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Problèmes d'audition : il est temps d'agir !

L’OMS prédit qu’en 2050, plus d’un milliard de personnes seront en situation de déficience auditive. Cette situation est vécue par les personnes atteintes comme une fatalité ou un tabou, d’autant plus que les représentations sociales restent très largement négatives. Pourtant, la déficience auditive n’est pas uniquement un problème de confort. Son impact sur la santé psychologique, les performances cérébrales et les fonctions cognitives est démontré.


Problèmes d'audition : il est temps d'agir !
Selon l’OMS, aujourd’hui, 360 millions de personnes dans le monde souffrent de déficience auditive incapacitante. En France, on estime que près de dix millions de personnes sont concernées. La limitation fonctionnelle auditive est ainsi le handicap le plus répandu dans l’hexagone !
 
Toutes les tranches d'âge sont concernées par la déficience auditive, qui malheureusement, croît rapidement avec l’âge. De fait, elle touche ainsi 20% des personnes de 50 ans et 75% des plus de 70 ans ! Dans ce contexte, la déficience auditive constitue un des enjeux majeurs de la dépendance, car elle isole un peu plus les personnes âgées et renforce certaines pathologies tant au niveau médical que psychologique.
 
Des réponses mal adaptées aux enjeux

Rappelons que la déficience auditive, non traitée, a des répercussions importantes tant sur le plan familial, social et professionnel, que sur l'état de santé des personnes atteintes. En effet, elle diminue la capacité de communication des personnes atteintes et peut obérer l’acquisition du langage. La déficience auditive a par ailleurs d’importantes conséquences sociales, et économiques.
 
Elle nécessite donc un dépistage et une prise en charge précoces. De fait, plus tôt la déficience auditive est prise en charge, plus efficiente est la réhabilitation. Or la déficience auditive reste en France toujours mal comprise, mal acceptée et méconnue, les réponses proposées ne sont pas adaptées aux enjeux.
 
Ainsi, si les surdités profondes et totales sont aujourd’hui bien prises en charges, notamment celles de l'enfant, les autres types de surdité (légère, moyenne et sévère), pourtant invalidantes, restent encore souvent trop négligées. On note par ailleurs que 5 millions de personnes qui auraient besoin de stratégies de compensation auditive (appareillage, exercices de stimulation, outils favorisant le confort d'écoute) ne sont pas appareillées.
 
A titre de comparaison, le taux de pénétration de l'appareillage auditif est de 15,2% en France contre 20% en Allemagne (pays comparable en ce qui concerne la population vieillissante), 39,2 % au Royaume-Uni, ou 43,5 % au Danemark.

Agir pour l’audition

Afin de rassembler les différents acteurs concernés par la déficience auditive et de porter la question sur la place publique, le Pr. Bruno Frachet et Geneviève Monguillot ont fondé en 2011 l’association « Agir pour l’audition. Ils seront rejoints par les pr Sterkers, chef de service à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière et Garabedian, chef de service à l’hôpital Necker. L’association a pour ambition de devenir un organisme de référence sur l’audition afin de sensibiliser les pouvoirs publics et le grand public aux enjeux posés par la déficience auditive. Elle se fixe également comme mission de soutenir la recherche scientifique et d’aider les personnes concernées et leurs familles en promouvant les solutions pour une meilleure santé auditive. En 2014, Agir pour l’audition obtient le soutien de la Fondation Bettencourt Schueller. Grâce à ce soutien, elle peut envisager de poursuivre son développement de manière plus ambitieuse. 


Publié le Jeudi 19 Mars 2015 dans la rubrique Santé | Lu 1185 fois