à 75.5 ans chez les seniors bilingues. Et cet écart de quatre ans demeure même si l'on tient compte dans l'analyse, du niveau d'éducation, du sexe, du milieu social et du pays d'origine des personnes étudiées.

Ce phénomène pourrait s’expliquer, selon ces spécialistes, par l’effort supplémentaire qui est demandé au cerveau pour parler une langue étrangère. Ce surcroît d’exercice permettrait une augmentation de l’afflux sanguin dans le cerveau, ce qui aiderait les connexions nerveuses à rester en bonne santé.

L’équipe travaille actuellement à des études complémentaires sur les effets du bilinguisme sur l’apparition des problèmes cognitifs.

Cette étude est publiée dans l’édition de février 2007 de la revue spécialisée Neuropsychologia (Vol.45, No.2).


Publié le Jeudi 18 Janvier 2007 dans la rubrique Bien-être | Lu 3536 fois