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Pour des dents saines et blanches ! Le point avec le Dr Paul Miara

A l’occasion d’une conférence de presse organisée par l’Association dentaire française (ADF), le Dr Paul Miara, dentiste à Paris a fait le point sur les différentes techniques permettant, quelque soit votre âge, d’arborer de belles dents blanches !


La demande esthétique la plus fréquente concerne le blanchiment des dents, très en vogue depuis le développement des « bars à sourire » qui proposent un blanchiment sans rendez-vous pour un prix inférieur à 100 euros. Agréé par la Commission européenne, le gel appliqué agit sous l’effet de la lumière LED que l’on place en face de la bouche du client. Il existe aussi des kits de blanchiment à utiliser chez soi.

« Ces produits sont différents de ceux que nous utilisons dans les cabinets dentaires, ils sont a priori sans danger, mais aussi moins efficaces. Le principal risque de ces pratiques, c’est de se concentrer sur l’esthétique et de passer à côté d’un diagnostic précis par un professionnel. Au-delà de la couleur, il peut y avoir des problèmes de dents et de gencives qui nécessitent un traitement, et que seul un chirurgien-dentiste pourra déceler », estime le Dr Paul Miara.

Dyschromies dentaires : des causes multiples

Les anomalies de couleur, appelées dyschromies, concernent aussi bien les dents de lait des enfants que les dents définitives. Elles ont tendance à s’accentuer avec l’âge, compte tenu du vieillissement des dents, de l’augmentation des dents dépulpées (dents dévitalisées suite au retrait du nerf), et des facteurs de risque comme les habitudes alimentaires, le tabagisme, la prise de médicaments, les traumatismes…

La dent est composée d’émail, de dentine, de cément et de la pulpe. Ces différents tissus possèdent des propriétés optiques très différentes et la couleur de la dent dépend de leur composition, de leur structure et de leur épaisseur, qui varient considérablement au cours de la vie. La couleur d’une dent se définit par trois paramètres : la teinte, la saturation et la luminosité, auxquelles se rajoutent la translucidité, l’opalescence et la fluorescence. Les anomalies de couleur ou dyschromies résultent d’altérations mécaniques, chimiques ou biologiques.

- Facteurs de coloration externes

Les dyschromies d’origine externe n’affectent en général que l’émail de la dent. Elles peuvent avoir pour origine la plaque dentaire, un dépôt mou qui s’accumule sur les dents et durcit petit à petit pour se transformer en tartre. Blanc ou jaunâtre, il peut se colorer différemment avec les aliments et le tabac. Pour retirer ce dépôt de surface et éviter la formation de tartre, il est conseillé de pratiquer un détartrage tous les six mois. Les colorations peuvent aussi être liées à de mauvaises habitudes alimentaires ou d’hygiène bucco-dentaire.

Ainsi, un brossage trop énergique, un dentifrice trop abrasif, une consommation abusive de boissons acides peuvent altérer la texture, l’épaisseur et la brillance des dents. Certains produits comme le vin, le thé, le café, les fruits rouges, la réglisse… provoquent une coloration brune. Le tabac peut exceptionnellement pénétrer l’émail et donner des colorations tenaces qui vont du jaune au noir, qui ne dépendent pas de la quantité consommée, mais de la qualité de la surface de la dent et des colorations préexistantes.

- Facteurs de coloration héréditaires ou pathologiques

Certaines colorations résultent de l’hérédité qui donne des dents plus foncées que les normes habituelles, mais elles sont le plus souvent dues au vieillissement et au changement dans la composition et/ou l’épaisseur des tissus dentaires. Avec le temps, l’émail devient plus fin et plus translucide et la dentine qui est responsable de la couleur de la dent évolue. Un traumatisme sur une dent, même minime, peut entraîner une hémorragie pulpaire plus ou moins importante et colorer la dent.

L’excès de fluor ou certains médicaments comme les tétracyclines (antibiotiques) peuvent aussi entraîner des dyschromies, de même que la modification du pH de la salive (régurgitations acides, vomissements répétés chez les personnes anorexiques…) ou la diminution du débit salivaire après radiothérapie ou prise d’anxiolytiques.

Les techniques d’éclaircissement chimique

Les traitements d’éclaircissement chimique, appelés « blanchiment », permettent, dans de nombreux cas, d’améliorer, voire de transformer la couleur des dents. Ils peuvent s’effectuer au cabinet dentaire ou à domicile et font appel à l’utilisation de gels plus ou moins concentrés en peroxyde d’hydrogène ou en carbamide, dérivés de l’eau oxygénée. Il est important de rappeler que seules les dents naturelles (dents vitales ou dévitalisées) peuvent être éclaircies. Toutes les reconstitutions en résine ou en céramiques sont donc exclues de ce type de traitement.

Quelle que soit la technique envisagée, la consultation d’un professionnel de la santé bucco-dentaire s’avère nécessaire. Le rôle du praticien auprès de ses patients est important : .un questionnaire médical, une analyse de la psychologie du patient lui permet de cerner la pertinence de la demande du patient et d’écarter les requêtes déraisonnables.

« Ces techniques qui existent depuis plusieurs années sont pratiquées couramment à ce jour par environ un tiers des chirurgiens-dentistes français. Le traitement ambulatoire (à domicile) requiert la prise d’empreintes, puis le port d’une gouttière la nuit durant une à deux semaines. Le traitement au cabinet dentaire, qui utilise un produit plus concentré nécessitant une protection particulière des gencives, se fait en une ou deux séances d’une heure à 1h30 chacune. Il est plus efficace, surtout pour les colorations importantes, et le résultat est plus durable. Cependant, une séance d’entretien peut être nécessaire au bout d’un an ou deux… L’évolution dépend en grande partie de l’hygiène dentaire, des habitudes alimentaires, du tabagisme de la personne », souligne le Dr Paul Miara.

Pour les cas complexes d’éclaircissement : la micro-abrasion

Pour des colorations plus complexes, on peut faire appel à la micro-abrasion amélaire, un traitement chimique et mécanique destiné à éliminer les colorations superficielles de l’émail, par exemple des tâches blanchâtres ou marron sur les dents de devant. Lorsque les colorations sont plus profondes, on y associe une améloplastie (modelage de l’émail de la dent par abrasion) qui se réalise à l’aide d’instruments diamantés.

Ces deux techniques d’élimination superficielle sont souvent associées à une technique d’éclaircissement chimique au fauteuil qui permet à la fois d’éliminer les colorations en surface et d’éclaircir la couleur des dents. L’association de ces trois techniques nécessite une procédure clinique particulière et une chronologie précise des traitements.

Toutefois ces traitements ont des limites… Ils ne sont pas utiles pour des colorations profondes de l’émail dentaire et sont inefficaces pour les colorations dues à l’âge. Dans ce cas, le recouvrement par des facettes ou des prothèses pourra s’avérer nécessaire.


Publié le Vendredi 17 Juin 2011 dans la rubrique Bien-être | Lu 4697 fois