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Passés la cinquantaine, le cœur des femmes est menacé

Contrairement aux idées reçues, le cœur des femmes n’est pas moins préservé des maladies cardio-vasculaires que celui des hommes. Après cinquante ans, les risques « d'AVC » sont équivalents. Pire, le tabac et les traitements hormonaux pourraient aggraver leurs risques. Le point avec un spécialiste...


Pilule/tabac, un cocktail cardiotoxique

« Jusqu’à la ménopause, les femmes sont protégées sur le plan cardio-vasculaire, par leurs hormones féminines. Ensuite, elles présentent le même statut de risque cardio-vasculaire (AVC) que les hommes », affirme le Dr Daniel Brunschwig, cardiologue à l’hôpital Broussais (Paris). Pourtant, ce risque reste encore sous-estimé, aussi bien chez les femmes elles-mêmes que chez les médecins tant les clichés ont la vie dure.

« Le délai de prise en charge d’un accident cardiaque est plus long chez une femme car les médecins y pensent moins et les symptômes sont moins francs que chez un homme », poursuit le Dr Brunschwig. D’où une surmortalité féminine lors de la survenue d’un infarctus (50 % de décès chez les femmes contre 30 % pour les hommes) comme le montrent plusieurs études anglo-saxonnes sur ce sujet.

Mais cette surmortalité des femmes pourrait être attribuée aussi à la finesse du diamètre de leurs artères coronaires (celles qui oxygènent le cœur) comparées à celles des hommes. Enfin, les accidents vasculaires cérébraux (AVC), appelés aussi hémorragies cérébrales, sont plus nombreux et plus graves chez les femmes que chez les hommes, avec 11 % de décès chez les femmes contre 8 % chez les hommes.

Il reste que les cardiologues sont inquiets pour l’avenir cardiologique des jeunes femmes sous contraception de plus en plus nombreuses à fumer. Pilule et tabac constituent en effet un cocktail cardiotoxique majeur qui multiplierait par dix le risque d’accident cardio-vasculaire. Quant au traitement hormonal substitutif (THS) pour les moins jeunes, il est désormais démontré, depuis les célèbres études anglo-saxonnes WHI et MWS, qu’il accroît lui aussi significativement les risques d’infarctus et d’AVC.
Passés la cinquantaine, le cœur des femmes est menacé

Une prévention mieux suivie

Passés la cinquantaine, le cœur des femmes est menacé
Alors le cœur des femmes est-il plus que jamais menacé ? « Les femmes sont plus vigilantes pour leur santé que les hommes. Elles suivent plus sérieusement les conseils hygiéno-diététiques qui leur sont délivrés », reconnaît le Dr Brunschwig. D’où un espoir de voir bientôt s’inverser cette tendance à la hausse des maladies cardio-vasculaires chez les femmes.

Un espoir nourri par l’exemple de la Finlande qui a réduit de 7 % par an, sur plusieurs années, le nombre des accidents cardiovasculaires. Cela pour les hommes comme pour les femmes, suite à la mise en place d’un programme musclé de prévention cardiovasculaire entre fin 1980 et fin 1990 (étude "MONICA").

En France, une campagne d’information sur les risques cardio-vasculaires a été lancée fin 2004 à l’initiative de la Fédération Française de Cardiologie* (FFC). Elle cible séparément les hommes et les femmes à travers deux visuels spécifiques d’un homme et d’une femme d’âge mûr. Cette campagne s’inscrit dans le Programme National de Réduction des Risques Cardio-vasculaires lancé en 2002 par Bernard Kouchner, alors ministre de la santé en France.

Quelques règles hygiéno-diététiques simples

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Il reste aux femmes en particulier, pour préserver leur cœur (et leurs artères), de souscrire à quelques règles hygiéno-diététiques simples :

• Corriger les principaux facteurs de risques réversibles ;
• Adopter de bonnes habitudes d’hygiène de vie, passant par une alimentation équilibrée, l’arrêt du tabac et un exercice physique régulier ;
• Suivre le traitement éventuellement prescrit, tant diététique que médicamenteux, et réévaluer périodiquement son niveau de risque cardio-vasculaire.

Contact
Fédération Française de Cardiologie :
50, rue du Rocher, 75008 Paris.
Tél. : 01 44 90 83 83. Fax : 01 43 87 98 12.

Fédération française de Cardiologie

Article publié en partenariat avec le site internet Seniorplanet.fr


Publié le Lundi 25 Juillet 2005 dans la rubrique Santé | Lu 5467 fois