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Senior Actu

Pour une retraite autonome et active : résultat d’une enquête mondiale sur l’avenir des retraites

Tous les grands organismes financiers sortent presque simultanément d’importantes études sur la retraite dans le monde. Après AXA et l’Observatoire du Cercle des Epargnants la même semaine, c’est au tour du banquier HSBC de faire paraître, ce qui s’annonce comme la « plus grande enquête jamais réalisée sur le thème de la retraite, couvrant vingt pays et territoires et qui fait ressortir à l’échelle mondiale, une volonté généralisée de vivre une retraite autonome et active, mais où les entreprises tardent à s'adapter ».


Selon les résultats de cette étude intitulée « L'avenir des retraites », réalisée auprès de 21.000 individus et 6.000 entreprises dans vingt pays et territoires, les individus souhaitent abandonner les modèles traditionnels de retraite au profit d’une plus grande autonomie et avoir l’opportunité de conjuguer travail et loisirs.

A la question du financement des retraites, la majorité des personnes interrogées (36 %) estime que l'Etat devrait imposer la mise en place d'une épargne privée obligatoire, tandis que 23 % jugent que la solution réside dans l’augmentation de l'âge de la retraite, 12 % se déclarent en faveur d'une hausse des impôts et 12 % sont en faveur d'une baisse du montant des prestations retraite.

Elle montre d’autre part que, si les personnes âgées sont nombreuses à vouloir continuer à travailler et bien que leurs compétences soient reconnues par les entreprises, les opportunités restent limitées.

Près de la moitié des personnes interrogées (43 %) à l'échelle mondiale ont exprimé le souhait de financer eux-mêmes leur retraite, par le biais de l’épargne individuelle obligatoire ou en poursuivant une activité salariée, à temps partiel par exemple. Mais l'étude a également révélé que si 49 % les entreprises estiment que les salariés plus âgés sont tout aussi productifs et motivés que leurs collègues plus jeunes, elles tardent à tirer profit de cette opportunité.

Stephen Green, directeur général du groupe, déclare que cette étude « sur l'avenir des retraites montre que les individus sont de plus en plus préparés à prendre en charge eux-mêmes le coût de leur retraite. Néanmoins, les gouvernements et les entreprises doivent prendre conscience du rôle qu'ils ont à jouer : ils ne peuvent se permettre d'ignorer les défis et opportunités considérables créés par l'allongement de l'espérance de vie au niveau mondial ». .../...

Aidez nous à être autonomes
L'étude révèle que, dans la plupart des pays, les individus souhaitent être à l’origine du financement de leur retraite. Mais un écart existe entre, d’une part, les personnes qui pensent que leur gouvernement devrait assumer le coût des retraites (30 %) et, d’autre part, les personnes qui estiment que leur gouvernement assumera ce coût (21 %). Les individus souhaitent également que leur gouvernement fasse plus pour les aider à être autonomes financièrement durant leur retraite en imposant par exemple une épargne individuelle obligatoire.

Dr Sarah Harper, directrice de l'Oxford Institute of Ageing, commente : « La perception de la retraite comme une période de loisirs financée à l'issue de la carrière professionnelle est aujourd'hui profondément ancrée dans les mentalités. S'il s'agissait pour beaucoup d'une période de repos dans les années 40, c'est devenu progressivement une récompense aux yeux des salariés, pour s'imposer comme un droit aujourd'hui. Toutefois, l'enquête fait ressortir pour la première fois une demande généralisée pour une forme d'épargne obligatoire en vue de financer soi-même sa retraite ».

Poursuivre une activité professionnelle au-delà de l'âge de la retraite
Toujours selon l'étude, les personnes interrogées à l'échelle internationale souhaitent poursuivre une activité professionnelle au-delà de l'âge habituel de la retraite, 72 % d'entre elles rejetant même le principe d'un âge obligatoire de départ à la retraite car elles estiment que les salariés devraient être autorisés à poursuivre leur activité aussi longtemps qu'ils sont en mesure de faire leur travail de manière satisfaisante.

Les raisons qui poussent les individus à continuer à travailler sont nombreuses : besoins financiers (25 %), nécessité de se rendre utile (22 %), besoin d’activité physique (21 %), besoin d’avoir des relations sociales (13 %) et nécessité de stimulation intellectuelle (13 %). Près d'une personne sur quatre invoque le critère financier pour justifier le souhait de continuer à travailler au-delà de l'âge de la retraite.

Reconnaissance de la valeur des salariés plus âgés
L’enquête montre que les entreprises du monde entier estiment que les salariés plus âgés sont non seulement aussi loyaux et dignes de confiance que leurs collègues plus jeunes (respectivement 58 % et 53 %), mais également tout aussi productifs et motivés (49 % et 45 % respectivement).

En revanche, les salariés sont en demande de politiques d'emploi plus souples qui leur faciliterait le travail au-delà de l'âge de la retraite, notamment en leur permettant de former des collègues plus jeunes (39 %), d'acquérir de nouvelles compétences (32 %), de réaliser des tâches moins difficiles du point de vue physique (31 %) et de travailler moins (32 %).

Il semble que les entreprises tardent à adopter les mesures qui leur permettraient de conserver les salariés plus âgés au sein de leurs effectifs, ce qui constitue une menace pour la culture de l'entreprise et sa continuité, tout en soulevant la question d'une future pénurie de compétences et de la perte d'une expérience précieuse.

Pour le Dr Ken Dychtwald, président d'Age Wave, spécialiste américain sur la question du vieillissement de la population : « Cette étude révèle le début d'un changement des mentalités des employeurs vis-à-vis des salariés plus âgés. Il est intéressant de constater que les salariés âgés sont nombreux à demander des systèmes plus souples, leur permettant de travailler à temps partiel par exemple ou d'alterner périodes d'activité et périodes de loisirs une fois atteint l'âge de la retraite. En outre, pour la plupart d’entre eux, un environnement stimulant, la possibilité de continuer à apprendre ou de former des collègues plus jeunes, sont souvent considérés comme plus importants que des compensations financières ».

L'étude d'HSBC révèle ainsi que pour les salariés français un cadre de travail agréable et stimulant et la possibilité de transmettre son savoir-faire aux jeunes est considérée comme prioritaire au delà des revenus supplémentaires. Mais, si les employeurs français s'accordent à reconnaître que les salariés cinquantenaires sont, au moins si ce n'est plus, sûrs (98 %), fidèles (97 %) et productifs (89 %) que les jeunes, ils ne considèrent pas pour autant nécessaire (33 %) ni urgent (30 %) d'envisager le recrutement de salariés cinquantenaires.

Au-delà de ce fossé, citoyens et entreprises français se rejoignent sur le rôle que doit jouer l'Etat : 44 % des individus et 53 % des employeurs disent que l'Etat devrait prendre en charge les retraites mais seulement 26 % des Français et 14 % des entreprises pensent qu'il le fera. C'est pourquoi 40 % des Français aimeraient pouvoir choisir leur âge de départ à la retraite, contre 36 % des personnes interrogées au niveau international. Et 54 % des Français (70 % des employeurs) estiment que c'est par l'épargne privée, encouragée par l'Etat qu'ils pourront jouir d'une retraite heureuse.

Une vision active et positive de la retraite
Dans le monde entier, les individus associent la retraite aux notions de liberté, de bonheur et d'épanouissement. La qualité de la vie après la retraite est définie en fonction de critères liés à la famille, aux amis et à la santé et non pas à l'argent. Par ailleurs, il ressort de l'étude que les individus souhaitent rester actifs, tout en contribuant à la société et en continuant à travailler sous une forme aménagée après leur retraite. Une préparation, sous quelle que forme que ce soit, est nécessaire pour parvenir à atteindre ces objectifs, notamment du point de vue financier.

Plus que jamais, les individus sont aujourd'hui prêts à prendre des responsabilités, mais ils sont en attente d'un soutien de la part de leur gouvernement, par exemple via la mise en place d'une épargne supplémentaire obligatoire.

Et M. Green de conclure : « HSBC s'est engagé à étudier et à comprendre l'évolution des comportements des individus, des entreprises et des gouvernements face à l'allongement de l'espérance de vie et à la retraite, tout en contribuant au débat mondial sur les questions associées au vieillissement de la population ».

Cette deuxième étude a été réalisée dans vingt pays et territoires (Royaume-Uni, Etats-Unis, Hong Kong, Chine, Japon, Brésil, Inde, Canada, Mexique, France, Singapour, Arabie Saoudite, Malaisie, Allemagne, Indonésie, Egypte, Pologne, Russie, Turquie et Suède) représentant 62 % de la population mondiale.

21 000 personnes ont été interrogées tandis que les comportements de 6.000 entreprises ont été étudiés afin de comparer leurs opinions et leurs attentes. A titre de comparaison, l'étude 2005 couvrait dix pays et territoires, pour 10.000 personnes environ .

Elle a été menée en partenariat avec Harris Interactive, Age Wave et l'Oxford Institute of Ageing dans le cadre d'un accord stratégique de cinq ans.


Publié le Vendredi 28 Avril 2006 dans la rubrique Retraite | Lu 4763 fois