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Senior Actu

Problèmes d’audition : 10 millions de personnes concernées dont une forte proportion de seniors…

Selon l’étude Handicap-Santé, dix millions de personnes présentaient en France des problèmes d’audition en 2008… Et avec le vieillissement de la population, ce chiffre ne peut qu’augmenter dans les années à venir. De fait, après 50 ans, une personne sur trois est concernée et plus d’une sur deux après 80 ans.


Pour 5,4 millions de personnes, ces limitations auditives, considérées comme allant de moyennes à totales, sont susceptibles d’avoir des répercussions sur leur vie quotidienne.
 
Parmi elles, 360.000 ont des limitations très graves à totales puisqu’elles sont dans l’incapacité de suivre une conversation à plusieurs.
 
La plupart des problèmes auditifs apparaissent avec l’âge. En 2008, parmi les 5,4 millions personnes ayant des limitations moyennes à totales, seules 6%, soit environ 330 000 personnes, ont eu des problèmes auditifs avant 20 ans, 250.000 avant 6 ans.
 
À 25 ans, moins de 5% de la population ressent de légères difficultés à entendre ce qu’il se dit dans une conversation à plusieurs personnes ; à 50 ans, une personne sur cinq est atteinte de limitations fonctionnelles auditives au moins légères, une personne sur dix souffre d’une limitation fonctionnelle auditive moyenne à totale.
 
Aux âges avancés les problèmes auditifs deviennent courants : après 80 ans, plus d’une personne sur deux a des problèmes auditifs au moins légers, 20% à 30% ont des limitations graves à totales.
 
En tout, 230 000 personnes ayant des limitations auditives légères à totales vivent en institution. Parmi elles, 133.000 sont atteintes de limitations moyennes à totales. Ces dernières sont très majoritairement des femmes (72%) et elles sont âgées (83% ont plus de 80 ans). Elles séjournent principalement dans des établissements pour personnes âgées : 92% vivent en EHPAD, USLD ou en maison de retraite. Seulement 6% vivent dans des institutions pour adultes handicapés, MAS-FAM ou autres, et 2% en établissements psychiatriques.
 
Les personnes ayant les limitations fonctionnelles les plus graves vivent plus souvent en institution. Si seulement 1,5% des personnes ayant des limitations moyennes vivent en institution, c’est le cas de 9% des personnes ayant des limitations très graves ou totales.
Les problèmes auditifs touchent plus souvent les hommes : 17,2% d’entre eux sont concernés par des limitations de l’audition au moins légères contre 15% des femmes. Les limitations fonctionnelles auditives (LFA) moyennes à totales concernent également les hommes (9,9% des hommes contre 7,4% des femmes). L’écart des prévalences masculines et féminines se creuse à partir de 40 ans jusqu’à 75 ans, pour disparaître ensuite pour les tranches d’âge les plus élevées. À structure d’âge égale, l’écart homme-femme est plus prononcé, avec 10,4% de LFA moyennes à totales pour les hommes, 7% pour les femmes.
 
De nombreuses études font état de ces différences entre hommes et femmes. Elles sont usuellement expliquées par les spécificités des métiers et des secteurs d’activité, les activités masculines dans les usines ou les ateliers se déroulant dans des univers bruyants. La fréquentation de concerts, l’écoute de musique ou la pratique prolongée de jeux vidéo sont également évoquées, les hommes étant davantage concernés par les pratiques à risques et moins sensibles aux campagnes de prévention.
 
La compensation des difficultés d’audition se fait principalement par l’usage de prothèses auditives ou d’implants. Ainsi, 20% des personnes ayant des limitations fonctionnelles auditives moyennes à totales, soit 1.000.000 à 1.200.000 personnes, en sont équipées en 2008. Les appareils auditifs sont davantage portés par les femmes et par les cadres supérieurs, à âge égal et pour un même niveau de gravité.
 
Dix ans plus tôt, 13% des personnes ayant des limitations fonctionnelles auditives moyennes à totales étaient équipées d’un appareil auditif. La croissance des équipements s’explique en partie par l’amélioration de la qualité des prothèses et des implants cochléaires au cours de la dernière décennie.
 
Après équipement, 31% des personnes ayant des limitations moyennes à totales n’ont plus de difficultés pour entendre ce qui se dit dans une conversation à plusieurs personnes ; 25% ont encore beaucoup de difficultés et 12% en sont dans l’incapacité.
 
Par ailleurs, deux millions de personnes déclarent avoir besoin d’un appareil auditif, soit deux fois plus que le nombre de personnes actuellement équipées. Les raisons de ce sous-équipement sont multiples. Les appareils auditifs sont faiblement remboursés par la Sécurité sociale alors qu’ils sont relativement onéreux (1 535 euros en moyenne pour une prothèse en 20111). La prestation de compensation du handicap (PCH), les fonds départementaux de compensation du handicap et les garanties des orga-nismes complémentaires d’assurance maladie améliorent en partie le taux de remboursement, mais ne permettent pas de couvrir l’intégralité de son coût. La compensation auditive peut elle-même ne pas être entièrement satisfaisante, surtout pour les personnes âgées. Enfin, le refus de s’équiper pourrait être de nature psychologique, comme pour d’autres aides techniques, les appareils auditifs étant perçus comme un marqueur de vieillissement.
 
Toujours selon cette enquête, 46% des personnes ayant des difficultés auditives moyennes à totales sont atteintes d’autres limitations (motrices, visuelles, intellectuelles, psychiques ou cognitives) contre 20% de l’ensemble de la population. Elles sont ainsi davantage exposées à des restrictions dans les activités de la vie quotidienne.
 
Près du tiers des personnes ayant des problèmes auditifs se font aider par leur entourage ou des professionnels pour des actes de la vie courante. Seules un cinquième des personnes ayant des difficultés moyennes à totales portent un appareil auditif.
 
Toutefois, souligne encore cette étude, la participation à la vie sociale n’est affectée que pour les personnes ayant les limitations auditives les plus importantes. Les individus ayant des limitations très graves ou totales vivent moins souvent en couple et sont moins souvent en emploi. Les rencontres avec la famille et les amis restent néanmoins aussi fréquentes que dans l’ensemble de la population.


Publié le Mercredi 5 Mars 2014 dans la rubrique Bien-être | Lu 713 fois