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ROAD : lancement du premier réseau de laboratoires de recherche dans l'arthrose (partie 1)

Soutenu par la Fondation Arthritis, impliquée depuis un quart de siècle dans la recherche sur les rhumatismes inflammatoires, le réseau ROAD réunit sept laboratoires français (basés à Nantes, St Etienne, Nancy, Montpellier et 3 à Paris) qui ont pour objectif de trouver ensemble, de vraies perspectives de traitements curatifs à l’arthrose, inexistant à ce jour. Explications.


Articulation normale
Marcher, bouger, tenir des objets tout cela est possible grâce aux articulations. Composées de cartilage, de liquide synovial et d’un ligament, ce sont elles qui font le lien entre les os du squelette. Elles ont donc un rôle mécanique important. Soumises à des forces importantes tout au long de la vie, elles subissent des traumatismes, sans compter les pathologies qui peuvent abimer les articulations et notamment, le cartilage. C’est le cas dans l’arthrose, une maladie qui véhicule encore bien des idées fausses.
 
Ce que l’on croit savoir

L'arthrose est due au vieillissement naturel du cartilage : FAUX

L’arthrose est plutôt due à une usure prématurée qui résulte de l’association de plusieurs mécanismes et de plusieurs facteurs. Certes, l’arthrose est plus fréquente quand on vieillit, mais tout le monde n’en souffre pas. On estime que 35% des arthrosiques ont commencé à avoir mal avant l'âge de 40 ans. Ce qu’on fait subir à ses articulations compte sans doute plus que l’âge. Si elle augmente effectivement avec l’âge, c'est parce que l'avancée en âge s'accompagne d'une augmentation des facteurs prédisposant à cette maladie.
 
L’arthrose ne touche pas toutes les articulations : FAUX

L’arthrose peut toucher l’ensemble des articulations du squelette, avec des conséquences socio-économiques extrêmement importantes. L'arthrose du rachis (colonne vertébrale) que l'on classe en général dans le mal de dos classique est de loin la forme d'arthrose la plus répandue (59%). Viennent ensuite les articulations des genoux (gonarthrose), des mains, de l'épaule, des hanches (coxarthrose)...
 
Plus les signes sont avancés à la radio, plus on a mal : FAUX

La douleur n'est pas toujours proportionnelle aux lésions que l'on observe en imagerie, surtout dans l'arthrose de la hanche. On peut être très gêné pour marcher alors que sur le cliché, la destruction semble peu importante. On peut aussi voir des signes d’arthrose sur la radio et que la personne ne souffre pas.
 
Il faut bouger le moins possible : FAUX

Au contraire, il ne faut pas s'économiser et entre les poussées, garder une activité physique pour conserver une tonicité. C'est aussi l'un des moyens de prévenir l'arthrose. L'idéal : les sports dans l'eau, le rameur, le vélo... à condition de s'arrêter dès que la douleur apparaît.
 
L’arthrose en chiffres

L’arthrose est la plus fréquente des maladies articulaires. Sa prévalence est estimée à environ 17%, et le nombre de personnes qui en souffrent en France est évalué entre 9 et 10 millions. L'incidence annuelle de la gonarthrose symptomatique est estimée à 240/100.000 personnes par année, celle de l'arthrose digitale symptomatique à 100/100.000 et celle de la coxarthrose symptomatique à 80/100. 000.
 
Il s’agit de la première cause de consultations après les maladies cardio-vasculaires dans les pays développés. Elle apparaît après 40 ans et se généralise après 65 ans. En termes de coût, on situe habituellement l’arthrose au deuxième rang des maladies chroniques, après les affections cardiovasculaires, ce qui fait qu’elle représente un véritable problème de Santé Publique dans les pays développés. Son coût annuel est de l’ordre de 1,6 milliard d’euros.

ROAD : lancement du premier réseau de laboratoires de recherche dans l'arthrose (partie 1)
Ce qu’il faut retenir

L'arthrose est une forme de rhumatisme

L’arthrose se caractérise par l’accélération de la destruction du cartilage et une diminution de sa capacité à se renouveler.

Progressivement, l'os puis la membrane synoviale et enfin toute l'articulation sont abimés. Il n'y a pas une, mais des arthroses

Même si toutes ont les mêmes symptômes, l'origine diffère : métabolique, génétique, dégénérative, traumatique... Pour que l'arthrose se déclare, il faut un terrain favorable et des contraintes ou sollicitations excessives répétées (surpoids, entorses à répétition mal soignées, sport de haut niveau, couture, clavier...).

L'activité sportive est bénéfique pour l'arthrose

Elle permet de stimuler le cartilage, de lutter contre les mauvaises postures et de limiter la fonte musculaire.

Elle est encore plus efficace quand elle est pratiquée de façon progressive, modérée et adaptée à la douleur.

Quand l’arthrose est déjà développée, les sports à pratiquer sont ceux qui sollicitent le moins les articulations comme le cyclisme, la natation ou la course à pied.

Aucune articulation n'est épargnée

L’arthrose ne se limite pas à l’atteinte du cartilage, mais s’étend aussi à tous les autres composants de l’articulation : liquide synovial, os, ligaments, capsule…)

La colonne vertébrale est la zone la plus touchée, mais souvent de façon silencieuse.

La main est la deuxième zone la plus touchée. Cela se traduit par des déformations irréversibles. La douleur se manifeste le plus souvent par poussées pendant la formation d’ostéophytes (excroissances osseuses aux extrémités des os, fréquentes en cas d'arthrose) et disparaît ensuite.

Les arthroses de la hanche et du genou sont plus rares mais plus invalidantes, car elles touchent des articulations qui portent le poids du corps.
 
Toutes les autres articulations peuvent être touchées par l’arthrose, l’épaule, le coude et la cheville étant plus rarement atteints.

Quatre principaux facteurs de risques : l’âge, les facteurs génétiques, les traumatismes (lésions directes du cartilage, déformation post-traumatique) ou le surpoids et l'obésité. L’obésité est un facteur favorisant avec une surcharge au niveau, notamment, des membres inférieurs (hanche et genoux), mais on retrouve aussi chez les obèses une arthrose des doigts, ce qui fait penser qu’il existe une composante métabolique ou endocrinienne.
 
Une douleur inévitable

Le principal symptôme est incontestablement la douleur qui apparaît à l’effort, à l’appui et cède au repos. Au début, elle ne se manifeste que pendant la journée. Ensuite, les poussées inflammatoires s'installent, traduisant la réaction de la synoviale pour éliminer les déchets dus à la destruction du cartilage. La douleur devient alors aussi nocturne et le dérouillage matinal est de plus en plus long. S'ensuit une raideur articulaire plus ou moins handicapante.
 
Un pronostic imprévisible

L'arthrose peut évoluer selon trois schémas :

- Destruction rapide avec une aggravation continue et mise en place d'une prothèse au bout de quelques années à peine,

- Poussées douloureuses et aigües qui obligent à mettre l'articulation au repos en attendant que les anti-inflammatoires agissent

- Evolution lente et progressive sans véritable handicap pendant 10 ou 20 ans, avec une destruction du cartilage sur plusieurs années.
 
Zoom sur le cartilage

Le cartilage est un tissu qui transmet et répartit les charges lorsque les articulations sont sollicitées. Il joue en quelque sorte le rôle d’un roulement à billes et d’un amortisseur entre les extrémités osseuses, accompagnant chacun de nos efforts et mouvements. Il est composé de cellules, appelées chondrocytes. Ni innervé, ni vascularisé, il se régénère peu et cicatrise difficilement.


Publié le Vendredi 28 Novembre 2014 dans la rubrique Santé | Lu 1913 fois