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Peut-on devenir 'accroc' au Botox s'interrogent des scientifiques britanniques

De plus en plus d’hommes et de femmes quadras/quinquas/sexas sont séduits par le Botox, un anti-ride temporaire particulièrement efficace. Cependant, selon des scientifiques britanniques, ce traitement administré sous forme d’injections, pourrait entraîner une addiction psychologique chez certains patients... à la recherche de la jeunesse éternelle.


Peut-on devenir 'accroc' au Botox s'interrogent des scientifiques britanniques
En quelques piqûres, le Botox efface indéniablement les pattes d'oie, les rides du lion (entre les sourcils) ou celles du front. L'efficacité de cet anti-ride temporaire fabriquée à base d'une toxine* -purifiée et débarrassée de ses effets toxiques- administrée par le biais d'injections directement dans le site à traiter n'a plus rien à prouver. Et malgré des tarifs qui oscillent entre 200 et 600 euros en fonction du nombre de rides, et des actes qui doivent être répétés tous les quatre à six mois, les clients se disent satisfaits et poursuivent le traitement. De ce côté-là, rien à redire.

En réalité, ce qui inquiètent certains scientifiques, c'est le risque d'accoutumance psychologique à ce « remède miracle ». Ils craignent que certains patients abusent et recourent trop souvent aux effets visiblement rajeunissants de ce produit.

Ainsi, selon une récente étude réalisée par un psychologue britannique dans 81 cliniques, 40% des clients ayant recours régulièrement à des injections de toxine botulique (plus connue sous la dénomination commerciale de Botox) le feraient de manière compulsive. Selon le docteur Carter Singh, à l'origine de cette enquête, certains patients pourraient devenir psychologiquement –mais en aucun cas physiquement- dépendants de cet anti-âge.

Le Botox serait donc en quelque sorte, victime de son succès. Selon un chirurgien esthétique de Plymouth en Grande-Bretagne, « les gens utilisent le Botox parce qu'ils ont peur de vieillir. Or, lorsqu'on leur injecte ce produit, le résultat est efficace, leur entourage les trouve plus en forme, plus frais. En paraissant plus jeunes, les patients se sentent donc mieux dans leur peau. Mais pour rester dans cet état, pour qu'il dure le plus longtemps possible, certaines personnes peuvent être tentées d'y revenir trop souvent ».

Un praticien new-yorkais, indique de son côté, qu'il a du parfois refreiner l'enthousiasme de certains de ses clients qui revenaient pour de nouvelles injections dès l'apparition de la plus infime ridule, alors même que les effets des piqûres précédentes n’avaient pas encore disparu.

Cependant, un praticien de Notting Hill à Londres tempère ces inquiétudes et doute qu'il existe un réel risque de devenir « accroc » à ce traitement. Selon lui, si au bout d'un an vous comparez deux patients ayant reçu des injections de Botox : l'un tous les six mois et l'autre tous les trois mois, au total, on leur aura probablement administré la même quantité de produit.

Un autre chirurgien esthétique new-yorkais estime quant à lui qu’il n’y a pas plus d’accoutumance au Botox qu'aux teintures de cheveux. « Ce n’est pas un comportement d’addiction » dit-il. « Cela fait partie de notre désir d’apparaître toujours au mieux de notre forme ».

Enfin, précisons que cette étude a également montré que plus de la moitié des utilisateurs de Botox estiment, non seulement qu'ils paraissent plus jeunes, mais également qu'ils se sentent plus jeunes. Mais c'est comme tout, il ne faut pas en abuser.

Les toxines botuliques

* Rappelons que les toxines botuliques sont de puissants poisons. Elles provoquent une maladie appelée le botulisme. Comme le précise l'Organisation Mondiale de la Santé, « le botulisme a une faible incidence mais la mortalité est élevée si le traitement n'est pas immédiat. La maladie est mortelle dans 5 à 10 % des cas. Les premiers symptômes caractéristiques sont une asthénie marquée, une sensation de faiblesse et des vertiges. Les troubles visuels, la sécheresse buccale et les troubles de l'élocution et de la déglutition apparaissent ensuite. Il arrive que l'on observe des vomissements, de la diarrhée ou de la constipation et un ventre ballonné. La maladie évolue vers une faiblesse du cou et des bras avant de toucher les muscles respiratoires et ceux du bas du corps. La paralysie peut rendre la respiration difficile. Il n'y a pas de fièvre, ni de perte de conscience. En général, des symptômes identiques apparaissent chez les personnes ayant partagé les mêmes aliments. La plupart des cas guérissent s'ils sont traités immédiatement et correctement, c'est-à-dire en posant rapidement le diagnostic, en administrant sans délai l'antitoxine et en instaurant des soins respiratoires intensifs.


Publié le Mardi 19 Septembre 2006 dans la rubrique Bien-être | Lu 6610 fois