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Prévention des chutes accidentelles chez les personnes âgées

La Société française de documentation et de recherche en médecine générale (SFDRMG) et la Haute Autorité de Santé* viennent d’élaborer en partenariat, des recommandations destinées aux professionnels (médecins, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, infirmiers, aides-soignants, etc.) sur la prévention des chutes accidentelles chez la personne âgée.


Le vieillissement est un processus complexe, variable selon les individus, et le risque de chute accidentelle n'est pas strictement lié à l'âge. Les données d'observation montrent que selon l'avancée en âge de la personne, les capacités d'adaptation au risque de chute déclinent et la mortalité associée aux chutes augmente.

Mais de nombreux facteurs peuvent aussi favoriser les chutes : la prise de médicaments, les maladies altérant les fonctions sensitives, cognitives ou motrices, le comportement et l'environnement.

Les conséquences des chutes chez la personne âgée peuvent êtres majeures. Indépendamment du risque de fracture (dans la majorité des cas, du fémur) et des séquelles physiques, la chute accidentelle a un impact psychologique important : peur de tomber, perte de confiance en soi, angoisses. Au maximum, le syndrome post-chute entraîne une désadaptation psychomotrice avec perte d'autonomie, troubles de la posture et de la marche, qui majorent le risque de nouvelles chutes.

Il est donc « important de mettre en place des stratégies de repérage du risque de chute, de prévention et de réadaptation multifactorielle et personnalisée. Ces stratégies sont essentielles au maintien de l'autonomie des personnes âgées » indique le communiqué de la Haute Autorité de santé qui précise par ailleurs que le traitement des chutes intervenant à la suite d'un malaise (perte de connaissance, accident vasculaire cérébral) est exclu de ces recommandations car il nécessite une prise en charge médicale spécifique.
Prévention des chutes accidentelles chez les personnes âgées

Repérage et évaluation des personnes âgées à risque de chute

Penser systématiquement au risque
La prévention primaire repose sur le repérage du risque. Il est recommandé de demander à toute personne âgée, si besoin à son entourage, quel que soit le motif de consultation, si elle est tombée durant l’année précédente, et dans quel contexte.

Même s’il n’y a pas eu de chute, le simple fait de poser la question permet de parler de prévention. La plupart des personnes âgées ont comme souhait prioritaire de rester capables d’assumer leurs propres choix de vie, en toute indépendance. L’approche systématique et directe du risque de chute n’est pas contradictoire avec ce souhait si elle se fait dans le cadre de la promotion d’un « mieux vieillir » qui s’adresse à tous et semble plus efficace que des mesures ciblées sur la « personne âgée », ou focalisées sur le « risque de chutes ».

Rechercher les facteurs de risque
De nombreux facteurs, intrinsèques ou extrinsèques, que l’examen clinique habituel et l’interrogatoire peuvent mettre en évidence, sont prédictifs de chutes ultérieures, notamment lorsqu’ils sont associés. Il est recommandé d’en évaluer l’importance chez la personne âgée.

Les médicaments ou maladies altérant les fonctions sensitives, cognitives ou motrices sont susceptibles d’augmenter le risque de chute chez les aînés. Le risque augmente avec le nombre de maladies présentes ou de médicaments pris. Par ailleurs, le risque de traumatisme consécutif à la chute est plus important chez les femmes âgées de race blanche et de faible poids (qu’il soit exprimé en poids total, IMC ou masse graisseuse), et en général en cas de pathologies fragilisant l’os, altérant la vision, la marche et l’équilibre ou en cas de polypathologie chronique.

Améliorer la prise en charge de ces problèmes de santé et réduire la polymédication sont les principales cibles des programmes d’intervention multifactorielle de prévention des chutes.

De nombreux facteurs extrinsèques, comportementaux ou environnementaux, interviennent dans la genèse de la chute et de ses conséquences traumatiques éventuelles. Des mesures standard de prévention des chutes ne paraissent pas réalistes : elles doivent toujours être personnalisées en tenant compte à la fois des dangers de l’environnement, des comportements et des capacités de réaction propres à la personne concernée.

Réaliser quelques tests simples
Réaliser quelques tests simples peut être utile à titre systématique pour confirmer l’absence de risque de chute au cours de la consultation. C’est indispensable en cas de chute signalée, même si elle paraît banale, ou en présence de facteurs de risque de chute.

Interventions recommandées :

En présence de facteurs de risque de chute, ou d’antécédents de chutes, médicalisées ou non, il est recommandé de proposer à la personne âgée concernée, en fonction des résultats de l’évaluation signalée ci-dessus, un programme personnalisé de rééducation-réadaptation destiné à améliorer ses capacités physiques et renforcer son autonomie.

Les programmes ayant le mieux démontré leur efficacité intégraient les éléments suivants :
- rééducation de la force musculaire des muscles porteurs ;
- rééducation de l’équilibre et de la marche, surtout chez les personnes âgées vivant à domicile et ayant déjà chuté et/ou ayant des troubles de la marche ou de l’équilibre ;
- apprentissage de l’usage approprié des matériels d’assistance (cannes, déambulateurs, etc.) ;
- aménagement des dangers du domicile ;
- correction des troubles visuels éventuels ;
- « toilettage » des ordonnances médicamenteuses, notamment en ce qui concerne les psychotropes.

Selon le document de la Haute Autorité de Santé, « environ 9.000 décès de personnes âgées de plus de 65 ans sont associés chaque année en France à une chute, bien que cette donnée globale ne soit pas suffisante pour établir un lien de causalité directe. La mortalité associée à ces chutes augmente rapidement avec l’avancée en âge, dans les deux sexes ».

*La Haute Autorité de santé est un organisme d'expertise scientifique, consultatif, public et indépendant, chargé : d'évaluer l'utilité médicale de l'ensemble des actes, prestations et produits de santé pris en charge par l'assurance maladie ; de mettre en œuvre la certification des établissements de santé ; de promouvoir les bonnes pratiques et le bon usage des soins auprès des professionnels de santé et du grand public.

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Publié le Vendredi 24 Février 2006 dans la rubrique Santé | Lu 28834 fois