Proposition de loi mettant fin à l'indemnité temporaire majorant la retraite des fonctionnaires de l'État dans certains territoires d'outre-mer


Les Sénateurs Dominique Leclerc, André Lardeux et Mme Catherine Procaccia viennent de présenter une proposition de loi visant à mettre fin à l'indemnité temporaire majorant la retraite des fonctionnaires de l'État dans certains territoires d'outre-mer.


Les retraités titulaires d'une pension civile ou militaire de l'État résidant à la Réunion, à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna se voient accorder, depuis les décrets n° 52-1050 du 10 septembre 1952 et n° 54-1293 du 24 décembre 1954, une majoration de leur pension variant entre 35 % et 75 %. Cet avantage, appelé « indemnité temporaire de retraite » (ITR), est connu généralement sous le terme de « surpension ».

Cette proposition de loi vise à fermer, à compter du 1er janvier 2008, l'accès au bénéfice de ces dispositions. Cet objectif n'est pas une préoccupation nouvelle. Celle-ci a déjà donné lieu, on s'en souvient, à des débats passionnés en séance publique, notamment lors de l'examen des projets de loi de finances pour 2005, 2006 et 2007.

Or si, chaque année, l'ensemble des intervenants ainsi que le Gouvernement convenaient aisément que l'existence même des surpensions posait de graves difficultés et entraînait d'importants effets indésirables, il est apparu impossible, sous la précédente législature, de dépasser le stade du diagnostic partagé. Les amendements présentés pour y mettre fin, qu'ils aient été déposés au nom de commissions ou à titre individuel, ont ensuite été systématiquement rejetés par un scrutin public et, in fine, le statu quo a prévalu.

Les auteurs de la présente proposition de loi considèrent indispensable désormais de rouvrir ce débat et de trouver une solution à ce problème lancinant dès le début de la nouvelle législature.

Il convient, en effet, de rappeler que les bénéficiaires de l'ITR sont les fonctionnaires de l'État en poste dans l'une des collectivités concernées avant la liquidation de leur retraite et qui choisissent d'y demeurer. Mais elle s'applique aussi aux fonctionnaires métropolitains qui s'installent outre-mer ou s'y font domicilier pour leur retraite.

Les revenus provenant de cette indemnité bénéficient en outre des régimes fiscaux particuliers applicables outre-mer. Ainsi, à l'exception de la Réunion, collectivité départementale où elle relève du droit commun, la majoration n'est soumise ni à la contribution sociale généralisée (CSG), ni à la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) et elle n'est pas imposable sur le revenu, en fonction de dispositions spécifiques qui varient selon le territoire concerné. La seule exigence posée par le décret n° 52-1050 du 10 septembre 1952 porte sur les conditions de résidence, qui doivent être « au moins équivalentes à celles imposées aux fonctionnaires en activité de service ».

Dans son rapport particulier sur les pensions des fonctionnaires civils de l'État d'avril 2003, la Cour des comptes soulignait déjà le caractère « quasi impossible » du contrôle de ce dispositif et procédait à une analyse générale très critique de celui-ci. Elle en concluait qu'» il importe de mettre fin à l'attribution de cette indemnité injustifiée, d'un montant exorbitant et sans le moindre équivalent dans les autres régimes de retraite ».

Les indemnités versées à ces pensionnés outre-mer représentent, pour l'État, un coût élevé et croissant qui a atteint 249 millions d'euros en 2005 et pourrait dépasser 300 millions d'euros en 2007. Entre 1995 et 2005, le nombre des bénéficiaires s'est accru de 87 %. Le montant de l'indemnité dont ils bénéficient, en plus de leur pension liquidée dans des conditions normales, atteignait en 2005 en moyenne 7 545 euros par an. Il s'agit de niveaux très élevés, voire, comme le souligne la Cour des comptes, « totalement exorbitants pour certains territoires » puisqu'ils sont en moyenne largement supérieurs à 10 000 euros par an.

Les auteurs de la présente proposition de loi considèrent plus que jamais que l'existence même du régime de l'indemnité temporaire apparaît triplement inéquitable :
- vis-à-vis de tous les assurés sociaux qui se voient appliquer la réforme des retraites de 2003 ;
- vis-à-vis des assurés sociaux du secteur privé qui n'y ont pas accès par définition ;
- vis-à-vis des fonctionnaires de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane qui, eux non plus, n'en bénéficient pas.

Le rapport de la mission d'audit de modernisation, réalisé conjointement par l'Inspection générale des finances, par l'Inspection générale de l'administration et le Contrôle général des armées, qui a été publié le 10 novembre 2006 par le ministère de l'économie et des finances, a confirmé les critiques formulées, trois ans plus tôt, par la Cour des comptes. Ce document a par ailleurs apporté d'autres éléments nouveaux plaidant en faveur d'une remise à plat urgente du dispositif :
- sur les justifications économiques généralement avancées pour le maintien de ce dispositif (écart de prix avec la métropole, effet sur le PIB des territoires) qui « ne sont pas probantes » ;
- sur « les abus, sinon les fraudes » que peut entraîner le régime actuel qui « a perduré jusqu'à ce jour (...) alors qu'il a perdu tout fondement monétaire ».

En définitive, ce rapport d'audit préconise « l'arrêt immédiat de l'entrée de nouveaux bénéficiaires », ainsi que le lancement d'un processus étalé dans le temps « de résorption du stock » pour les personnes qui disposent de cet avantage. Dans cette perspective, il présente trois options :
- la cessation du droit avec attribution éventuelle d'une allocation de fin d'indemnité temporaire ;
- la résorption naturelle du stock par décès ou départ des bénéficiaires actuels ;
- l'extinction du dispositif dans un délai de trois à cinq ans.

Pour la période transitoire de l'extinction du stock (...), il propose « l'application de deux mesures d'équité pouvant se cumuler : unifier le taux à 35 % pour tous les bénéficiaires ; plafonner le montant annuel de l'indemnité. ».

Face aux coûts croissants que fait supporter aux finances publiques le statu quo sur les majorations de pensions outre-mer, au moment où la préservation des régimes de retraite impose à l'inverse d'importants efforts aux assurés sociaux, la présente proposition de loi vise à procéder à la remise en ordre, trop longtemps différée, de ce dispositif. Sans suivre intégralement les préconisations du rapport d'audit, elle propose de figer la situation actuelle au 1er janvier 2008, en fermant l'accès à l'indemnité temporaire à compter de cette date et en renforçant les modalités de contrôle à l'égard des bénéficiaires actuels.

Au surplus, les auteurs de la présente proposition de loi considèrent que l'existence de fraudes pratiquées par des métropolitains se faisant domicilier fictivement dans ces territoires contrevient à l'esprit de la réforme des retraites de 2003 et porte atteinte à l'image même de l'outre-mer.

Ils souhaitent vivement que les économies réalisées par la mise en extinction de cette mesure hautement contestable permettent de dégager des moyens nouveaux pour satisfaire les besoins sociaux bien réels de l'outre-mer. On notera par exemple que l'enveloppe budgétaire destinée au logement social outre-mer est presque deux fois moindre que le montant aujourd'hui accordé à ces majorations de pension...

PROPOSITION DE LOI
Article unique
Il est inséré après l'article L. 57 du code des pensions civiles et militaires de retraite, un article L. 57-1 ainsi rédigé :

« Art. L. 57-1 - Le régime d'indemnité temporaire accordé aux personnes retraitées tributaires du code des pensions civiles et militaires de retraite est réservé aux seuls bénéficiaires de cet avantage à la date du 1er janvier 2008 qui remplissent la condition de résidence effective à la Réunion, à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Mayotte, en Polynésie française, à Wallis-et-Futuna et en Nouvelle-Calédonie.

« L'indemnité servie aux intéressés est plafonnée au montant versé à cette même date.

« Elle est en outre ramenée à 35 % du montant en principal de la pension, à partir du 1er janvier 2008, pour les personnes qui ne sont pas nées dans ces territoires ou qui n'y ont pas été en poste pendant les cinq années précédant la liquidation de leur pension.

« Les agents cessant de résider dans ces territoires, ou s'absentant de ceux-ci plus de quatre-vingts jours par an, perdent définitivement le bénéfice de l'indemnité temporaire
».

Pour en savoir plus sur le site du Sénat


Rédigé le Lundi 9 Juillet 2007 | Lu 18160 fois


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39.Posté par alorget le 14/11/2008 05:58 | Alerter
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Nous, jeunes salarie du prive (35 ans!!!) nous n´aurons rien.........alors arretez de pleurer. Je suis atterre.

38.Posté par georges le 26/09/2008 13:55 | Alerter
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je viens tout juste de regarder un reportage sur les avantages consentis aux sénateurs ceux là méme qui vont légiférer sur l'indemnité temporaire quelle honte!!!

37.Posté par Bernard PETITJEAN le 22/09/2008 06:29 | Alerter
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Que les Ministres, Députés, Sénateurs et autres Politiques réduisent déja leur train de vie et montrent l'exemple. Les Nantis sont là!

36.Posté par Thierry DUVAL le 22/09/2008 00:03 | Alerter
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Puisque vous ne me croyez pas, je vous donne les exemples suivants venant de mon expérience personnelle :

- Impôts (célibataire non propriétaire)
400 000 cfp de retraite en NC : 207 000 cfp
230 000 cfp de retraite non indexée métropole : 274 000 cfp
Si propriétaire, la différence est encore plus grande puisque les intérêts sont défiscalisables en NC et pas en métropole.

- taxe d'habitation (F2 - 45m2 banlieue de Toulon avec retraite de 230 000 cfp)
890 euros soit 105 000 cfp
0 en NC

- si propriétaire, taxe foncière pour le même appartement :
850 euros soit 100 000 cfp en métropole
environ 25 000 cfp pour un appart équivalent quartiers sud Nouméa

- automobile clio 3 1.2 16v authentique clim + peinture métal + cd
1 570 000 cfp tout compris en NC (remise très difficile à obtenir)
14 990 euros tout compris en métropole soit 1 770 000 cfp (- les ¨7% de remise que tt le monde obtient : 1 646 000 cfp)

- Plein pour la même auto (aux prix de septembre 08) :
70 euros soit 8400 cfp en métropole
7500 cfp en calédonie

- assurance pour la même auto (avec 50% de bonus)
31 960 cfp à Nouméa (CEA assurance)
402 euros chez directassurance banlieue de Toulon (même couverture mêmes franchises) soit 48 000 cfp

- Internet + téléphone :
adsl 250 en NC : environ 6500 cfp tout compris FAI +OPT
adsl 8Méga en métropole + TV + téléphone : 39 .90 euros soit 4750 cfp

- canalsat + canal + :
11 200 cfp en NC
Environ 50 euros pour le même bouquet en métropole si non couplé à internet soit 6000 cfp

- nourriture pour un célibataire recevant normalement :
Environ 70 000 cfp mensuel en NC
Environ 35 000 cfp pour la même chose en métropole

- électricité annuelle pour un F2 de 45 m2 :
Environ 80 000 cfp en NC
Environ 450 euros en métropole soit 54 000 cfp

Je vous l'ai dit, j'ai fait mes calculs selon ma situation et mon expérience. Je ne dit pas que la vie n'est pas chère en Calédonie mais que la différence de 96% du PANIER DE LA MENAGERE n'est pas applicable sur d'autres produits ou service. UFC-QUE CHOISIR s'est uniquement attelé à 35 produits et non à la fiscalité ni aux services. Ce n'est vraiment pas de la mauvaise foi mais ce que j'ai calculé selon MA situation. Peut être que le ration est différent dans d'autres situations.

35.Posté par MATHIAS Georges le 20/09/2008 04:59 | Alerter
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C'est bien ce que je disais, nous ne vivons pas sur la même île... et on a pas la même règle de calcul...Et puis c'est vrai les associations de consommateurs se trompent certainement car ils ne connaissent pas tous ces paramètres...les loyers ne sont pas élevés, les voitures et bien finalement il vaut peut-être mieux les acheter en NC qu'en métropole...Je me pose vraiment la question de savoir où se trouve votre source d'information car nombreux sont les retraités qui voudrait la connaître...Et moi le premier. Je note à toutes fins utiles, que la taxe foncière, contrairement à ce que vous affirmer, existe bien et son montant est comparable à celui de métropole s'il n'est pas plus élevé par rapport à certains départements...

34.Posté par Thierry DUVAL le 18/09/2008 23:44 | Alerter
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Encore une fois, ce n'est pas ce que j'ai écrit. Je n'ai jamais dit que la vie n'était pas chère en NC; Mais il faut prendre en compte tous les paramètres que j'ai cités et faire le calcul par rapport à la métropole. Vous verrez que j'ai raison et que les avantages fiscaux compensent énormément le coût de la vie "quotidienne" (même en prenant en compte les prix élevés de l'internet et de CanalSat).
Prenez votre retraite (désindexée), le même appartement, la même voiture et calculez leurs couts en métropole, vous allez être surpris de payer (beaucoup) plus d'impots sur le revenu, de taxes foncière et d'habitation, de carburant, d'assurance auto... en métropole qu'en NC.

33.Posté par MATHIAS Georges le 18/09/2008 04:24 | Alerter
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A thierrye DUVAL, C'est curieux, vous êtes bien le seul habitant à estimer que la vie en Nouvelle-Calédonie n'est pas chère!!!....Etrange, étrange n'est ce pas.... Peut-être que notre règle à calculer est différente...Qui sait?

32.Posté par thierry duval le 17/09/2008 08:04 | Alerter
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Malheureusement, j'avais pas assez d'argent à l'époque pour acquérir un bien immobilier en NC... je suis actuellement toujours locataire. Mes quelques lignes n'étaient en aucun cas moralisatrices. Ce n'était qu'une constatation de la réalité sur place même si elle peut être désagréable à entendre (en particulier le nombre élevé de retraités passant entre 6 et 8 mois par an à l'extérieur du territoire sans être désindexés et bien sur sans aucun état d'âme).
Et en ce qui concerne l'écart des prix avec la métropole, il faut aussi faire entrer dans le calcul la forte différence d'imposition sur le revenu à l'avantage du territoire, les avantages fiscaux des acheteurs de résidence principale, l'absence de taxe d'habitation, le ridicule impôt foncier, le carburant moins onéreux...
J'ai fait le calcul... et je suis resté parce qu'en prenant en compte l'ensemble des paramètres, la vie n'est pas beaucoup plus chère ici qu'en métropole (environ + 20%).
Les fonctionnaires de Bercy ont certainement fait ce genre de calcul (ce n'est pas très compliqué) pour l'arbitrage final.
De plus, comme cet argent "économisé sur les retraités" sera redistribué aux territoires concernés sous forme de contrats de développement, nos politiques (faisant tous partie de la majorité gouvernementale UMP) n'ont pas du beaucoup se battre pour nous puisqu'ils ont la certitude que cette manne leur profitera entièrement... et directement!!

31.Posté par MATHIAS Georges le 16/09/2008 06:24 | Alerter
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Cet ami retraité depuis 10 ans en NC oublie de préciser qu'il a réalisé une triple culbute voire quadruple culbute sur les biens immobiliers acquis à l'époque (gains réalisés, selon son analyse restrictive, grace aux retraités). IIl n'est plus dans le besoin aaussi peut il être aujourd'hui moralisateur.
Georges

30.Posté par MATHIAS Georges le 15/09/2008 05:57 | Alerter
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Quelques informations semblent filtrer de Bercy qui permettent déjà (c'est un euphémisme) de se faire une idée sur la façon dont les retraités d’outre mer seront « mangés ».
Apparemment, la situation la plus délicate à traiter, tant les conséquences seront grandes, semblerait être celle des retraités qui vivent réellement Outre Mer et ont donc fait le choix délibéré de s’y installer: notre Président dans son discours sur les retraites n’avait-il pas dit « qu’il fallait veiller aux intérêts de ceux qui ont fait la choix de vivre Outre mer ». En effet, nul n’ignore que chacun a organisé sa vie en fonction de son salaire : pension + indemnité. Ce serait une illusion de croire un seul instant que l’indemnité est placée sur un compte et que les retraités ne vivent qu’avec leur pension. Ainsi, une décision qui consisterait à plafonner le plafond des retraites serait inique car une diminution de l’indemnité et ce, quelle qu’en soit le montant, n’entraînerait certainement pas une diminution du montant du remboursement des crédits contractés à moins que l’Etat n’en assure la contrepartie: comme l’a justement souligné un internaute, le banquier ne modifiera pas les échéances. Les retraités d’Outre Mer seront-ils alors contraints de soumettre leur dossier à la commission de surendettement? Est-ce cela le respect de la dignité des personnels du par l’Etat à ceux qui ont travaillé de longues années dans un service public.
La dignité, l’équité sont là des mots bien galvaudés aujourd’hui. Par exemple, le décret de 52 qu’il me plaît à rappeler est trop souvent occulté lorsque l’on parle d’équité. En effet, lorsque l’on aborde cette notion, émerge automatiquement des rapprochements soit avec les retraités de métropole soit avec les avantages de nos élus mais il en est un autre tout aussi essentiel repris, comme je l’ai dit, dans le décret de 1952 : Ne précise t’il pas que, "pour des raisons d’équité, le montant de l’indexation devra être égal à celui des personnels actifs". Or, dans la réforme un écart important sera réalisé entre les actifs et les retraités. Les uns mangent des pommes de terre et roulent avec une voiture neuve, les autres mangeront du manioc et rouleront avec une voiture d’occasion. Ca aussi c’est l’équité perçue par nos élus ?
Prompts à inciter une catégorie de la population à s’expatrier, moins prompts à créer les conditions d’un retour d’expatriation : Cela va rappeller pour certains le retrour des Français d'Algérie en 1962. Nul n’ignore que s’il n’y avait pas eu la possibilité de vivre dans des conditions décentes dans les territoires d’Outre Mer nombreux sont ceux qui n’auraient pas quitté la métropole et j’en fais partie. Le contrat tacite est simple : L’état fixe une indemnité incitative avec des conditions précises pour séjourner dans un pays donné. En contrepartie, le fonctionnaire ou l’ex fonctionnaire s’engage à respecter ces conditions. Si l’un ou l’autre ne respect pas les conditions, le contrat est rompu. Pour le fonctionnaire ou l’ex fonctionnaire c’est l’arrêt des prestations et pour l’Etat......Le problème aujourd’hui réside justement dans le fait que c’est l’Etat qui rompt le contrat. Alors, qu’elles sont ou qu’elles seront les mesures indemnitaires pour compenser cette rupture. Beaucoup comprendront et accepteront cette décision si cette rupture est accompagnée de mesures transitoires qui compenseront le préjudice subit par le retraité. C’est ça aussi l’équité mes chers Gouvernants.
On croit par ailleurs rêver lorsqu’on entend nos Gouvernants parler d’uniformiser le montant des indemnités. On ne peut pas croire un seul instant qu’ils ignorent à ce point les différences culturelles, sociales et économiques de chaque département, territoire ou pays d’outre mer. Comment peut-on affirmer que la vie à l’île de la Réunion, en Nouvelle-Calédonie, à Tahiti ou à St Pierre et Miquelon est identique. Ce serait nier également les dernières publications faites sur le coût du panier de la ménagère (72% plus cher qu’en métropole en 2007, 100 % plus cher en 2008 en Nouvelle-Calédonie). Je doute que l’on puisse retrouver des publications semblables dans d’autres pays ou territoires d’Outre mer. Quelle ineptie a pu pousser nos Gouvernants vers une telle décision ? Nos anciens avaient-ils une vision plus réaliste de ces îles lointaines ?
Nul n’ignore en effet que le régime des retraites d’Outre Mer a besoin d’un toilettage. Nul n’ignore aussi qu’il est impératif d’enrayer l’hémorragie des retraités qui s’installent Outre Mer. Il s’agit là, en effet, d’un devoir de citoyens. Reste à savoir si, aujourd’hui, comme hier, la France a toujours besoin d’inciter des retraités à s’installer hors de chez eux. Mais de grâce, Messieurs les Gouvernants, sachez enfin faire preuve d’une réelle équité qui ne saurait être comparée aux retraites en métropole (on ne peut comparer que ce qui est comparable) et pensez à la dignité de vos retraités.
Georges (Nouvelle-Calédonie)

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