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Senior Actu

Plan seniors pour l’emploi : réaction des partis et des syndicats

Alors que le gouvernement a présenté cette semaine son plan d’emploi pour les seniors, qui vise à atteindre l'objectif européen de 50% des 55-64 ans en activité d'ici à 2010 -contre 37,3% en 2004-, les réactions des partis politiques et des syndicats ne se sont pas fait attendre.


Pour la Cgt, qui a décidé de ne pas signer l’accord, « ce Plan consacrerait la précarisation des salariés âgés. Les seniors n’auraient plus le droit à un véritable emploi » et d’ajouter que « le CDD renouvelable, réservé dans un premier temps aux chômeurs âgés, risque de devenir la norme d’emploi pour les seniors ».

Force Ouvrière considère qu’avec le CDD de 18 mois renouvelable une fois pour les 57 ans et plus, le Premier ministre Dominique de Villepin « propose à ces travailleurs déjà âgés, (…) des emplois précaires » et estime que le gouvernement va « fournir au patronat une main-d'œuvre la plupart du temps qualifiée et en tout cas expérimentée, à des salaires bradés ».

Le Parti socialiste indique sur son site que « d’autres cadeaux au patronat sont au programme, notamment la suppression progressive de la contribution Delalande - taxe payée par les entreprises qui licencient un employé de plus de 50 ans – et qui est pourtant justifiée par le surcoût occasionné à l’Unedic par les licenciements des salariés de plus de 50 ans ».

Pour sa part, la CFE-CGC (syndicat des cadres) annonce qu’il « ne faut pas se tromper d’objectif » et précise que « le plan annoncé s'inscrit dans la continuité et la complémentarité de l'accord national interprofessionnel du 13 octobre 2005 relatif à l'emploi des seniors » qu’elle a décidé de signer.

Elle considère que « la contribution Delalande ne semble pas répondre à son objectif, à savoir limiter l'éviction des seniors. Sa suppression, même progressive, n'infléchira pas pour autant les comportements des chefs d'entreprise. Ceux-ci sont toujours frileux quant à l'embauche des plus de cinquante ans, quelles que soient leurs compétences. Il faut conditionner l'éventuelle suppression de cette taxe à un changement d'attitude. Une réflexion sur ses modalités ou son utilisation serait peut-être plus pertinente ».

De plus, cette confédération s’annonce prête « à examiner la question du cumul emploi-retraite. Toutefois, une amélioration du maintien et du retour dans l'emploi des seniors en âge d'activité lui apparaît comme un préalable avant d'assouplir les règles permettant à des retraités de retravailler ». Pour Bernard Van Craeynest, président confédéral, « il est hors de question de cautionner un complément de rémunération à des retraites maigrelettes ».

Et la CFE-CGC de conclure qu’elle « s'inscrit dans la volonté gouvernementale de faire une priorité de l'emploi des seniors mais l'objectif doit bien être l'emploi, un véritable emploi, correctement rémunéré et non simplement une amélioration des statistiques ».

Une dernière réunion avec les partenaires sociaux aura lieu le 1er février, a annoncé cette semaine Gérard Larcher, ministre délégué à l'emploi. De plus, une Conférence nationale sur les seniors sera présidée par le Premier ministre, fin février.

Le plan d'action se mettra en place en juin prochain, après adoption des mesures nécessitant un passage au Parlement. Le ministère espère que les partenaires sociaux se décideront d'ici-là à signer l'accord du 13 octobre, dont le plan quinquennal reprend l'essentiel des mesures.

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Publié le Vendredi 20 Janvier 2006 dans la rubrique Emploi | Lu 6166 fois