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Personnes âgées : impact des caroténoïdes dans le vieillissement cérébral

En analysant les données de l'étude épidémiologique EVA (« Epidémiologie du Vieillissement Artériel »), les chercheurs de l'Inserm ont montré que le vieillissement cérébral était lié à des taux plasmatiques faibles de certains caroténoïdes (apportés par les fruits et légumes) : le lycopène et la zéaxanthine. Publiés dans le numéro de mars du Journal of Gerontology, ces résultats se veulent novateurs et devraient renforcer l'intérêt de la recherche sur les composés antioxydants et leurs bienfaits.


Les performances cognitives diminuent naturellement avec l'âge, indique le communiqué de l’Inserm. Et le stress oxydatif du cerveau est une des hypothèses avancées pour expliquer ce vieillissement cérébral. Or, plusieurs études ont déjà suggéré que les composés antioxydants pouvaient prévenir le déclin des fonctions cognitives.

Afin d'explorer ce domaine prometteur, l'étude épidémiologique EVA a été lancée en 1991. Pendant neuf ans, 1.389 volontaires âgés de 60 à 70 ans (574 hommes et 815 femmes) ont été suivis. L'évaluation du fonctionnement cognitif et différents examens de santé (prélèvement sanguin, recueil des traitements médicaux, etc.) ont été effectués tous les deux ans, permettant de suivre conjointement l'évolution des paramètres cognitifs et biologiques de ces personnes.

Les performances cognitives liées aux antioxydants
En analysant les données fournies par l'étude EVA, les chercheurs de l'Unité Inserm 888 avaient déjà montré, dans une étude parue en janvier 2007 dans la revue Epidemiology, que le déclin des performances cognitives des personnes âgées était significativement lié à une diminution du taux de sélénium dans le sang. Le sélénium est un oligoélément apporté essentiellement par la consommation de poissons, de fruits de mer et de viande. .../...
Personnes âgées : impact des caroténoïdes dans le vieillissement cérébral

Stress oxydatif et antioxydants
Les réactions d'oxydoréduction participent au bon fonctionnement des cellules de l'organisme. Si ces réactions chimiques sont nécessaires à la vie, elles sont aussi destructrices. Elles produisent des « radicaux libres » qui peuvent endommager les cellules et participer à leur vieillissement, c'est le « stress oxydatif ».

Apportés par les aliments, les composés antioxydants (certains sels minéraux, certaines vitamines, certains pigments, les flavonoïdes) sont connus pour neutraliser ces radicaux libres et protéger les cellules.

Les résultats publiés dans le Journal of Gerontology du mois de mars 2007 montrent une évolution identique avec certains composés caroténoïdes : le lycopène et la zéaxanthine. En effet, l'étude montre que des niveaux faibles de lycopène et de zéaxanthine sont associés à de moindres performances cognitives dans la cohorte EVA. La zéaxanthine est apportée essentiellement par la consommation de légumes et de fruits verts, et le lycopène par le pamplemousse, la pastèque et les aliments à base de tomates (jus, sauce, concentré, etc.).

Les chercheurs suggèrent que la diminution des taux plasmatiques de ces composés antioxydants favoriserait le stress oxydatif du cerveau et donc la dégradation des cellules nerveuses, entraînant ainsi le déclin des fonctions cognitives. Néanmoins, les mécanismes biologiques impliqués restent encore à élucider.

Si cette étude met en évidence le lien existant entre ces caroténoïdes et le vieillissement cérébral, il reste à découvrir dans quelle mesure des apports en lycopène et en zéaxanthine pourraient prévenir la démence chez les personnes âgées. Le rôle de ces caroténoïdes, en tant que facteurs protecteurs du vieillissement cérébral, doit être confirmé par des études épidémiologiques longitudinales menées sur d'autres populations et au final par des études d'intervention randomisées.

Un enjeu de santé publique
Ces résultats renforcent l'intérêt de déterminer un statut optimal en lycopène et en zéaxanthine dans l'organisme, permettant le maintien des fonctions cognitives chez les personnes âgées. Les recherches dans ce domaine permettent aussi de mieux comprendre les relations entre les apports alimentaires et le statut nutritionnel biologique.

A terme, la détermination des facteurs nutritionnels intervenant dans le vieillissement cérébral permettrait la mise en place d'actions de santé publique visant à modifier les habitudes ou les comportements alimentaires dans la population âgée à risque de démence.


Publié le Mercredi 18 Avril 2007 dans la rubrique Nutrition | Lu 9130 fois