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Plan Alzheimer : bilan du gouvernement un an et demi après son lancement

Le Plan Alzheimer, lancée en février 2008 par le président de la République est en place depuis plus d’un an et demi maintenant… L’occasion pour le gouvernement d’effectuer un petit bilan d’étape sur les différentes actions mises en place afin de lutter contre cette maladie neurodégénérative qui touche plus de 800.000 personnes en France.


Avant de présenter ce premier bilan, rappelons que le Plan Alzheimer 2008/2012 vise deux cibles prioritaires : les malades et leur entourage. Il se décline en 44 mesures concrètes étalées sur cinq ans et financées à hauteur de 1,6 milliard d'euros, dont 1,2 milliard d'euros pour le volet médico-social.

Un an et demi après, quelles avancées pour les malades ?
Il est difficile d'agir pour les malades sans connaître la maladie elle-même. C'est pourquoi le plan prévoit un effort de recherche doté de 200 millions d'euros entre 2008 et 2012. Cet effort s'appuie sur une fondation de coopération scientifique qui a pour but d'attirer les meilleurs chercheurs sur les meilleurs projets tout en développant des partenariats avec les acteurs privés. Créée dès la fin juin 2008, cette fondation a déjà réalisée une percée importante en septembre 2009 avec la découverte de deux nouveaux gènes prédisposant à la maladie.

Même frappée par la maladie d'Alzheimer, une personne doit avoir le libre choix de rester chez elle, dans un environnement qu'elle connaît et où elle a des repères :
- pour faciliter la prise en charge à domicile, le Plan prévoit 500 équipes mobiles pluridisciplinaires, composées de professionnels formés à l'accompagnement des malades et de leur entourage dès le début de la maladie. « Ces équipes sont une réalité ! » affirme le gouvernement. Elles sont actuellement expérimentées auprès de 40 services de soins infirmiers à domicile (Ssiad) ;
- depuis 2008, toujours selon le gouvernement, ce sont 6.000 places de Ssiad qui sont financées chaque année. En développant les services à domicile, l’Etat souhaite offrir à davantage de malades le choix de rester chez eux ;
- lorsqu'en situation de crise une hospitalisation s'impose, la création d'ici à 2012 de 120 unités spécialisées hospitalières doit permettre d'éviter un passage trop long aux urgences, source de grande fragilisation pour ces patients. 21 fonctionnent déjà ou sont sur le point de commencer leur activité.

Il arrive également que le maintien à domicile ne soit plus possible, ni même souhaitable devant l'aggravation des troubles du comportement, ce qui nécessite une prise en charge en établissement. Face à de telles situations, il faut continuer à adapter les établissements pour une meilleure prise en charge des malades. D'ici à 2012, pour les malades les plus gravement atteints, 5.000 places dans des unités d'hébergement renforcées devraient être labellisées, ainsi que 25.000 places dans des pôles d'activité et de soins adaptés pour les malades présentant des troubles du comportement modérés.

Et pour l'entourage ?
Il n'est pas question de laisser les familles seules face au drame d'Alzheimer. Aider l'entourage, c'est aussi aider les malades.

Parce que vivre avec un malade d'Alzheimer ne s'improvise pas, il est prévu de créer, sur tout le territoire, des Maia (maisons de l'autonomie et de l'intégration pour les malades d'Alzheimer), portes d'entrée uniques dans le dispositif de prise en charge. Nora Berra, secrétaire d'Etat chargée des Aînés, a inauguré la première Maia le 21 septembre dernier. Pour l'année 2009, 17 sites sont en cours d'expérimentation.

Parce qu'ils sont contraints de veiller constamment sur les malades, les aidants sont soumis à une pression permanente. Il existe pourtant des structures qui leur permettent de « souffler » quelques heures en accueillant les malades pendant une ou plusieurs demi-journées.

« Les créations de places d'accueil de jour seront poursuivies dans les cinq ans à venir » affirme le gouvernement. Afin d'élargir l'offre pour répondre aux besoins très divers des malades et des aidants, onze plateformes d'accompagnement et de répit sont en cours d'expérimentation. Elles réunissent une variété de services tels que l'accueil de jour, mais aussi le répit à domicile, la garde de nuit, l'hébergement temporaire, l'accueil familial, les séjours de vacances, les activités cultuelles, physiques ou artistiques. Après évaluation en 2010, les formules plébiscitées seront généralisées.

Aider les proches, c'est également les former afin qu'ils ne soient pas démunis face aux symptômes de la maladie : deux jours de formation par an sont ainsi proposés à chaque aidant familial à partir de ce mois de novembre.

Avec la crise, le Plan Alzheimer est-il remis en cause ?
« Le contexte de crise économique ne remet pas en cause les engagements pris par le président de la République. Le Plan Alzheimer s'étend jusqu'en 2012, et les engagements seront tenus » précise encore le gouvernerment.

- le budget 2010 prévoit la création de 600 pôles d'activité et de soins adaptés, de 140 unités d'hébergement renforcé et de 170 équipes mobiles pluridisciplinaires ;
- les crédits 2010 permettront également de financer 2 125 places d'accueil de jour et 1 125 places d'hébergement temporaire, essentielles pour soulager les familles (soit 3 000 places de répit ou équivalent).


Publié le Jeudi 3 Décembre 2009 dans la rubrique Santé | Lu 3529 fois