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Prothèses de hanche : surtout pas d’amalgame avec les prothèses mammaires, Tribune libre de la Sofcot

Dans la foulée du scandale suscité en début d’année par les prothèses mammaires de mauvaise qualité, la presse s’est empressée, à tort, de relayer la suspicion sur d’autres prothèses, les prothèses articulaires de hanche. Il faut dire qu’un rapport un peu alarmiste des médias anglo-saxon fournissait à la presse hexagonale une occasion rêvée de dresser un parallèle aussi abusif qu’infondé entre la problématique soulevée par les prothèses mammaires et les prothèses de hanches qualifiées de défectueuses.


Par la voix de son porte-parole, le Pr. Charles Msika*, chirurgien orthopédiste parisien, la Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique** se veut, à ce sujet tout à fait rassurante.

Avec un nombre annuel d’interventions de prothèse de hanche qui dépasse les cent mille unités, le recensement, dans la population, de personnes porteuses d’une prothèse de hanche avoisine le million et demi.

En effet la prothèse de hanche remplace artificiellement l’une des articulations les plus importantes de l’organisme et redonne à la plupart des opérés une autonomie de marche perdue en raison d’une arthrose ou d’une fracture.

Ces prothèses offrent un résultat satisfaisant et durable sur plus d’une quinzaine d’années chez plus de 90% des opérés. L’interface articulaire usé ou compromis qui est artificiellement remplacé met en présence des surfaces couplées de glissement ou de mobilité.

Les couples les plus communément utilisés en France consistent en une bille de métal roulant à l’intérieur d’une cavité hémisphérique en polyéthylène. D’autres couples ont également démontré au fil de l’expérience acquise une longévité de qualité comparable voire supérieure à ce couple de référence, il s’agit des couples céramique/polyéthylène ou céramique/céramique.

L’expérience anglo-saxonne qui a semé le doute -voire la panique- parmi les porteurs de prothèses de hanche avait voulu, il y a une demi-douzaine d’années, remettre au goût du jour un couple que la France avait plutôt abandonné: le couple métal/métal.

Ce couple fonctionne très bien dans la majorité des cas mais les chirurgiens français l’ont très peu utilisé (environ un demi-millier de porteurs de telles prothèse en France sur près d’un million et demi de Patients porteurs d’une prothèse).

Les Anglo-saxons à l’origine de l’alerte en ont utilisé beaucoup plus avec des résultats dans l’ensemble favorables mais qui dans une minorité de cas, et à certains égards, se sont révélés moins performants que les autres couples optionnels déjà cités.

Les fabricants nord-américains de ces prothèses de hanche un peu moins fiables ont donc préféré, par précaution, lancer une alerte de surveillance et retirer ces produits du marché. Les rares patients français porteurs de ces prothèses continueront à aller bien pour la plupart d’entre eux mais nécessitent d’être surveillés plus attentivement.

La Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique en profite, d’ailleurs, pour rappeler que, tous les Patients porteurs d’une prothèse de hanche nécessitent de toute façon un suivi périodique annuel ou tous les deux ans par l’opérateur ayant posé cette prothèse.

*Le Pr.Charles Msika est un Chirurgien Orthopédiste exerçant à Paris et reconnu pour son engagement à assister la diffusion internationale de l’excellence technique française dans le domaine de la Chirurgie reconstructrice ostéo-articulaire

**La Société Française de Chirurgie orthopédique et traumatologique fondée il y a un siècle, la SOFCOT est au départ une Société Savante, c’est à dire à la fois une Académie développant les connaissances (sur la Chirurgie reconstructrice des os et des articulations) et un Conservatoire chargé de perpétuer les méthodes d’utilisation de ces connaissances pour mieux traiter les Patients relevant de cette chirurgie. Ces dernières années la SOFCOT a vu sa mission s’élargir en une société professionnelle pour encore améliorer la sécurité des Patients et leur information.


Publié le Mardi 10 Avril 2012 dans la rubrique Santé | Lu 1376 fois