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Polémique autour de la réforme des régimes spéciaux des retraites

François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, a déclaré en début de semaine dans un entretien accordé au Parisien-Aujourd’hui en France, la nécessité de reformer les régimes spéciaux de retraites en cas de victoire en 2007, suscitant des remous à droite et de la colère à gauche.


François Fillon, déjà à l’origine de la réforme des retraites de 2003 alors qu’il était ministre des Affaires sociales, a indiqué mardi dernier, que les retraites spéciales devraient être réformées en cas de victoire de la droite en 2007, et que « cela figurera dans le projet de l’UMP ». Annonce qui a engendré des remous aussi bien chez ses confrères de droite que chez ses adversaires de gauche.

On estime qu’en France, cinq millions de personnes bénéficient de ces régimes spéciaux de retraites. Parmi elles, on trouve des salariés de la SNCF, de la RATP, de GDF, de la Banque de France, les marins, les clercs de notaire ou encore le personnel de l’Opéra de Paris. Ces régimes permettent généralement des départs en retraite à 55 ans, voire 50 ans dans certains cas.

La présidente (CGC) de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse (CNAV), Danièle Karniewicz, s’est déclarée « tout à fait » d’accord avec François Fillon. « Je pense qu'il pose la question et que la question est effectivement à poser. C'est une réalité dans ce pays » tout en soulignant qu’il s’agit là d’un dossier explosif. Elle estime par ailleurs qu’en période électorale, il faut que la question des retraites soit au cœur de la campagne.

L’UDF se dit favorable à une telle réforme mais précise cependant que cette annonce intervient alors que l’UMP est au gouvernement depuis cinq ans.

Du côté du Mouvement pour la France (MPF), parti de Philippe de Villiers, on précise que les « régimes spéciaux de retraite doivent être réformés » tout en soulignant que si Nicolas Sarkozy « souhaitait réellement réformer les régimes spéciaux, il aurait déjà pu le faire ».

A gauche, le président du groupe PS, évoque des propos « révélateurs d'une conception autoritaire du pouvoir » et précise qu’on « est loin du gaullisme ». Ségolène Royal dénonce une annonce « intempestive et dangereuse » et ajoute qu’un tel dossier devrait se traiter à l'issue d'une consultation générale. « Nous devrons le faire, non pas en dénonçant du doigt un certain nombre de catégories, en dressant les Français les uns contre les autres, mais en ouvrant une consultation générale avec les organisations syndicales », a-t-elle ajouté. Elle estime par ailleurs qu’il existe des inégalités plus criantes, citant les régimes des retraites « des élus et des parlementaires ».

Marie-George Buffet (PC) juge « choquante » la volonté de remise en cause des régimes spéciaux. Arlette Laguillier (Lutte Ouvrière) considère que la droite veut « continuer à démolir la retraite de tous les salariés sans exception ».

Quant au Premier ministre Dominique de Villepin, il a appelé mercredi soir « à ne pas monter certains Français contre d'autres », en soulignant qu'il n'y avait « pas de projet du gouvernement sur les régimes spéciaux » de retraite. « Il y a un rendez-vous prévu en 2008 qui doit faire l'objet d'une très large concertation, d'un très large dialogue. Il est très important de tirer à chaque étape les leçons de l'expérience : concertation, dialogue », a-t-il ajouté.

Polémique autour de la réforme des régimes spéciaux des retraites


Publié le Jeudi 14 Septembre 2006 dans la rubrique Retraite | Lu 15398 fois