Sommaire
Senior Actu

Qualité de l'air en Europe : le point avec l’INERIS

Dans le cadre de l'Assemblée Générale de l'Union Européenne des Géosciences, qui s’est tenue à Vienne (Autriche) du 7 au 12 avril 2013, l'Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques (INERIS) a présenté ses travaux de modélisation sur l'évaluation du lien entre qualité de l'air et changement climatique en 2050. Détails.


Ces travaux viennent confirmer la pertinence de la mise en place de politiques ambitieuses de gestion de la qualité de l'air au niveau européen et international, en complément des politiques locales, et dans un contexte de climat futur.
 
Rappelons que le changement climatique peut interagir avec les phénomènes de pollution atmosphérique à double titre.
 
Il a tout d’abord un effet sur la fréquence et l'intensité des épisodes météorologiques, ce qui pourrait contribuer à une augmentation de la pollution. En outre, les politiques de lutte contre le réchauffement climatique (réduction des gaz à effet de serre...) nécessitent de faire évoluer la consommation globale d'énergie, ce qui a des effets indirects sur l'émission des polluants atmosphériques.
 
Le changement climatique et le transport à longue distance de polluants sont deux types de facteurs externes dont les politiques de gestion doivent ainsi tenir compte.
 
Afin d'évaluer correctement l'effet à long terme de la future stratégie européenne sur la qualité de l'air, il est indispensable d'examiner ces deux facteurs externes. C'est l'objet du travail de l'INERIS.
 
Les résultats de ces travaux sur la qualité de l'air en Europe en 2050 ont vocation à être utilisés dans le cadre de l'évaluation de l'efficacité (rapport coût-bénéfice) des politiques de réduction des émissions, qu'elles s'inscrivent dans une perspective de lutte contre le réchauffement ou qu'elles aient pour objectif d'améliorer la qualité de l'air.
 
Plus concrètement, ces travaux se sont appuyés sur les scénarios les plus récents du Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) et sur le modèle de chimie-transport CHIMERE. Pour quantifier l'impact potentiel de la législation sur la qualité de l'air, les chercheurs ont pris en compte le poids respectif des phénomènes de changement climatique, du transport longue distance des polluants atmosphériques (ozone, particules, oxydes d'azote...) et des stratégies Européennes de réduction d'émission de polluants.
 
Les résultats ont notamment permis de déterminer que le changement climatique a un impact fort sur l'ozone, provoquant une augmentation des concentrations d'ici à 2050. Les émissions locales de précurseurs de l'ozone semblent constituer une contribution importante, ce qui confirme la pertinence de développer des politiques de gestion de la qualité de l'air au niveau local.
 
De même, la mise en place de politiques de gestion à l'échelle mondiale semble cruciale pour améliorer la qualité de l'air, dans la mesure où la pollution transfrontière, due au transport des polluants, est identifiée comme la contribution la plus importante de la pollution à l'ozone en 2050.
 
Concernant la pollution particulaire, il n'y a pas, à ce jour, de consensus scientifique sur l'impact potentiel du changement climatique. Par rapport aux perspectives obtenues sur 2050, il semble que les politiques de gestion doivent se concevoir à l'échelle européenne et que les politiques envisagées aujourd'hui se montreraient efficaces si elles devaient être mises en oeuvre.


Publié le Jeudi 23 Mai 2013 dans la rubrique Divers | Lu 568 fois