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Pour vivre vieux… vivons à deux !

N’en déplaise aux célibataires endurcis, il semblerait que la vie de couple favorise la longévité. En effet, selon une récente enquête* de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) qui s’est penché sur le lien entre mortalité et vie à deux, les personnes qui sont en couple vivent en moyenne plus longtemps que celles qui sont seules.


Tout d'abord, l'enquête rappelle qu'entre 40 et 90 ans, 80 % des hommes et 65 % des femmes vivent en couple. Elle souligne également que « les situations conjugales des femmes sont plus diversifiées que celles des hommes, en particulier aux âges élevés ».

En cas de rupture d'union ou de décès du conjoint, souligne l’Insee « les hommes ont davantage tendance à former un nouveau couple, en général avec des femmes plus jeunes. Les femmes, dont l'espérance de vie est plus élevée, restent de leur côté plus souvent veuves. Ainsi, au-delà de 70 ans, la majorité des femmes n'est plus en couple, contrairement aux hommes. Entre 70 et 80 ans, seule une femme sur deux est encore en couple ». Et après 80 ans, plus de la moitié des femmes (56 %) ont perdu leur conjoint ».

Aux mêmes âges, la part des hommes qui vivent en couple est toujours supérieure à 70 %. Parmi les 40-90 ans, 8,1 % des hommes et 8,0 %des femmes n'ont jamais vécu en couple. Parmi les plus de 70 ans, la proportion est respectivement de 7,1 % et 9,4 %.

« À âge donné, les personnes seules sont plus nombreuses à décéder » remarquent encore les spécialistes de l'Insee. Et de préciser que « les personnes qui ne vivent pas en couple ont une plus grande mortalité quel que soit l'âge. Entre 40 et 50 ans, leur taux de mortalité est deux à trois fois plus élevé. Mais l'écart se réduit ensuite au fur et à mesure de l'avancée en âge ».

Pour les hommes, indique l'Insee, cette surmortalité est plus marquée et persiste après 80 ans. Ainsi, les hommes seuls de 80 à 90 ans ont une probabilité annuelle moyenne de décès de 100 ‰, contre 88 ‰ pour ceux qui vivent en couple. Chez les femmes, la surmortalité touche surtout celles très âgées qui sont séparées : entre 80 et 90 ans, leur taux de décès dans l'année s'élève à 54 ‰ contre 50 ‰ pour celles qui sont toujours en couple. .../...
Pour vivre vieux… vivons à deux !

Les experts de l’Insee remarquent cependant que « le célibat continu coïncide avec une plus faible mortalité aux très grands âges... ». Si les personnes seules meurent davantage que celles qui vivent en couple, celles qui n’ont jamais vécu en couple font exception à partir d’un certain âge, surtout les hommes : le risque de décéder dans l’année des hommes de plus de 80 ans qui n’ont jamais vécu en couple est de 77 ‰ au lieu de 88 ‰ pour les hommes en couple. Pour les femmes, il est de 47 ‰ au lieu de 50 ‰.

De plus, alors que la surmortalité baisse régulièrement avec l’âge pour les personnes n’ayant jamais vécu en couple, il n’en est pas de même pour les veufs et pour les personnes séparées, notamment pour les femmes. Pour eux, la surmortalité par rapport aux personnes en couple, mesurée par le rapport des probabilités annuelles moyennes de décès, n’évolue pas de façon homogène. Elle baisse moins rapidement. Pour les femmes, elle augmente même légèrement pour les 70-80 ans.

Pour les veufs et les personnes séparées s’ajoute un « effet de choc », remarquent les experts en charge de cette étude : le passage de la vie en couple à une situation de vie seule expose à des risques de décès plus élevés. Cependant, la remise en couple, que ce soit après un décès ou une rupture, replace l’individu dans un cas aussi favorable que ceux qui n’ont connu qu’une seule union. ... mais recoupe des caractéristiques qui augmentent le risque de décès plus jeune.

*La présente étude s’appuie plus précisément sur le suivi de 98 100 femmes et 73 100 hommes nés en France et ayant de 40 à 90 ans en 1999. Les décès pris en compte pour le calcul des risques de mortalité couvrent les années 1999 à 2004.


Publié le Mercredi 22 Août 2007 dans la rubrique Société | Lu 8255 fois